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Le Mariage des Moussons

Le Mariage des Moussons

Voilà un beau titre pour un film centré sur les préparatifs d’un mariage indien d’aujourd’hui. Ce long métrage a conquis le festival de Venise en décrochant rien de moins que le Lion d’Or. Le premier film indien à avoir reçu ce prix (en 1957) est Aparajito de Satyajit Ray.
Souvent, l’image du cinéma indien que nous avons se restreint au cinéma populaire. Mais des auteurs comme Mira Nair nous rappellent avec sourire qu’on peut faire autre chose en Inde.
Dès le générique, on se croirait plongés dans les années 70. En effet, le graphisme simple mais animé déboule à l’écran accompagné d’une musique percutante, et c’est un peu ce que nous connaissons d’antan. Les couleurs chaudes préfigurent l’ambiance du film. Nous savons d’ores et déjà que cela va être joyeux ! Qu’à cela ne tienne ! Un peu de changement dans la grisaille de l’hiver ne fera pas de mal. Le film débute donc par les préparatifs d’un imminent mariage.

Extrait du synopsis : La famille Verma réunie au grand complet à l’occasion du mariage d’Aditi, leur fille, se retrouve dans une demeure fastueuse de New Delhi. Venus d’Amérique et d’ailleurs, ses membres savourent le plaisir d’être ensemble...
Vous n’en saurez pas davantage. Et il vaut mieux ne pas s’y pencher, car révéler les rouages du film, même quand il est aussi linéaire que celui-ci, peut le rendre indigeste à la vision.
Néanmoins, je peux vous dire qu’il ne faut pas manquer les préparatifs d’un mariage indien ! Les situations les plus pittoresques vous dépayseront à coups sûrs. Comme le montre le film, un mariage indien mobilise toute la famille. C’est une entreprise fort coûteuse en énergie et en argent, mais, à la clé, on y met plein de bonheur. Et c’est cela le but essentiel d’un mariage : le bonheur. Le bonheur des parents, le bonheur des enfants.

Ce bonheur que semblent chercher les Indiens d’aujourd’hui, coincés entre la tradition et le modernisme. D’ailleurs, le film n’est pas en hindi comme je l’avais cru aux premiers abords, mais en un mélange hétéroclite d’anglais principalement, de hindi et de panjabi. Il en résulte une langue complètement nouvelle. On a l’impression de se trouver sur une autre planète ! À certains moments, quand on s’attend à voir les personnages s’exprimer en hindi, ils nous sortent des expressions anglaises parfaites, puis, à d’autres moments, des mots et expressions incompréhensibles...
Ce mélange de langages montre probablement l’évolution actuelle de la société indienne où les coutumes anglophones envahissent chaque versant de la culture. D’ailleurs, tout ce qui vient d’Amérique est salué par la population comme une preuve de supériorité. Et, pourtant, on veut faire un mariage à l’ancienne, avec des décorations d’étoffes, de fleurs innombrables, de couleurs chatoyantes et chaudes. Un délice pour les yeux ! Ces explosions de couleurs permanentes nous donnent le vertige. L’œillet de l’Inde, abondamment utilisé, semble être la fleur incontestable de l’amour.

Mira Nair veut un cliché à un instant T de la société indienne. Un cliché qui se doit d’être exact, mais aussi rapide, léger et précis que possible. Elle y parvient d’une manière assez admirable. Aucun plan n’est de trop, aucune idée n’est superflue.
Aditi, l’héroïne qui doit se marier, connaît des aventures semblables à celles que connaît une fille en Occident. Nous ne sommes plus devant le cas de la fille vierge avant le mariage. Elle doit donc rompre sa relation actuelle pour se marier à un autre par un arrangement familial. Étrangement, ce ne sont pas ses parents qui ont décidé ce mariage, mais elle-même ou, du moins, elle ne semble pas s’y opposer malgré le fait qu’elle en a la possibilité. Cela montre l’ambiguïté de pensée des jeunes adultes d’Inde qui sont parfois perdus dans les nouveaux modes relationnels libérés. Déchirée entre une recherche de la tradition et ses désirs de femme, comment Aditi peut-elle concilier les deux façons de vivre ?
Vous l’avez compris, ce film est tourné du côté des femmes. Nous assistons à leur angoisse du futur, leur vision du couple, mais aussi leur désir d’une sexualité libérée. Et les expressions crues (par rapport au sexe) viennent souvent des femmes, tandis que les hommes gardent encore des expressions métaphoriques. Les « rustres » ouvriers qui construisent le chapiteau du mariage, par exemple, ont toujours dans leur esprit un mariage digne des contes de fée. Là où le riche est confronté à la basse réalité, le pauvre rêve encore.
Venons-en à la musique, cœur inhérent à tout film indien. Eh bien ! Nous ne sommes pas déçus ! Ce film ne déroge pas à la tradition que tout film indien doit être musical. Malgré l’introduction de la techno dans les mélodies, nous avons toujours droit à la fraîcheur des percussions indiennes, et c’est tant mieux ! Les gens sont heureux de chanter et de danser, et ce, dans toutes les castes de la société indienne. Cet appel à la fête est si fort que nous, spectateurs, avons envie d’assister à un mariage indien ! ! ! Qui veut m’épouser ? ^_ En attendant, notre corps se meut de l’intérieur malgré que nous soyons assis stupidement à regarder les gens danser au lieu de participer !
Mira Nair nous montre que l’Inde peut concilier le modernisme occidental avec sa culture millénaire. Et même si la libération sexuelle et l’argent s’avèrent importants, les idées de famille et d’honnêteté sont primordiales. Que reste-t-il donc quand on n’a plus d’argent ni d’amants ? On trouve son salut dans la famille. Les gens vous respecteront si vous êtes honnête. Le mot « honnête » peut sembler ridicule dans notre société moderne, mais essayez d’être honnête, peut-être que vous vous sentirez mieux ?

Ah oui ! La vision de Mira Nair sur la mousson est, à mon avis, du vécu ! Elle sait comment la pluie peut tomber et comment on peut profiter de cette pluie diluvienne ! J’ai l’impression de retomber en enfance et de me voir en train de barboter dans l’eau et faire toutes les bêtises qu’un gamin peut faire quand il prend sa douche à bras le ciel.
Les spectateurs ont applaudi à la fin de la séance.

P.-S.

Fiche technique :
Réalisatrice : Mira Nair
Pays : Inde
Année : 2001
Interprètes : Naseeruddin Shah(Lalit Verma), Lillete Dubey (Pimmi Verma), Shefali Shetty (Ria Verma), Vijay Raaz (P.K.Dubey), Tilotama Shome (Alice), Vasundhara Das (Aditi Verma), Parvin Dabas(Hemant Rai), Kulbhushan Kharbanda(C.L.Chadha)
Scénariste : Sabrina Dhawan
Directeur de la photographie : Declan Quinn
Compositeurs : Mychael Danna
Producteur : Caroline Baron, Mira Nair
Durée : 1h 54mn
Ciné : sorti en France le 12 Décembre 2001

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