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A Hero Never Dies

A Hero Never Dies

Ce film policier mêle les « gunfights » sanglants avec la tragédie larmoyante. C’est une énième variation sur le modèle du Syndicat du crime, plutôt réussie grâce à son procédé jusqu’au-boutiste : cette fois, l’éclopé vengeur n’est pas seulement boiteux (comme l’était Chow Yun-Fat dans le film de John Woo), mais carrément cul-de-jatte !

Deux « frères ennemis », appartenant à des gangs différents bien que dépendants de la même triade, ont une étrange relation faite de respect mutuel mais aussi de rivalité virile. Malgré leurs intérêts antagonistes, ils se retrouvent régulièrement pour déguster un bon vin en présence de leur compagne respective. Ils pensent toutefois ne jamais pouvoir réellement devenir des amis. C’est la vengeance qui va les unir...

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ambiance western urbain


En effet, leurs patrons vont les faire s’affronter, avant de les trahir, lors d’une fusillade d’anthologie. Puis ces mêmes patrons oseront faire la paix lorsque leur supérieur de la triade le leur ordonnera ! Nos deux héros laissés pour morts se remettront tant bien que mal de leurs sales blessures pour aller régler leurs comptes.

L’intérêt principal vient donc de la difficulté d’action du personnage diminué de Lau Ching-Wan, amputé des deux jambes, qui devra malgré tout se surpasser, motivé par la haine. Il faut le voir ramper dans les ordures d’une décharge pour s’entraîner discrètement au tir ou encore marcher sur ses moignons dans le hangar où il se bricolera une planche à roulettes. Loin d’être pathétique, il parvient à rester digne, et même noble, quelle que soit son extrême détresse.

Le film est bien réalisé, sans trop d’emphase. Johnnie To chorégraphie correctement les scènes d’action et joue énormément des panoramiques lents et des fondus enchaînés dans les séquences calmes. Le handicap de Lau Ching-Wan oblige à des casse-têtes de mise en scène, la série B hongkongaise ne pouvant pas encore s’offrir les effets spéciaux numériques qui permettaient, par exemple, à Robert Zemeckis de transformer un acteur en cul-de-jatte dans Contact. À défaut d’ILM, il faut donc ruser avec le cadrage ou les accessoires pour cacher les jambes de l’acteur, avec une indéniable ingéniosité (et une certaine audace).

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un héros tenace et rancunier


La photographie est comme souvent plus travaillée dans les scènes nocturnes, avec des éclairages bleus et rouges, et des ombres bien dosées. Les décors sont intéressants et variés, ce qui est toujours dur pour un polar urbain ; alternance de coins vraiment cradingues, comme le dépotoir déjà cité, avec des bars et des boîtes très classes, et même avec la campagne thaïlandaise.

Certains costumes sont sympas, en particulier les tenues extravagantes de Lau Ching-Wan une fois de plus : chapeau de cow-boy texan, chemise imprimée à col disco, fut’ moulant et santiags, auxquels se rajoute une coupe de cheveux ahurissante (banane et favoris de rocker). La musique est pas mal, plutôt inégale en fait, oscillant entre des thèmes romantiques moins gnangnan que d’habitude et des élans héroïques légèrement surfaits, comme cette pâle copie du générique de Backdraft de Hans Zimmer...

Chose assez rare pour être soulignée, les personnages féminins sont plus forts qu’à l’accoutumée. Ce genre de rôle secondaire de compagnes de durs à cuire aligne le plus souvent les potiches les plus insipides, mais ici, la force de volonté et le dévouement des deux femmes sera plus que déterminant. De plus, les deux actrices s’en sortent bien, même si leur temps de présence à l’écran est forcément très inférieur à celui de leurs partenaires masculins.

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Leon Lai, toujours un peu fade à mon goût...


Si les meilleurs moments du « héros ne meurt jamais » restent les joutes entre les deux flingueurs, le lancer de pièces de monnaie sur le verre de vin de son estimé rival, annonçant les jeux puérils des gangsters de The Mission, l’ensemble du film nous offre un très acceptable spectacle, certes pas assez original, mais assumant avec honnêteté ses influences.

P.-S.

Réalisateur : Johnnie To
Pays : Hongkong
Année : 1998
Interprètes : Lau Ching-wan, Leon Lai, Fiona Leung, Yo Yo Mung
Scénaristes : Szeto Kam-yuen, Yau Nai-hoi
Directeur de la photographie : Cheng Siu-Keung
Chorégraphe : Yuen Bun
Compositeur : Raymond Wong Ying-Wah
Producteurs : Johnnie To, Wai Ka-Fai
Durée : 98 min
Support : VCD Universe Laser & Video, en cantonais, sous-titres anglais, catégorie IIB

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