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Lage Raho Munnabhai

Lage Raho Munnabhai

En 2003 Rajkumar Hirani nous présente le formidable Munnabhai, incroyable gangster au grand cœur dans son film Munnabhai MBBS. Après une moisson de trophées (dont le meilleur rôle comique pour Sanju et le meilleur scénario aux Filmfare Awards) le film donne lieu à un remake Tamoul (avec le grand Kamal Hassan) et un autre Télugu (avec Chiranjeevi). Gangsta MD, une version américaine réalisée par Mira Nair avec Chris Tucker dans le rôle titre est également en projet ! Les succès critique et public sont stupéfiants et trois ans après les fans considèrent déjà Munnabhai MBBS comme un film culte, voire un classique. Autant dire que pour un coup d’essai, le premier film du réalisateur Rajkumar Hirani est un coup de maître.

Rapidement, des rumeurs concernant une suite commencent à circuler. On parle d’un « Munnabhai LLB » où Murli deviendrait avocat, mais le projet semble abandonné. En 2005, on entend parler d’une autre suite totalement improbable : Munnabhai Meets Mahatma Gandhi ! Mais quand les premières images apparaissent, même les sceptiques doivent l’accepter : Munna va revenir et il serait accompagné de Gandhi !
Si le film est désormais nommé Lage Raho Munnabhai, il conte bien la rencontre de notre gangster préféré et du père de la nation indienne, apôtre de la non violence, telle qu’imaginée par les géniaux Vidhu Vinod Chopra et Rajkumar Hirani. N’ayez crainte, non seulement « LRMB » est à la hauteur de l’original mais il le dépasse même vraisemblablement.

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Munna et Circuit sont de retour pour de nouvelles aventures ...


Bien qu’étant la séquelle de Munnabhai MBBS, le film n’en est pas la suite à proprement parler : l’histoire est sans rapport avec la précédente, même si on retrouve Munna et son fidèle acolyte Circuit (l’excellent Arshad Warsi). Ici Munna tombe amoureux de la voix de l’animatrice radio Jhanvi (Vidya Balan). Afin de la rencontrer il participe à un jeu sur la vie de Gandhi. Ayant triché pour parvenir à ses fins et se faisant passer pour un professeur, Munna se trouve contraint de potasser la vie de Gandhi pour ne pas être démasqué par sa bien-aimée. C’est le moment que choisit le Mahatma pour apparaître à Munnabhai !

Avis de Lili : - 9/10

Si l’histoire et l’intrigue peuvent paraître légèrement simplistes, elles sont loin de constituer les aspects les plus importants du film. En effet, l’histoire d’amour entre Jhanvi et Munna n’est qu’un moyen pour faire avancer la vraie problématique : les idées de Gandhi -qui paraissent bien délaissées en Inde - et plus généralement l’éthique et la façon de se comporter.

A une époque où Gandhi est présent visuellement partout en Inde (portraits dans les bâtiments officiels, noms de lieux, photo sur les billets, statues etc.), le film vient nous rappeler que l’important n’est pas d’afficher son image en oubliant son message, mais d’apprendre à (ré)écouter ses idées.
Pour ce faire, un procédé original est employé : l’apparition en « guest star » de Ghandi lui-même ! Celui-ci n’est visible que de Munna et se charge de le soutenir lorsqu’il est son porte-parole ; mais il le poursuivra aussi lorsque le héros, s’enfonçant dans sa supercherie, délaisse totalement les principes du Mahatma. Celui-ci est un peu comme la conscience de Munna. Ses nombreuses apparitions et les dialogues entre Gandhi et Munna peuvent paraître lourds car nombreux, mais ils s’intègrent en général très bien. Ils font avancer l’histoire au lieu de la ralentir, sont pleins d’humour, et surtout affichent une réelle volonté de faire réfléchir et réagir.

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La belle Jhanvi


A l’instar de films comme Rang De Basanti qui encouragent la population indienne à s’impliquer dans les changements qu’elle voudrait voir dans son pays, Lage raho Munnabhai essaye de « vulgariser » les idées de Gandhi en les présentant de manière vivante et drôle, sans jamais s’apparenter à un sermon abstrait, pompeux et ennuyeux. On est donc loin de Rang De Basanti qui pouvait paraître excessif.

Le ton reste léger alors que les sujets abordés sont souvent assez graves et que les coutumes ou pratiques critiquées sont très ancrées dans la société indienne. Ainsi, toujours au travers d’exemples pour que cela soit concret et parlant, le film dénonce des sujets aussi larges que la corruption, l’abandon des parents âgés qui représentent un poids, les mariages forcés, la malhonnêteté, la violence, la superstition ainsi que la « dictature » des astres dans les choix importants de la vie, l’obligation de rester veuf ou veuve après la perte de son conjoint, l’appât du gain facile, etc. En bref tout ce qui peut pourrir une société ou miner l’épanouissement personnel.


Cette volonté du réalisateur, comme l’ensemble du film, sont très bien servis par le casting et le jeu des acteurs, qui sont tous vraiment bons voire excellents.
Sanjay semble une nouvelle fois complètement à l’aise dans son rôle. Sa complicité avec son acolyte Circuit, toujours là pour le soutenir même dans les moments les plus difficiles, est au rendez-vous. Elle transparaît notamment grâce à la performance renouvelée d’Arshad Warsi dans le rôle de Circuit, même si par moments il surjoue légèrement, notamment dans les scènes où il est saoul. Malgré quelques passages dramatiques pseudo comiques un peu lourds, c’est une amitié touchante qui est dépeinte.

On ne peut pas en dire autant de la complicité entre Munna et Jhanvi. J’ai personnellement eu un peu de mal à croire à leur histoire d’amour, même si les sentiments de Munna paraissent vraiment crédibles et que certaines scènes sont émouvantes. A l’instar du premier film de Vidya, Parineeta, leur couple me semble souffrir de la différence d’âge.
Elle ne gâche pas les énormes espoirs qu’elle a suscités après la sortie dudit film, seulement son rôle n’étant pas extrêmement profond, elle n’a pas non plus à réaliser une performance exceptionnelle. Sans être une critique, le charme et la fraîcheur de Vidya constituent l’essentiel de ce qu’on lui demande : faire vraiment rêver Munna. Ce n’est pas pour autant une « potiche » au jeu catastrophique. On peut noter qu’une fois encore, on ne voit pas l’actrice danser, il faudra donc attendre un autre film pour juger de ses talents de danseuse.


Les seconds rôles ont tous leur importance puisqu’ils servent les nombreux exemples mis en scène. On prend plaisir à retrouver des acteurs du premier volet : Boman Irani, le directeur de l’hôpital dans Munna Bhai M.B.B.S, tient le rôle de Lucky Singh, un constructeur Punjabi malhonnête ayant recourt aux services de Munna et Circuit. Il se défend très bien, même si son personnage est quelque peu caricaturé (il n’apparaît jamais sans une musique Banghra en fond).
On apprécie aussi de retrouver Jimmy Shergill, moribond dans le premier volet, ici dans le rôle d’un jeune homme qui prend conscience grâce à Munna que rien ne vaut l’argent gagné par soi-même.
En guise de clin d’oeil, on retrouve aussi Kurush Deboo, qui jouait le Docteur Rustam Pavri, pour une brève apparition dans la peau d’un avocat.

Parmi tous ces seconds rôles bien interprétés il fallait un contraste ... Diya Mirza. L’ex miss Asie Pacifique tient ici le rôle de Simran, la fille de Lucky Singh. Elle n’arrive malheureusement pas à convaincre, notamment dans les scènes dramatiques où ses yeux dégoulinants de larmes sont particulièrement inexpressifs. Heureusement, même si elle fait passer un message important son rôle reste limité.
Quand à l’invité surprise... son apparition, comme les précédentes, saura sans doute être appréciée. Sa seule et unique phrase serait-elle liée aux rumeurs qui ont pu courir cette année sur sa vie privée ?

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Lucky Singh et son homme de main


La musique, sans être exceptionnelle à première écoute et hors contexte, donne l’occasion de mettre en image quelques bons clips. Elle est signée Shantanu Moitru, relativement nouveau sur la scène musicale, qui a notamment composé la magnifique bande originale du film Parineeta.
Une partie des clips est assez déjantée, sortie de nulle part. Ils peuvent d’un côté sembler peu adaptés dans le récit, mais en même temps ils sont le reflet du monde dans lequel Munna vit et ne sont pas là uniquement pour remplir le quota de chansons. Dans le premier, Lage Raho Munnabhai, les deux compères se demandent à quoi Jhanvi peut bien ressembler, tout en déambulant dans un Mumbai idyllique (comme je ne l’ai personnellement jamais vu !). Dans Samjho Ho Hi Gaya, Munna complètement ivre erre la nuit dans des ruelles sombres qui contrastent avec les images colorées du premier clip. Il raconte à son ami la tournure prise par les événements avec Jhanvi, tout en se vantant légèrement. Mélangeant chant-parlé, leurs délires sont mis en scène et ils se retrouvent au milieu d’un cirque, dansant et chantant à tue-tête. Les autres chansons s’intègrent assez bien, elles permettent de faire une petite pause dans la narration et de montrer de jolies images. Pal Pal ... Har Pal récapitule en images les moments forts de l’histoire d’amour Jhanvi-Munna.

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Samjho Ho Hi Gaya


En résumé, si ce n’est pas la suite directe du premier opus (et que j’aurais bien aimé revoir Gracy Singh !), on y retrouve avec plaisir tous les éléments qui en avaient fait la réussite : l’esprit, la personnalité des héros, des lieux comme le quartier populaire où ils vivent, et surtout des dialogues savoureux du premier volet.

Lage Raho Munnabhai se démarque des nombreuses productions qui sortent chaque année en Inde, par le fond mais surtout par la forme avec les moyens très originaux déployés pour faire passer son message.

Un film à ne pas manquer donc, aussi bien pour les habitués des films hindis que pour les autres. En effet, dans le genre « film visant à faire réagir » il est sans doute moins opaque que Rang de Basanti et peut être facilement compris et apprécié par tous.
Lorsque je l’ai vu en salle à Los Angeles, les réactions des spectateurs montrent que, comme moi, ils n’ont pas été déçus. Toutes les personnes présentes étaient d’origine indienne ; peut-être parce que ce film passe uniquement dans des cinémas « spécialisés » en lointaine banlieue.
Il aurait pourtant toutes ses chances auprès d’un public plus large s’il était mieux distribué ...


L’avis de Gorkita : - 9/10

Tout comme le premier volet, Lage Raho Munnabhai est une comédie. Et dans ce domaine il s’agit même d’une excellente comédie. Ce seul aspect suffirait d’ailleurs à faire de « LRM » un bon film. L’interaction entre Munna et Circuit notamment est absolument excellente et réserve de nombreux fou-rires. Boman Irani en chef de gang Sikh est aussi parfait que dans son rôle de médecin du premier opus. Mais là où le film sort du lot et devient carrément génial c’est qu’il ne s’agit pas seulement d’une comédie. En effet le gangster Munnabhai se met à suivre la voie de la non violence professée par Gandhi, et même à l’enseigner ! Lage Raho Munnabhai devient alors une véritable leçon de morale appliquée. Mais grâce une grande finesse de traitement, le film ne devient jamais pontifiant. Le spectateur se retrouve totalement imprégné des valeurs pacifistes de Gandhi et fervent admirateur de ses enseignements.

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Un remariage tardif qui va à l’encontre des normes de la société


Parfois les réalisateurs peaufinent la forme pour camoufler la vacuité du fond : c’est ici parfaitement inutile. Armé d’un scénario admirablement ciselé, de dialogues hilarants et intelligents, d’acteurs à l’aise dans leur rôle, Rajkumar Hirani n’a pas besoin d’en rajouter dans les effets visuels ou les mouvements de caméra improbables. La réalisation reste donc sobre, ce qui nous permet de déguster au mieux le délice que constituent les conseils de vie distillés par le nouveau chantre de la paix : Munnabhai !

Si on devait trouver une faiblesse au film ce serait peut-être la musique de Shantanu Moitra qui n’est pas mémorable. Cela dit les scènes chantées et dansées sont à ce point amusantes (notamment Samjho Ho Hi Gaya) que l’expérience reste très agréable. On notera la performance du jeune chanteur Karunya, révélé par la nouvelle star indienne "Indian Idol".

Ainsi Lage Raho Munnabhai est quasiment le film parfait. C’est un excellent divertissement, drôle et sans temps mort. C’est un film profond et optimiste. C’est aussi une œuvre authentiquement originale, ce qui est une denrée fort rare de nos jours. En conclusion Lage Raho Munnabhai devrait être projeté à tous les politiciens d’Inde et d’ailleurs, ainsi qu’à tous les écoliers, le monde n’en serait que meilleur !

Précipitez-vous sur ce film !

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :

Réalisateur : Rajkumar Hirani
Pays : Inde
Année : 2006
Interprètes : Sanjay Dutt(Munna Bhai), Arshad Warsi (Circuit), Vidya Balan (Jhanvi), Boman Irani (Lucky Singh), Dilip Prabhavalkar (Mahatma Gandhi), Diya Mirza (Simran), Jimmy Shergill (Victor D’Souza) etc.
Scénaristes : Rajkumar Hirani, Abhijat Joshi
Directeur de la photographie : C.K. Muraleedharan
Compositeur : Shantanu Moitra
Parolier : Swanand Kirkire
Producteurs : Vidhu Vinod Chopra, Anil Davda
Durée : 130 min
Support : Cinéma, VCD (pas encore de sortie officielle dvd)

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