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La Dernière Légion

La Dernière Légion

Rome, au cinquième siècle après Jésus Christ. Alors que l’empire est menacé par les armées barbares, Romulus Auguste, le dernier des Césars âgé seulement de 12 ans, est en grand danger. Malgré la protection d’Aurelius (Colin Firth), commandant de la quatrième légion, Romulus et son mentor Ambrosinus (Ben Kingsley) sont capturés par Odoacre (Peter Mullan), chef des Goths, et séquestrés sur l’île-forteresse de Capri. Aurelius part alors délivrer son empereur, accompagné par la belle Mira (Aishwarya Rai), une guerrière du Kerala experte en arts martiaux envoyée par Constantinople...

Après le pénible navet Coup De Foudre à Bollywood, plombé par un partenaire masculin fade, on s’attendait au pire avec cette nouvelle participation d’Aishwarya Rai dans une production occidentale. Apparaissant au bout d’une demi-heure de film, elle trouve ici un contre-emploi très physique dans ce rôle de combattante adepte du kalarippayattu : dans de nombreuses scènes de cascades et de combats, elle se livre en effet à des chorégraphies à l’arme blanche (elle se battra également l’année suivante dans son film d’époque bollywoodien Jodhaa Akbar). Le montage est serré et l’actrice est assez bien doublée pour qu’on lui pardonne son invincibilité un peu trop stylisée, d’autant plus que ces scènes d’action sont correctement intégrées à l’intrigue. Car ce péplum d’aventures est relativement fluide, et si le script cousu de fil blanc est bourré de situations ultra-prévisibles, elles sont toujours expédiées rapidement, si bien que tout cela reste assez rythmé pour distraire.

Ce film au budget confortable se caractérise pourtant par un curieux manque d’ambition : on a l’impression que le réalisateur laisse ses comédiens et son équipe technique, heureusement tous compétents, tourner eux-mêmes le film en suivant un canevas archi-convenu. Cette absence totale de prise de risques s’exprime de multiples façons. D’abord, par les raccourcis scénaristiques et autres coupes opérées dans le script et le montage : car si la brièveté des scènes de bataille ou de dialogues permet d’éviter que ne s’installent l’ennui et la grandiloquence, cette commodité limite en même temps la possibilité de bâtir des séquences puissantes. Autre facilité agaçante, les scènes de violence (un doigt coupé par exemple), voire de sexe, sont systématiquement évitées ou éludées, par le scénario comme par l’usage du hors-champ, collant ainsi au code de bonnes mœurs des productions hollywoodiennes, auxquelles le film veut ressembler et dont le puritanisme corseté n’a rien à envier au cinéma hindi, que l’on considère souvent comme beaucoup plus prude.

Le personnage central (et narrateur) interprété par Ben Kingsley est également trop peu exploité (tout comme les autres comédiens britanniques, Colin Firth et Peter Mullan, pourtant honnêtes) : sorte d’aventurier mystique peu avare en prophéties, il semble effectuer plusieurs alléchants tours de magie, mais dont les trucs sont immédiatement dévoilés comme des astuces de prestidigitateur ; ce second degré décourageant casse un peu l’intérêt que l’on porte à ce Ian McKellen anglo-indien, qui aurait pu transformer ce film d’époque traditionnel en sympathique petit morceau d’heroic fantasy, voire de wu xia péplum, pour rendre hommage à Zhang Yimou, ce qui aurait constitué un crossover assez inédit... On sent que le scénariste voulait vraiment aller dans cette direction, puisque le personnage laisse planer le doute sur son utilisation de la magie (notamment du feu lors d’une bataille), mais il paraît lui-même hésiter, et préfère simplement suggérer ce qui aurait nécessité des effets spéciaux trop coûteux pour cette coproduction européenne.

On a l’impression d’assister à un petit film d’aventures propret à l’hollywoodienne, avec des personnages assez crédibles pour échapper au blockbuster pop-corn bien gras à la Pirates des Caraïbes, mais aussi un souci maladif d’efficacité à tout prix qui en fait une sorte de péplum fast-food, qui n’a d’autre but qu’une consommation rapide : vite vu, vite apprécié... Ayant prévu que cette fresque light (le générique de fin arrive au bout d’1h30 !) pourrait être également vite oubliée, les producteurs ont donc décidé d’embaucher une star exotique en la personne d’Aishwarya Rai pour que ce péplum soit distinct des autres revivals du genre, en alléchant du même coup le cercle grandissant des fans de l’actrice indienne...

Le film est ainsi une série B soignée, voire très lisse, dont le calibrage bien étudié a à la fois l’avantage de distraire un peu le spectateur dans chaque scène, et l’inconvénient de ne pas faire durer son plaisir en précipitant la narration ; cette hantise d’ennuyer le public mène forcément à un produit plein de compromis, mais le résultat final reste agréable pour ce projet qui paraissait aussi incertain. Plutôt bien troussé, ce film de genre croisant les conventions du péplum et du divertissement tout public ne réserve guère de surprises, mais sait utiliser au maximum la photogénie d’Aishwarya Rai, son atout principal.

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :

Réalisateur : Doug Lefler
Pays : Royaume-Uni/Italie/France/Tunisie/Slovaquie
Année : 2007
Interprètes : Colin Firth, Aishwarya Rai, Ben Kingsley, Thomas Sangster, Peter Mullan
Scénaristes : Jez et Tom Butterworth, Valerio Massimo Manfredi, d’après le roman de ce dernier
Directeur de la photographie : Marco Pontecorvo
Compositeur : Patrick Doyle
Directeur de Combat : Richard Ryan
Producteurs : Raffaella et Martha De Laurentiis, Tarek Ben Ammar
Durée : 97 min
Support : sortie DVD (TF1 Vidéo) le 10 avril 2008, VF et VOST

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