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Le château ambulant

Le château ambulant

Le Studio Ghibli, distribué par Buena Vista International, c’est une preuve de l’imprégnation du cinéma mondial par le cinéma asiatique. Malgré les sorties françaises de vieux films de la firme, on attendait quand même depuis trois ans leur nouveau film d’animation.

Hayao Miyazaki a décidé de remettre le couvert pour nous conter l’histoire de Sophie, une jeune fille transformée en grand-mère par un maléfice de la sorcière des landes... Obligée alors de quitter sa petite vie tranquille de chapelière, elle trouve refuge dans le fameux château ambulant du magicien Hauru. Elle y fait la connaissance de son disciple Marko et surtout du démon Calcifer, tenu par un pacte de chauffer la demeure du magicien, comme un vulgaire feu de cheminée, mais aussi de produire l’énergie magique nécessaire à son déplacement miraculeux.

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Sophie découvre sa transformation.

Alors que Sophie s’éprend d’Hauru, le monde extérieur semble plonger dans une guerre épouvantable à laquelle le magicien ne veut surtout pas être mêlé. Mais c’est sans compter sur Sulliman, la magicienne du roi...

Dès le début de l’histoire, Miyazaki nous plonge dans un univers délirant, fait de poésie et de magie. Il ne débute pas son récit, comme la plupart des fables, dans la réalité pour l’entraîner dans la fantaisie (voir Le voyage de Chihiro, par exemple), mais impose au spectateur d’adhérer à un monde parallèle dès l’introduction.

Et quel univers fantastique ! Pétri de contes et légendes, où chaque ruelle pourrait être « le chemin de traverse » d’Harry Potter, où chaque personnage n’est pas ce qu’il a l’apparence d’être, monstres et sorciers y compris... C’est surtout par l’imagination déployée, et ses ressources visuelles féeriques, que Le château ambulant peut plaire, parce que son scénario ne me paraît pas aussi bon.

En effet, on s’ennuie un peu, car l’histoire paraît sans enjeux. On se doute bien de la façon dont les choses vont se dénouer, et rien ne vient nous surprendre. De plus, ce rythme lancinant, s’il retranscrit bien l’impression onirique que Miyazaki veut faire passer, finit par devenir monotone. On aimerait qu’un souffle épique vienne s’emparer du final, mais il n’en est rien.

En misant tout sur un visuel époustouflant, Miyazaki semble avoir oublié l’essentiel, l’émotion. Ce n’est vraiment pas son habitude, alors peut-être est-ce que cette rêverie somnolente était l’effet recherché ? Cela me paraît tout de même un peu fade...

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Le château ambulant du magicien Hauru

Pourtant, toutes les qualités de son cinéma d’animation y sont décuplées : parfaite intégration d’effets spéciaux en 3D pour les engins et le château du titre, décors de milieux urbains bourrés de détails (hommage aux façades colorées alsaciennes, comme à Colmar), saisissante retranscription graphique des matières et autres éléments naturels, animation fluide, etc.

Alors qu’est-ce qui pêche cette fois-ci ? Peut-être est-ce la musique de Joe Hisaichi qui, malgré ses qualités d’orchestration subtile, a vraiment pour le coup un air de déjà vu (de déjà entendu plutôt !). Il ne se foule pas sur ce film, le compositeur vedette, et nous ressert de la guimauve dégoulinante de violons et de piano pour les bons sentiments, mais sans jamais retrouver le génie de ses mélodies inoubliables, qui identifiaient le film à coup sûr. Là, je défie quiconque de sortir du film en sifflotant un thème principal, il n’y en a pas !

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Sophie veille Hauru blessé...

Et comme le son fait la moitié d’un film, comme rien ne vaut un bon scénario... On regrette un peu d’être passé si près d’un grand film (entendons-nous bien, c’est un Miyazaki, c’est donc déjà mieux que la plupart des dessins animés courants).

Hayao Miyazaki a déclaré qu’il s’agissait de son dernier film... Mais ne l’avait-il pas déjà dit pour le précédent et pour celui d’avant ?... Donc, n’ayons pas trop d’inquiétudes et attendons le prochain avec impatience !

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Réalisateur : Hayao Miyazaki
Pays : Japon
Année : 2004
Scénario : Hayao Miyazaki d’après le roman de Diane Wynne Jones
Voix : Chieko Baisho, Takuya Kimura, Akihiro Mwa
Compositeur : Joe Hisaishi
Producteur : Toshio Suzuki
Production : Tokuma Shoten / Studio Ghibli, NTV, Dentsu, Buena Vista Home Entertainment, Mitsubishi Shoji, Toho
Distribution : Buena Vista International
Durée : 1h59
Sortie dans les salles françaises le 12 janvier 2005

Prix Osella au 61e festival du film de Venise 2004

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