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I’M a Cyborg, But That’s OK

I’M a Cyborg, But That’s OK

L’idée du scénario a germé chez le réalisateur au moment où il travaillait sur le mixage de Lady Vengeance, juste avant les projections de presse. Park Chan-wook nous conte ici les tribulations d’une jeune femme persuadée d’être un cyborg et d’un schizophrène dans un hôpital psychiatrique stylisé, coloré et ludique (l’idée du cyborg est peut-être à relier au fait que Park Chan-wook, astronaute de formation, soit féru de science-fiction).

À la suite d’une tentative de suicide, Young-goon est internée. Se prenant pour un cyborg de combat, elle refuse de s’alimenter et préfère sucer des piles, censées la « recharger » en énergie. Elle passe le plus clair de son temps avec son transistor collé aux oreilles, à parler aux distributeurs automatiques et aux néons, en utilisant comme interface le dentier de sa grand-mère.

Elle rencontre Il-Soon, lui aussi interné, qui, la voyant dépérir, décide par amour de lui redonner goût à la vie. Il-Soon est persuadé qu’il est capable de subtiliser le talent des gens, voire leur âme, et se promène avec un masque de lapin, ce qui lui confère une note encore plus loufoque tout en soulignant le pan onirique de l’œuvre.


La croyance singulière de Young-goon en sa qualité de cyborg subsiste jusqu’à l’épilogue. C’est ainsi que Park Chan-wook met en exergue l’idée essentielle qui préside au film, à savoir l’acceptation inconditionnelle de l’être aimé.

L’asile où évoluent nos deux héros est mis en scène sur un mode surréaliste (outre les couleurs acidulées, postulant presque un retour à l’enfance), et la volonté délibérée de délaisser tout réalisme au profit d’une vision plus baroque s’explique par la mise en lumière d’un lieu, havre stylisé de dévotion et de sacrifice, celui du personnel soignant au service des patients. Néanmoins, très vite se font sentir les limites de cette compassion, lorsque les médecins ne parviennent pas à accéder à l’univers des malades qu’ils soignent.

Hormis les autres patients qui sont chacun dotés d’une personnalité haute en couleur, c’est essentiellement le début d’une histoire d’amour onirique, entrecoupée d’intermèdes meurtriers, qui nous est relatée. Contrairement à sa noire trilogie vengeresse, Park Chan-wook met en scène une violence « gaie », atténuée, sur un air lancinant. Ainsi, le réalisateur a commandé une musique de parc d’attractions à son compositeur pour illustrer la séquence du carnage. Ici, la violence a une vertu « libératrice pour le schizophrène », selon les propres termes du réalisateur, et cette « violence fantasmée peut être saine pour le patient ».

Concernant la violence éminemment présente dans ses films, Park Chan-wook confie : « je me suis souvent demandé pourquoi la violence m’intéressait autant, alors que je ne suis pas violent moi-même. J’ai grandi dans une famille aimante, mais j’ai aussi été étudiant dans les années 80 et j’ai été très sensible aux évènements de cette époque qui coïncide avec une ambiance politique violente et angoissante. C’est ce qui émanait de notre gouvernement, et notre génération en a pâti. J’ai vu des amis arrêtés, et l’horreur que j’ai ressentie à ce moment-là s’est gravée en moi. Même s’il n’y a pas dans mes films de lien direct avec la politique, c’est la seule piste que je vois pour expliquer la place qu’y tient la violence. »


Dans cet opus qui se situe dans la même lignée que Save the Green Planet, Park Chan-wook a fait le choix audacieux et pertinent de collaborer avec des acteurs non confirmés pour que la spontanéité habite l’écheveau de l’intrigue. Ainsi les arrangements ont été finalisés à la dernière minute.

L’actrice Kang Hye-Jung ayant décliné le projet, Park Chan-wook a été conquis par Im Su-jeong, que l’on a pu voir dans Deux sœurs, et a attribué le rôle masculin au chanteur Rain, star en Asie mais acteur novice. Rain aurait dû débuter dans Fighter in the Wind de Yang Yoon-Ho, mais il n’y eut pas de suites concrètes.

Après s’être essayé à une histoire pétrie d’onirisme et de violence bon enfant, Park Chan-wook nous concocte une incursion chez des vampires au féminin. Son prochain film s’intitule Evil Live et devrait sortir en Corée en décembre 2007. Comptez début 2008 pour la France.

Site officiel, excellent par ailleurs : I’M a Cyborg, But That’s OK

Sortie du film prévue en France pour le 12 décembre 2007

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Titre original : Saibogujiman kwenchana
Titre français : Je suis un cyborg
Titre anglais : I’m a Cyborg, But That’s OK
Réalisation : Park Chan-wook
Pays : Corée du Sud
Année : 2006
Interprétation : Im Su-jeong, Rain, Kim Byeong-ok, Lee Yong-nyeo, Yu Ho-jeong, Oh Dal-su
Scénario : Jeong Seo-Kyeong, Park Chan-wook
Image : Jeong Jeong-hun
Montage : Kim Jea-Beom, Kim Sang-Beom
Musique : Jo Yeong-wook
Production : Moho Films
Durée : 105 min


Prix Alfred Bauer au Festival de Berlin 2007 et candidat à l’Ours d’or au même festival

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