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7/G Rainbow colony

7/G Rainbow colony

L’avis de Gorkita :

7/G Rainbow colony est une adresse à Chennai, celle où logent les personnages de ce film de Selvaraghavan. Après le très sombre Kadhal Kondain consacré à un tueur psychopathe, le réalisateur nous propose ici un voyage sur les terres de la passion amoureuse. Une histoire atypique, fort bien menée et touchante jusqu’à son surprenant final.

Les parents d’Anitha (Sonia Agarwal), une jeune fille de bonne famille venue du nord de l’Inde, emménagent à Rainbow Colony. Leur nouveau voisin est Kadhir (Ravi Krishna), jeune révolté en constant conflit avec son père, trop occupé à faire les quatre cents coups avec ses amis pour réussir ses études... Très vite Kadhir s’éprend jusqu’à l’obsession de l’inaccessible Anitha, qui l’ignore consciencieusement. A force de persévérance (et d’insistance), il finit par vaincre l’indifférence d’Anitha. Pour Kadhir commence alors un chemin de rédemption. Le jeune voyou tente d’amender son comportement afin de devenir l’homme qu’Anitha mérite.

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rappelez vous : le collège FOU FOU FOU !!!

Bien que s’appuyant sur un schéma connu (l’amour a priori impossible entre deux êtres que tout sépare) 7/G évite soigneusement les clichés. Le héros vient d’un milieu modeste, la rencontre entre les deux personnages principaux n’a rien d’un coup de foudre, les tentatives maladroites de séduction de Kadhir (qui suit Anitha comme son ombre) effraient l’héroïne et l’amour attendu n’éclate finalement pas d’un simple coup de baguette magique... Les émotions évoluent de manière crédible et sont rendues avec justesse, le spectateur voit ses propres sentiments grandir au fil de l’histoire, à l’image de ceux des personnages.

Le film est construit en un long flash-back, mais le scénario bien ficelé nous réserve quelques surprises de taille, et l’on ne s’attend guère aux chemins emprunté par le récit pour nous ramener à la situation de départ.

La BO de Yuvan Shankar Raja, qui avait déjà signé la musique des précédents films de Selvaraghavan, est originale et entraînante, n’hésitant pas à utiliser les guitares saturées. Les morceaux instrumentaux sont tout particulièrement réussis. Les passages chantés et chorégraphiés s’intègrent bien à l’histoire et sont joliment mis en images (même si Ravi Krishna n’est pas le plus grand danseur de Kollywood).

Les acteurs délivrent une performance très honorable. Le nouveau venu Ravi Krishna est tout particulièrement convaincant dans son rôle de jeune homme lambda avançant dans la vie sans réelle direction. Sonia Agarwal, déjà de la partie dans Kadhal Kondain, joue avec intensité, surtout lorsqu’elle se livre enfin à Khadir.

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quand le ciel pleure pour toi...

Avec une histoire crédible, traitée avec une certaine originalité, des personnages attachants et une bande-son solide, Selvaraghavan nous propose ici un film tout à fait recommandable. N’hésitez donc pas à vous arrêter un moment au 7/G Rainbow colony, pour y faire la connaissance d’Anitha et Kadhir.

Note : 7,5/10

L’avis de Guandhi Tata :

Tel un hôte surprise, 7/G Rainbow colony s’est invité au box-office tamoul en fin 2004, personne n’aurait pu prédire un tel succès pour un film semi-commercial qui n’était pas l’objet d’énormes attentes. Ravi Krishna, le fils du richissime producteur A.M. Rathnam (Boys, Ghilli), y faisait ses débuts, et Sonia Agarwal en déclin tentait de se relancer. Après Thulluvatho illaimaiy et Kadhal Kondain, seul Selvaraghavan (Selva), étoile montante de la nouvelle génération de réalisateurs, était attendu au tournant.

L’entrée dans la vie d’adulte n’est pas chose aisée, la perte des repères et le poids des responsabilités qu’on hésite à assumer rendent cette période critique. La jeunesse est inoubliable pour les bêtises entre amis mais déterminante pour l’avenir, quant aux choix qu’on est amené à faire. 7/G Rainbow Colony, fondé sur des faits réels, revient sur le passé d’un jeune « loser » abandonné par la vie et repêché par l’amour.

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une chorégraphie ancestrale !

Le film se divise en deux parties : une première consacrée à l’existence agitée de Kathir dans le quartier résidentiel de Rainbow Colony, où il partage le plus clair de son temps entre enchaîner les bières sur le toit de son immeuble avec ses amis, draguer pathétiquement Anitha et se mettre constamment en conflit avec son père. Vous l’aurez compris, on est très loin du cliché de l’étudiant en informatique prêt à s’expatrier à l’étranger. La seconde moitié verra l’évolution de ces personnages face aux soucis que la vie va leur imposer, un véritable parcours initiatique.

Le thème de l’amour impossible est fraîchement revisité par Selva ; la rencontre, les querelles, la réconciliation, la séparation, tout est traité avec une vision nouvelle, chose rare à Kollywood, mais également dans le cinéma indien. De plus, une multitude de thèmes est abordée dans ce film, chacun peut y retrouver un épisode de sa vie et s’identifier aux personnages.

J’ai toujours été frappé par l’idyllisme des relations amoureuses dans le cinéma tamoul ; dans un masala classique, l’amour n’est qu’un prétexte pour inclure un clip musical tourné à l’étranger (pour ne pas parler de la Suisse :D). 7/G Rainbow Colony ne se contente pas de nous exposer une histoire d’amour plate dont l’issue est prévisible, les personnages sont impulsifs et l’évolution de leurs rapports est aussi surprenante que réaliste. Le réalisateur a fait un véritable travail sur la psychologie des amants pour les mettre à nu et les rapprocher du public.

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unis pour l’éternité...

L’amour n’est pas le seul sujet abordé, il est également question de relations parentales, portées à l’écran avec beaucoup de sensibilité. Rien n’est négligé : la détresse du père désarmé, se sentant spectateur de la déchéance de son fils, et l’aveuglement de Kathir qui fuit ses obligations en se réfugiant dans la flânerie. Les scènes de face à face entre père et fils sont tantôt houleuses et le plus souvent froides, traduisant parfaitement l’autisme dont sont victimes certaines familles. Pourtant 7/G ne s’arrête pas à la crise, les protagonistes se dévoilent pour laisser entrevoir leurs vrais visages. Le réalisateur rappelle ainsi l’importance du dialogue. Du côté d’Anitha, la relation mère-fille est décrite comme un rapport reposant sur la peur. Selva en profite pour montrer du doigt l’attitude inquiétante d’une grande majorité de mères indiennes qui exercent une pression quotidienne sur leurs filles de manière vicieuse. Leur arme n’est pas la violence mais la culpabilité, pour affaiblir moralement leurs progénitures et les préparer à un mariage arrangé, une situation terrible qui est encore d’actualité.

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conflit père/fils

Même si Kathir est le héros du film, c’est bien Anitha qui retient toute notre attention, car il est rare de voir un personnage féminin d’une telle complexité sur les écrans indiens. On s’éprend vite de cette jeune indienne pour son authenticité et sa spontanéité ! Dans un pays où le sexe est un sujet taboo, on est agréablement surpris de voir une héroïne en parler ouvertement.

Enfin, Selva y évoque le problème de la fracture communautaire, le mépris des Indiens du nord envers les Tamouls (Indiens vivant au sud) et inversement. Dans une grande ville comme Chennai, toutes les communautés se côtoient, font affaire et peuvent même être d’excellents voisins comme à Rainbow Colony, cependant leurs rapports s’arrêtent aux portes du mariage, une remarque essentielle qui renforce le côté social du film.

Si un long métrage n’était que mélo mielleux ou drame social, le public sombrerait dans une profonde torpeur. Avant d’être une œuvre « différente », 7/G est un semi-masala et même s’il n’en respecte pas le format conventionnel, les ingrédients y sont. A commencer par un humour décapant, entretenu jusqu’au bout par les joyeux loufoques de la bande de Kathir, certains passages comiques sont tout bonnement éclatants. Le fou-rire est instantané, car le timing entre les comédiens est parfait, une performance à saluer, sachant que la plupart des acteurs sont débutants ; mention spéciale à Lakshmi, hilarant à souhait, essayant au passage d’imiter SRK à grand renfort de crème « Fair & Lovely ».

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qu’a t-il de plus que moi ? Grrrr !

Les acteurs ont pleinement rendu justice aux rôles. Les scènes embrassent de près la réalitén, et la liberté accordée aux artistes ne fait qu’accroître leur crédibilité. Le jeu de Ravi Krishna est marqué par quelques prouesses dans les scènes dramatiques et surtout comiques, néanmoins, il lui reste à fournir un travail énorme sur le plan émotionnel et apprendre à extérioriser ses sentiments. Cependant, son physique de « feignasse », pour ne pas parler de sa tête à claques, le rend convaincant en jeune irresponsable. Vijayan, héros comique des années 70 et aperçu dans Nayakan en propriétaire crapuleux, dresse le portrait émouvant d’un père épuisé par la charge familiale. Il a brillamment composé l’état d’esprit d’un homme fragile à la carapace rugueuse. Mais la véritable révélation du film est Sonia Agarwal, tout simplement merveilleuse. Dévouée à son personnage, elle a su prendre la réelle mesure de son rôle et adapter sa prestation suivant les différentes phases que traverse Anitha. De la jeune bourgeoise arrogante à la femme amoureuse en passant par la fille tourmentée, l’actrice a nuancé son jeu pour que ces transitions soient transparentes pour le spectateur.

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on se demande bien si il lit...

Du point de vue technique, c’est du tout bon dans tous les secteurs : la photo est travaillée, mais il n’est jamais question de s’essayer aux fantaisies visuelles, le mot d’ordre est « réalisme », cela se ressent aussi sur le montage classique avec un rythme constant, à aucun moment l’action ne s’emballe (sauf pour la dernière demi heure). La musique de Yuvan Shankar Raja est d’une qualité irréprochable, qu’il s’agisse des chansons ou des thèmes musicaux. Les mélodies se posent idéalement sur la pellicule pour ajouter une profondeur supplémentaire aux situations dramatiques et romantiques. A noter une très belle composition sur les paroles mélancoliques de Kan pesum varthaiy, une chanson chargée d’émotions qui évoque la détresse du héros face au mutisme sentimental d’Anitha. Enfin, la réalisation n’est pas exempte de faiblesses, entre une première partie hilarante et la suite portée par de bonnes interprétations, Selvaraghavan a peiné pour mener ses héros jusqu’au dénouement, accumulant les déchets comme un clip musical totalement inutile et autres ficelles qui nous font craindre le pire pendant un bon quart d’heure. Mais dieu merci, le final est brillant et nous rappelle que ce jeune metteur en scène n’a que trois films à son compteur, le meilleur est à venir, il s’améliore de film en film et nul doute qu’il soit une valeur sure.

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Waaaaaaa... je bave... une nana

Pour moi, 7/G est important pour le renouveau d’un Kollywood envahi par des productions médiocres. De plus, il permet à son réalisateur de s’affirmer sur la scène de l’industrie tamoule. Le film nous fait rire, pleurer, vibrer et réfléchir... que demander de plus ? Bon travail Selva !

Note : 7,5/10

FICHE TECHNIQUE :
Réalisateur : Selvaraghavan
Pays : Inde
Langue : tamoul
Année : 2004
Interprètes : Ravi Krishna, Sonia Agarwal, Vijayan, Suman Shetty, Sudha
Scénariste : Selvaraghavan
Directeur de la photographie : Arvind Krishna
Compositeur : Yuvan Shankar Raja
Parolier : Na.Muthukumar
Durée : 165min
Support : DVD Ayngaran, Widescreen, NTSC toutes zones, sous-titres anglais

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