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Un film indien d’épouvante, vous croyez que ça existe ? Un film indien qui peut vous faire frissonner et sursauter, vous croyez que ça existe ? Un film indien réalisé à Bollywood, qui ne contient pas de chansons et qui est un des plus gros succès de l’année 2003 au box-office du nord de l’Inde, vous croyez que ça existe ? Eh bien, oui, ça existe !

Ce film indien, c’est Bhoot !

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Vous aurez peur !

Le titre signifie « fantôme » ou « envoûté » en hindi. On comprend donc tout de suite qu’il ne s’agit pas d’un film romantique à l’eau de rose, mais bel et bien d’un film d’épouvante vraiment destiné à faire peur. D’ailleurs, dès les premières secondes, on a droit à un message d’avertissement de Ram Gopal Varma, le réalisateur de ce long métrage. L’action se déroule principalement dans un appartement où un jeune couple vient d’emménager. Ce dernier va rapidement faire face à des évènements surnaturels mystérieux qui vont avoir un impact néfaste sur sa vie.

Avec ce film, Varma a réussi un véritable tour de force ! Il a su imposer un style propre au cinéma hollywoodien sans y rajouter les ingrédients propres au cinéma bollywoodien. Les producteurs et les distributeurs ne croyaient pas en son projet et les critiques indiens ont presque tous massacré le film alors que ce dernier n’était même pas encore sorti. Heureusement, le cinéaste s’est obstiné et a réussi à convaincre un groupe d’excellents comédiens qui avaient pour la plupart déjà travaillé avec lui.

Ce casting de qualité est composé d’un Ajay Devgan parfait, d’une impressionnante Urmila Matondkar qui joue à fond son rôle de jeune épouse moderne et possédée, d’un toujours aussi génial Nana Patekar en flic à moitié dérangé, d’une mystérieuse médium incarnée par une Rekha à la beauté intemporelle, d’un Fardeen Khan qui ne s’en sort pas trop mal pour une fois, d’un Victor Banerjee qu’on n’avait pas vu depuis longtemps et qu’on est agréablement étonné de revoir ici, d’une énigmatique Seema Biswas en femme de ménage bien allumée, d’une Tanuja fidèle à ses rôles de mère et d’un Sabeer Masani inquiétant en gardien de résidence. Un bon point, donc, pour cette brochette de comédiens, et surtout pour l’incroyable performance d’Urmila Matondkar qui arrive à nous faire frissonner sans maquillage particulièrement monstrueux.

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Urmila Matondkar est impressionnante dans ce film !

Le scénario, quant à lui, est assez simple et linéaire. On peut même dire que cette simplicité est la principale faiblesse du film. En effet, on aurait souhaité un « climax » (sommet de l’action) plus surprenant, voire inattendu. Ce n’est malheureusement pas le cas. On peut également regretter que le mystère ne dure pas assez longtemps, car l’explication à tous ces évènements surnaturels arrive trop rapidement. Du coup, le film perd de son intensité sur la fin, sauf peut-être pour la dernière minute qui donne froid dans le dos.

Vishal Sinha, le directeur de la photographie, joue avec les ombres et les contrastes afin d’accentuer l’angoisse chez le spectateur. Sont également privilégiés les gros plans sur les regards afin de maintenir une véritable tension. De légers mouvements de caméra illustrent aussi la présence du Mal, comme le travelling en contre-plongée montrant les branches d’un arbre dans l’obscurité en premier plan et la tour, où vit le jeune couple, en second plan. Le résultat visuel donne l’impression que les branches noires de l’arbre s’emparent de la tour. C’est ce genre d’image qui fait comprendre au spectateur qu’il va se passer quelque chose d’inquiétant.

Ici, on est loin des couleurs chatoyantes et des lumières léchées qui sont constamment utilisées dans les productions bollywoodiennes classiques. On retrouve plutôt des couleurs aux tons froids pour souligner le contexte urbain et peu chaleureux qui caractérise les grandes villes. On remarque également l’utilisation constante de la couleur bleu qui apparaît de façon très pure lors des scènes nocturnes, et qui se devine sous une forme plus nuancée et discrète dans les scènes tournées en journée ou en lumière artificielle. Cette utilisation du bleu n’est bien sûr pas innocente, car elle a pour but de maintenir visuellement une atmosphère nocturne, silencieuse, mystérieuse, voire glaciale. Globalement, l’enrobage visuel est assez réussi.

Le montage numérique est très soigné, surtout pour la scène d’ouverture. On reconnaît le style cinématographique de Varma au montage de ses films. Shimit Amin, le monteur, ne se contente pas d’effectuer des raccords. Il joue également sur le rythme et la fluidité. C’est la raison pour laquelle ce film ne comporte aucune longueur bien qu’il soit légèrement lent dans l’action. On reste « scotché » jusqu’à la fin.

À souligner aussi la quantité infime d’effets spéciaux, tous réussis ! Cela contribue à la crédibilité du film.

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Ajay Devgan et Victor Banerjee

Ce résultat est également dû à une mise en scène tout simplement impeccable. Ram Gopal Varma maîtrise tout de A à Z.

Malgré l’absence de chansons, la musique a quand même une importance capitale. Sa présence succincte amplifie le sentiment d’inquiétude chez le spectateur durant certaines scènes.

En fait, la véritable force du film réside dans son habillage sonore.

Ram Gopal Varma a bien compris que, pour faire peur, il faut utiliser plutôt le son que l’image. Les Américains en ont fait une véritable spécialité dans leurs superproductions. Ils emploient ce qu’ils appellent des « concepteurs du son », qu’il ne faut pas confondre avec des ingénieurs du son. Ces spécialistes sont chargés de concevoir les sons qui vont illustrer des ambiances particulières ou des tensions diverses, par exemple, la présence furtive et inattendue d’un fantôme ou d’un monstre. C’est ce son, en fait, qui fait sursauter le spectateur et non l’image qu’il voit. Pour le vérifier, il suffit de regarder la même scène sans le son pour se rendre compte que l’habillage sonore représente 90 % du film.

Ram Gopal Varma a donc lui aussi engagé son propre concepteur du son en la personne de Dwarak Warrier qui s’amuse à mettre mal à l’aise le spectateur en utilisant au bon moment des sons mystiques et effrayants bien calibrés.

Le réalisateur a bien retenu la leçon après avoir vu Sixième sens et L’exorciste qui l’ont directement influencé pour certaines scènes. Cependant, le film qui l’a principalement poussé à réaliser Bhoot est en fait un de ses anciens longs métrages Telugu intitulés Raat (la nuit). La structure du scénario est en tous points identique et l’utilisation d’une enveloppe sonore efficace y fait déjà ses preuves. Seuls les mauvais effets spéciaux et la mise en scène ratée du « climax » font défaut à Raat. C’est donc la frustration d’avoir raté ce film qui a incité Varma à réaliser Bhoot. On ne lui en voudra pas, bien au contraire !...

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Seema Biswas, Tanuja et Rekha

Pour conclure, Bhoot est le premier film d’épouvante indien particulièrement réussi. Et ce, malgré une certaine faiblesse du scénario.

On a peur et on aime ça !

Il faut savoir qu’un spectateur est vraiment mort d’une crise cardiaque pendant la projection du film et qu’Amitabh Bachchan lui-même a préféré quitter la salle une heure après le début de la séance, lors de la première à Mumbai. Amitabh Bachchan n’a pas oublié cependant de féliciter le réalisateur pour son travail de qualité.

Avec ce film, Ram Gopal Varma confirme qu’il est le plus américain des cinéastes indiens vivant sur le sous-continent.

Bhoot gagne à être découvert par le public occidental. Il mérite aussi sa place dans les festivals internationaux consacrés au cinéma fantastique. Ce long métrage illustre un net progrès cinématographique dans la maîtrise d’un genre longtemps monopolisé par Hollywood.

On ne peut que s’en réjouir !...

P.-S.

Fiche technique :
Réalisateur : Ram Gopal Varma
Pays : Inde
Année : 2003
Interprètes : Ajay Devgan, Urmila Matondkar, Nana Patekar, Rekha, Fardeen Khan, Victor Banerjee, Tanuja, Seema Biswas, Sabeer Masani
Scénariste : Sameer Sharma, Lalit Marathe
Directeur de la photographie : Vishal Sinha
Monteur : Shimit Amin
Compositeur : Salim Sulaiman
Coordinateur de l’action : Allan Amin
Producteur : Nintin Manmohan
Durée : 119 min
Support : DVD Spark, en hindi, sous-titres anglais, grand écran anamorphosé 16x9, Dolby numérique 5.1, NTSC toutes zones

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