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Un jeune homme, Chandu (Vivek Oberoi), intègre une organisation mafieuse à Bombay. Il sauve la vie de son patron, Mallick (Ajay Devgan), et devient son protégé. Recherchés par la police, nos deux hommes s’enfuient à Hong Kong. Là, ils vont tous deux monter la « Compagnie », une organisation criminelle aussi efficace que dangereuse. Mais les deux hommes ont des points de vue divergents sur la façon de mener les affaires ; une violente dispute éclate entre les deux, entraînant la fuite de Chandu qui se réfugie au Kenya. À partir de là, chacun de son côté (l’un à Hong-Kong, l’autre à Nairobi), les deux ex-amis vont se livrer une guerre sans merci par hommes interposés pour contrôler la ville de Bombay.

Si on commence à parler de Bollywood, la majorité des gens pensent immédiatement aux productions de Bombay, entièrement tournées vers le divertissement et le « glamour » (comédies romantiques à l’eau de rose), dans le même esprit que les comédies musicales américaines des années 50, aux scénarios manichéens, aux codes stéréotypés, inexportables à l’étranger.

Avec Company, un polar sombre et violent, on peut découvrir une facette un peu différente de l’industrie cinématographique de Bombay. Visiblement très influencé par les polars hongkongais (Le syndicat du crime) et des polars américains (Les affranchis), le réalisateur (Ram Gopal Varma) propose un exercice de style plutôt intéressant ; on a l’impression que le film est tourné comme un documentaire (un peu comme Traffic de Soderbergh). Malgré une mise en scène truffée de « jump cuts », de cadrages irréguliers, le réalisateur parvient à conserver une certaine efficacité visuelle et narrative à son film. La mise en scène participe dès lors à créer une ambiance d’étrangeté en adéquation avec son sujet. On n’hésite pas d’ailleurs à casser la jolie photo des films indiens en utilisant une esthétique aussi sale que le milieu qui est décrit. D’ailleurs, les acteurs ne sont pas maquillés et ne ressemblent pas à des gravures de mode. Il se mélange des scènes méchamment sous-exposées, des plans crasseux et des passages très soignés. L’utilisation de la musique pop-techno, omniprésente et très stressante, renforce l’atmosphère glauque du récit.

Ces choix éloignent le film du style Bollywood. Il n’y a qu’une scène musicale, la chanson Khallas (élue meilleure chanson de l’année 2002) où les acteurs ne sont que spectateurs. La scène se déroule dans une discothèque et est filmée comme un clip (ça ressemble un peu à la scène de la discothèque dans le premier Blade). Les autres chansons viennent en fond sonore. À noter que j’ai trouvé la bande originale très agréable, mais il faut aimer le genre pop-techno (ça change des Lagaan ou autres Devdas).

Néanmoins, le jeu des gros plans, les mouvements amples de la caméra, le récit feuilletonesque et ses coups de théâtre à répétition, le mélange des genres ne laissent aucun doute sur son origine, c’est bien du Bollywood. Il s’agit donc d’un film qui a le mérite d’offrir aux Indiens une alternative aux comédies romantiques. Mais Company ne fait pas partie de ces films qui essaient de copier bêtement un style étranger pour le rendre acceptable pour les Indiens et le reste du monde, comme Kaante par exemple. Le réalisateur est parvenu à créer un univers personnel à partir d’éléments hétéroclites. Et le tout fonctionne plutôt bien.

D’autant plus que l’interprétation des acteurs est plus qu’excellente, confirmée lors des Filmfare Awards, où Ajay Devgan et Manisha Koraila ont reçu le prix du meilleur acteur et celui de la meilleure actrice, tandis que Vivek Oberoi recevait celui du meilleur second rôle. Cet acteur (nouveau chouchou des Indiennes) fait une grosse impression dans ce film ainsi que dans les suivants, tellement grosse que les journalistes sont persuadés qu’il est le nouveau Amitabh Bachchan du cinéma indien ! ! !

Le film n’est pas pour autant exempt de quelques défauts. Sa trame est ultra classique, c’est la forme qui sauve l’entreprise. Mais, surtout, s’il est court pour un film hindi (2 h 35), il est en fait trop long. Après un générique grandiose, l’intrigue prend du temps à se mettre en place. Et par la suite, la suppression de certaines scènes aurait sans doute permis de donner un peu plus de dynamisme à l’ensemble.

En bref, Company est un vrai polar, pur et dur, avec une touche réaliste qui apporte un vrai supplément à l’intrigue. Déjà un classique du cinéma indien (film culte), ce film devrait ravir les amateurs de polars. À ne pas manquer.

P.-S.

Fiche technique :
Réalisateur : Ram Gopal Varma
Pays : Inde
Année : 2002
Interprètes : Ajay Devgan, Manisha Koirala, Vivek Oberoi, Mohanlal, Antara Mali, Seema Biswas
Scénariste : Jaideep Sahni
Directeur de la photographie : Hemant Chaturvedi
Monteur : Chandan Arora
Compositeur : Sandeep Chowta
Paroliers : Nitin Raikwar, Taabish Romani, Jaideep Sahni
Chorégraphe : Ganesh Hedge
Producteurs : Boney Kapoor, Ram Gopal Varma, Ashwini Dutt
Durée : 155 min
Support : DVD Eros, en hindi, sous-titres anglais, grand écran anamorphosé (16x9), Dolby numérique 5.1, NTSC

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