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AkS

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L’acteur indien Amitabh Bachchan est venu en France pour être honoré au 5e festival du film asiatique de Deauville. Il est passé auparavant par Paris, où il était l’invité d’honneur de l’ambassade de l’Inde. Celle-ci n’a pas manqué de convier les rédacteurs de Fantastikasia à une projection de Aks en avant-première.

Aks nous raconte le combat entre un super flic intègre et un tueur professionnel totalement psychopathe. Ce vilain démoniaque, une fois attrapé et condamné à mort, n’en a pas fini avec notre pauvre héros, puisqu’il se réincarne en lui. Le flic voit donc toute sa vie basculer progressivement vers l’enfer, au fur et à mesure que le tueur prend le dessus et l’amène à commettre des crimes par vengeance contre ceux qui l’avaient donné à la police.

Il s’agit du premier film de Bollywood que je vois. Je ne bénéficie donc pas de toute la culture spécifique de nos autres rédacteurs plus spécialistes, mais je pense qu’un regard neuf sur la question peut aussi intéresser certains de nos lecteurs...

L’histoire est donc très imprégnée de mysticisme indien. Malgré cette barrière culturelle, on peut aussi la rapprocher de mythes cinématographiques occidentaux comme docteur Jekyl & Mister Hyde, où la schizophrénie du personnage sert à montrer la dualité du bien contre le mal.

De même, le déroulement du script est très comparable à un film d’un autre asiatique célèbre, Volte face de John Woo. À la place d’une inversion d’apparence, ici, le flic est carrément possédé par l’âme du gangster. Le résultat est cependant le même. On suit le méchant qui entre dans l’univers du gentil comme un chien dans un jeu de quilles.

Sauf que, sous des allures faussement mélodramatiques, Aks est beaucoup plus méchant que Volte face (réalisé aux « States » aussi !) : le tueur martyrise la famille du héros, commet des meurtres en toute impunité grâce à son statut de flic, et cela, non pas en jouant un rôle comme chez John Woo, mais de ses propres mains, puisqu’il utilise le corps du policier comme une marionnette... Le héros a donc réellement du sang sur les mains, et l’affrontement psychologique entre bien et mal est donc beaucoup moins manichéen.

Il y a certes de grosses longueurs dans ce récit (2 h 45). C’est une structure narrative qui prend tout son temps et n’hésite jamais à être redondante, mais cela semble être un invariant du cinéma indien, si j’en crois les articles déjà publiés sur Fantastikasia.

La réalisation est grandiloquente, usant de procédés très théâtraux pour donner de l’ampleur au moindre dialogue. Les scènes d’aventure (meurtres, combats au corps à corps, etc.) sont très particulières, dilatant le temps par des ralentis et le comprimant par des ellipses surprenantes. Les scènes chantées, propres au cinéma indien, sont vraiment peu nombreuses et assez bien intégrées à l’histoire. Par exemple, la maîtresse du tueur est danseuse dans un cabaret que le héros visitera au cours de son enquête, ce qui donne lieu à quelques numéros assez audacieux (proches du strip-tease)... D’ailleurs certains spectateurs indiens ont paru choqués et ont quitté la salle lors de ces scènes !

L’atmosphère sombre à la fois de l’histoire et du visuel devait aussi y être pour quelque chose. Le film ne dégage pas la joie de vivre coutumière de Bollywood.

La photographie n’est effectivement pas très colorée et joue plutôt sur le grisâtre ainsi que les tons froids en général.

De même, en dehors des rares moments de danse, la musique est assez inquiétante, mystérieuse, voire planante, en rien entraînante en tout cas...

Les « effets spéciaux » (un bien grand mot ici) sont assez approximatifs. Les effets d’écran bleu pour que le héros voit l’autre, à la place de son reflet dans le miroir, sont préhistoriques, le contour des personnages se devinant systématiquement !

Par contre, l’interprétation est excellente. Certes, le jeu très appuyé des comédiens pourrait paraître outrancier au spectateur occidental non ouvert d’esprit, mais pour peu que l’on entre dans l’histoire, on est vite envoûté par les élans flamboyants de ces acteurs et on se demande jusqu’où ils vont aller alors que l’intrigue monte en intensité.

Bachchan en héros tourmenté est absolument impeccable. De plus, cela lui permet de jouer un méchant avec délectation sans salir son image pour autant... Et quelle image ! N’oublions pas qu’il a été élu super star du 20ième siècle par la BBC (une des chaînes de télé les plus regardées au monde).

Imaginez une armoire à glace du genre Steven Seagal, mais avec un visage avenant, des yeux qui vous hypnotisent au premier regard, une voix virile incroyablement caverneuse, bref, un acteur qui a une présence phénoménale, à l’écran comme à la ville !

D’ailleurs, si on lui dresse des temples et qu’on le vénère comme un demi-dieu au sud de l’Inde, les invités parisiens de l’ambassadeur n’en menaient pas large face à lui : à son apparition, un silence respectueux s’est abattu sur la salle, avant que son discours ne soit applaudi et acclamé comme il se doit.

Finalement, on peut dire que j’ai été conquis par Aks, malgré sa lenteur qui nécessite de nouvelles habitudes de cinéphile. Même si c’est sûrement un film indien un peu hors norme (à cause de la noirceur de son sujet et de son traitement), je conseille vivement à tous d’éveiller votre curiosité la plus enthousiaste pour le cinéma de BOLLYWOOD !!!

P.-S.

Fiche technique :
Réalisateur : Rakesh Omprakash Mehra
Pays : Inde
Année : 2001
Interprètes : Amitabh Bachchan, Manoj Bajpai, Nandita Das, Raveena Tandon, Amol Palekar, K. K. Raina, Tanvi Azmi
Scénaristes : Kamlesh Pandey, Rakesh Omprakash Mehra
Directeur de la photographie : Kiran Deohans
Monteuse : P. S. Barthi
Compositeur : Anu Malik (chansons), Ranjit Barot (fond sonore)
Parolier : Gulzar
Producteurs : AB Corp, Flicks Motion Picture Company, Jhamu Sughand
Durée : 165 min

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