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Mê Thao il fut un temps

Mê Thao il fut un temps

Les films vietnamiens sortent rarement en France et quand l’occasion se présente, il apparaît difficile de faire la fine bouche. Mais soulignons qu’un pays aussi mineur que le Vietnam en terme de cinématographie bénéficie d’un bon accueil quand une des ses oeuvres est présentée ici. Rien de très étonnant à cela, la France a toujours conservé une connivence profonde avec son ancienne « colonie ». Les films vietnamiens qui circulent partout sont presque souvent financés par la métropole. On se rappellera surtout les films de Tran Anh Hùng (L’Odeur de la Papaye Verte et À la verticale de l’été). Ceux qui sont envoûtés par la magie du ce cinéaste risqueront cependant de déchanter avec Mê Thao. Sous la houlette de Viet Linh, Mê Thao s’annonce comme un film d’auteur très réaliste... si on en juge par les quelques photos du film. On s’aperçoit que la réalisatrice n’a pas fait appel à des beautés plastiques pour les personnages.

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Que cache-t-elle ?

On s’apprête à vivre une histoire d’un temps passé, au début du XXième siècle, où la vie vietnamienne est bousculée par la modernité apportée par l’Occident. On ne peut s’empêcher de comparer Mê Thao à Il était en fois Chine de Tsui Hark même si le registre n’est pas le même. La ressemblance tient dans cette opposition entre modernité et valeurs ancestrales. L’automobile fait son entrée dans les rues du Vietnam, timide, mais suffisamment frappante pour mystifier l’esprit des Vietnamiens. Le chemin de fer aussi s’installe. C’est dans ce contexte que se présente Mê Thao, adaptation du roman Chan Dan de Nguyen Tuan, écrivain célèbre pour ses nouvelles. Cette adaptation a exigé un grand travail d’écriture scénaristique (ajout de scènes et de personnages), car un long métrage comme le conçoit Viet Linh ne pouvait se suffire du mince roman Cha Dan.

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Jusqu’où iront-ils ?

L’intrigue semble des plus simples. Au début du XXème siècle, Nguyen, riche seigneur du Vietnam du Nord, donne asile dans son domaine de Mê Thao à Tam, joueur de cithare recherché pour un meurtre involontaire commis lors du récital de la cantatrice To dont il est l’amant. Tam se met au service du maître de Mê Thao dont il devient à la fois le fidèle intendant et l’ami dévoué.

Comme vous pouvez le comprendre, tout va se passer à Mê Thao. Les personnages que nous rencontrons au début vont s’épaissir dans le domaine si particulier de ce seigneur. Lentement mais sûrement, la vie des habitants de Mê Thao est transformée par la présence de Tam, mais aussi par Nguyen qui va peu à peu changer d’attitude face à l’adversité. La caméra suit la vie de ces villageois avec l’oeil scrutateur d’un documentariste. Par moments, toutefois, cet l’oeil se laisse aller à peindre et nous offre vraiment quelques jolis plans. Le décor naturel aide grandement à tisser une atmosphère particulière. Ce basculement dans l’esthétisme se fait de façon très lente et s’ouvre par une chanson, le ca trun, sorte de chanson de « cabaret » pour connaisseurs. Le « ca trun » force les musiciens à improviser, ce qui en même temps noue l’intrigue et pose les fondations pour que le récit prenne place. Ce chant accompagné par le luth vietnamien n’est pas très convaincant pour une oreille néophyte, mais remplit son office pour que l’histoire démarre bien.

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Jusqu’à la frontière de la mort ?

Le Vietnam n’est pas en reste d’histoire d’amour, et Mê Thao nous démontre que, dans ce domaine bien précis, les coeurs « viets » aussi savent battre la passion, à leur rythme. Une lenteur qui nous réserve quand même quelques petites surprises que je vous laisserai découvrir, comme si tout concourt à nous amener progressivement à une apothéose finale. Et la fin en étonnera plus d’un. L’histoire d’amour censée être soporifique se montre finalement assez prenante. La réalisatrice nous conduit petit à petit vers ce qu’elle souhaite nous montrer, le « chau van », chant dramatique pratiqué dans les séances de transe (ou chant chamanique). Un récital final assez impressionnant, qui nous cloue par la virtuosité à la fois du chant et de la musique qui l’accompagne. Nous ne sommes pas dans un Bollywood, mais c’est tout comme dans l’esprit ! Par cette scène, le film semble s’aventurer loin de son registre, nous perturbant par la même occasion.

L’opposition entre valeurs traditionnelles et modernité semble cependant traitée de manière trop simple. L’impact de ce contraste est néanmoins là. Et on évite de justesse la question politique et le patriotisme.

Pour capter notre attention, le film se devait d’avoir des acteurs vraiment bons et il ne manque pas d’interprètes talentueux. Ces derniers portent l’histoire à bout de bras. Servis par des images bien pensées, leurs propos sur la vie et l’amour trouvent leur juste signification. Seuls les acteurs français sont très mal choisis ; leur prestation relève de la pure caricature. Est-ce voulu ? En tout cas, cela jette le ridicule sur une oeuvre qui apparaît sinon bien conçue dans l’ensemble.

Ce film est à voir pour découvrir une autre facette du Vietnam. La culture des Vietnamiens du Nord pique l’intérêt et la langue dont la prononciation est moins nasillarde que celle du Sud donne une texture sonore très agréable à entendre. Le domaine Mê Thao, pittoresque, nous emporte en un lieu intriguant et nous fait vivre la vie d’un villageois d’autrefois confronté d’une part à son seigneur et d’autre part à son évolution nécessaire. Le « chau van », quant à lui, vous montrera que vous pouvez retirer quelque chose de ce film.

Note : Les noms Tam et Cam des deux amants de l’histoire semblent être inspirés de la légende célèbre de Tam Cam, un couple d’amants maudits...

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :

D’après l’oeuvre de Nguyen Tuan

Réalisateur : Viet Linh

Pays : Vietnam - France

Année : 2002

Interprètes : Dung Nhi, Dong Duong, Thuy Nga,Hong Chuong

Scénaristes : Thuy Nahn Pham, Viet Linh, Serge Le Peron


Directeur de la photographie : Hoang Nam Pham

Chef décorateur : Hong Phong Pham

Monteur : Cam Van

Compositeur : Van Dung

Producteurs : Les Films d’Ici, Giai Phong Film Studio

Durée : 93 min

Support : sortie cinéma le 8 décembre à 3 copies dans l’Hexagone, dont 2 en province

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