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Ghajini

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Sanjay Ramasamy (Surya), un riche homme d’affaires, souffre d’une forme rare et incurable d’amnésie : il est incapable de se souvenir de ce qu’il a fait dans le quart d’heure précédent. Pour garder la trace de ses actions, il structure sa vie à l’aide de notes, de photos et de tatouages sur le corps. Malgré son handicap, il n’a qu’une idée en tête : rechercher l’homme qui a assassiné sa petite amie Kalpana (Asin).

A la lecture du synopsis, les cinéphiles avertis penseront immédiatement au mémorable Memento. Alors, Ghajini est-il un simple remake à la sauce tamoule du film culte de Christopher Nolan ?

De la version américaine, le cinéaste Muragadoss (auteur du très bon Ramana) n’a gardé que le handicap du héros, sa façon de le surmonter et son objectif : venger sa femme. Le film n’est donc pas raconté à l’envers, pas de coup de théâtre redoutable à la fin non plus et surtout on ne se triture pas les méninges. Au contraire, on a affaire à un bon vieux scénario classique du cinéma tamoul ou plutôt à deux scénarios. En effet ce long métrage est divisé en deux parties bien distinctes : le présent et le passé.

Le passé en flash back nous conte l’histoire de Sanjay et de Kalpana sur le ton de la comédie romantique, on y rit beaucoup aux quiproquos provoqués par le personnage d’Asin. Cette partie est la plus réussie du film, un vrai modèle du genre, et elle doit beaucoup à l’osmose du couple Asin - Surya, leur complicité est évidente. L’actrice malayali, non seulement est belle, mais en plus joue avec brio, passant d’une émotion à l’autre avec beaucoup de facilité. Je n’ai plus retrouvé cette fraîcheur chez une actrice depuis ... Kajol, tout simplement. Comme le dit si bien une célèbre publicité : « elle a tout d’une Grande ! »

Le présent est quant à lui axé sur l’enquête de Sanjay. Cette partie souffre des défauts habituels des films d’action masala tamouls : de nombreuses facilités scénaristiques (coïncidences heureuses et improbables), quelques scènes incompréhensibles et une moralité limite. Mais les amateurs de bastons eux seront ravis. Surya avec son cortège de coups de savates est là et bien là, c’est probablement l’autre grand attrait du film. Le réalisateur a apporté un soin extrême et une crédibilité certaine aux combats. Ici, pas de coup porté à un mètre de l’adversaire qui s’envole dix mètres plus loin et se relève immédiatement. Non, Surya donne un seul coup sec et brutal et ses malheureux adversaires s’effondrent. Contrairement à Shankar, qui dans Anniyan se contente de copier les scènes de Fist of Legend de Jet Li en y ajoutant les effets « Matrix », Muragadoss, lui, a le génie d’allier les scènes d’action typiquement tamoules aux effets spéciaux renouvelés par les frères Wachowski. Résultat, le combat final, un peu plus long que les autres, est spectaculaire.

Côté réalisation, pas grand-chose à dire, c’est du classique : la mise en scène est impeccable, le film bénéficie d’une belle photographie qui alterne les couleurs vives et les couleurs sombres. Le cinéaste n’impose pas vraiment de style visuel nouveau ou qui lui soit propre mais sait conférer à chacune des scènes une teinte personnelle. Ainsi, on peut observer que les scènes d’action (et la partie se situant dans le présent, en général) se déroulent essentiellement la nuit ou dans une faible luminosité. Alors que l’histoire d’amour de Sanjay et de Kalpana se passe au grand jour, un jour que seule la nuit viendra éteindre. Ghajini aurait aussi gagné à être écourté d’une bonne demi heure (il dure 2h45, c’est long pour un film tamoul !!). L’ajout de personnages secondaires et de quelques scènes inutiles tire en longueur la fin du film.

Au niveau des interprétations, Surya est évidement le grand bonhomme de Ghajini. Il le porte à bout de bras tout le long (avec la complicité d’Asin dans le flashback). Que ce soit au niveau de l’expression faciale ou de la performance physique, il étale toute sa classe, nous faisant ainsi oublier rapidement les accoutrements et les pas de danses ridicules que lui ont imposé respectivement le costumier et le chorégraphe. Asin, je ne vais pas me répéter, est une future star, en revanche Nayantara, l’autre Malayali du film, méconnaissable après Chandramukhi, a l’air un peu perdue et ne nous convainc absolument pas dans son rôle d’étudiante en dernière année de médecine. Prathap Rawat, dans le rôle du vilain, s’en sort honorablement mais il ne restera pas dans les annales des meilleurs méchants de l’histoire du cinéma tamoul.

Grosse déception personnelle aussi en ce qui concerne les intermèdes musicaux, absolument inutiles et qui ralentissent le film : à part Oru Malai et Suttrum Vizhi, les autres chansons signées Harris Jayaraj ne soulèvent pas vraiment l’enthousiasme, sans être mauvaises non plus. Ici pas de chorégraphies spectaculaires comme dans Anniyan ou inventives comme dans les films de Mani Ratnam, mais plutôt des clips très « MTV », influencés par la pop music, qui doivent ravir les adolescent mais que je trouve assez laids (le palme de la laideur revenant à Surya et à ses chemises - tee shirts flashy et bien moulantes, beurk !). Enfin bon, je ne suis peut-être pas assez tendance.

Au final, Ghajini, bien qu’un peu longuet, est un bon divertissement, bien filmé, bien mis en image et brillamment interprété par Surya et Asin. Les amateurs de films masala seront aux anges, les autres aimeront le passage comico-romantique. On peut toutefois regretter que le scénario ne soit pas à la hauteur de ce qu’on aurait pu espérer.

P.-S.

FICHE TECHNIQUE
Réalisateur : A.R.Muragadoss
Pays : Inde (Tamoul)
Année : 2005
Interprètes : Surya, Asin, Nayantara, Pratap Rawat, Riyaz Khan
Scénariste : A.R.Muragadoss
Dialoguiste : A.R.Muragadoss
Directeur de la Photographie : R.D. Rajasekhar
Compositeur : Harris Jayaraj
Parolier : N.Mutthukumar
Chorégraphe : Kalyan
Producteur : Salem.A.Chandrasekhar
Durée : 164 min
Support : Au cinéma

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