Accueil > Articles > Metropolis

Rubriques

Articles

Metropolis

Metropolis

Enfin, l’animation japonaise semble prendre son essor et trouver une place prépondérante en France ! Les dessins animés ne sont plus désormais réservés aux enfants et deviennent accessible à tout public, et sur grand écran, s’il vous plaît !

Le réalisateur Tezuka, pionnier de l’animation japonaise, considéré par ses pairs comme le précurseur du manga et du cinéma d’animation japonais, a révolutionné ce domaine en y introduisant des thèmes résolument adultes.

Après, entre autres, Hayao Miyazaki, l’un des réalisateurs les plus connus du grand public, et ses somptueux films Princesse Mononoké, Le voyage de Chihiro ou Mon voisin Totoro, pour lequel j’ai une tendresse particulière, voici Metropolis ! C’est en quelque sorte un film-hommage à Fritz Lang, même si Osamu Tekuza n’avait jamais eu l’occasion de voir le film du même nom.


Metropolis est une cité tentaculaire où il fait bon être riche. Construite sur plusieurs niveaux, la classe dirigeante occupe le haut, tandis que les plus démunis doivent se contenter de partager les sous-sols de la ville avec certains robots. Ziggurat est une immense tour de Babel qui semble vouloir atteindre le ciel... Elle surplombe la ville et abrite le tout puissant et énigmatique Baron Rouge (Duke Red) ainsi que son fils adoptif Rock, un dangereux et détestable personnage. Deux détectives, Shunsaku Ban, et son neveu et assistant, Kenichi, arrivent à Metropolis pour rechercher un scientifique rebelle, le Docteur Laughton. Ce dernier atteint la consécration en créant un robot surhumain, Tima, à l’image de la fille disparue du Baron Rouge.

Paradoxalement, l’un des premiers gestes d’abnégation posés dans le film vient d’un robot, et ce même robot n’hésite pas à donner sa vie pour sauver des humains. Peu à peu, les robots n’obéissent plus, contrairement aux règles établies par Isaac Asimov, et deviennent fous, peut-être justement par manque d’amour et de reconnaissance des hommes... Lorsque Tima découvre qu’elle n’est pas de nature réellement humaine, elle a une réaction typiquement humaine : elle se met à pleurer et, se sentant trahie, une folie auto-destructrice s’empare d’elle.

Les hommes opprimés ont à leur tête un chef rebelle emblématique, Atlas, qui est la personnification du Gavroche de Victor Hugo, et qui, sous une affiche de Che Guevera, fomente la révolution.

JPEG - 11.2 ko


Les symboles exploités dans ce film sont courageux. S’emparer ainsi du mythe de la tour de Babel, de Che Guevara ou même de Gavroche, il fallait oser.

Metropolis est un film d’animation un peu à part, qui allie avec subtilité un graphisme résolument « rétro » 2D pour les personnages et de magnifiques décors futuristes 3D créés en images de synthèse. Cela donne une ambiance quasiment intimiste au film.

Le trait épuré et « simpliste » accentue le côté attachant des personnages, mais les traits de caractère des personnages ne sont pas seulement esquissés ; les sentiments qui se dégagent sont très forts, accentués d’ailleurs par leur graphisme naïf.

Certains protagonistes semblent issus de l’école belge de la ligne claire, celle des années Hergé. Le détective Shunsaku Ban pourrait très bien jouer un personnage dans l’une des aventures de Tintin.

Par contre, pour Kenichi, son neveu et assistant, on retrouve le trait d’origine du personnage du manga. On reconnaît la « patte » du regretté maître Osamu Tekuza. Kenichi m’a tout de suite fait penser à Astro Boy, série que j’avais vue lorsque j’étais enfant ; le dessin si particulier des jambes, les grands yeux si attachants qui le font paraître si humain... Le papa des mangas Astro boy, Le Roi Léo ou le Prince Saphir, c’est aussi lui. Dans les années 60, Osamu Tekuza passe à l’animation proprement dite. Les mangas Tetsuwan Atom (Astro Boy) sont portés à l’écran.

JPEG - 12.9 ko


D’ailleurs, Rintaro, le réalisateur de Metropolis, débute sa carrière en supervisant la première série télé d’Astro boy, alors en noir et blanc. Il réalise par la suite Space Pirate Captain Harlock (Albator) en 1978, puis sort son premier long métrage Galaxy Express 99.

Le scénariste du film, Katsuhiro Otomo, débute sa carrière comme mangaka (dessinateur de mangas). Il devient ensuite scénariste et entame la publication de la série Akira, mondialement célèbre. L’animation d’Akira connaît effectivement un succès énorme, que ce soit au Japon ou en Occident.

L’œuvre originelle Metropolis, d’Osamu Tezuka, a été dessinée entre 1947 et 1949. Les thèmes qui y sont abordés sont toutefois intemporels et universels, la soif de pouvoir, la vengeance, la lutte des classes, l’ambition, l’amour... On y retrouve les questions que l’on peut se poser sur l’avenir de l’humanité et son lien à la technologie, thème déjà abordé dans de nombreux films, dont Armitage 3 de Taro Maki et Ghost in the Shell de Mamoru Oshii, l’un des plus connus. Malgré la noirceur des thèmes abordés, l’espoir domine. Le film est malgré tout optimiste.

JPEG - 13.9 ko


C’est réellement un magnifique film d’animation avec une histoire riche, concise et bien écrite, que vous vous devez absolument de découvrir.

Je termine par une phrase qui résume le sentiment essentiel du film, citée par Moebius, interviewé au sujet des personnages du film : « Et le cœur est aussi le fin mot du film »...

Un petit mot sur la musique. La bande originale est composée essentiellement de jazz Nouvelle-Orléans. Cela peut être déroutant au premier abord, mais cette musique se fond à merveille avec les images et épouse parfaitement les sentiments qui se dégagent du film.

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Réalisateur : Rin Taro
Pays : Japon
Année : 2001
Scénariste : Katsuhiro Otomo, d’après le manga d’Osamu Tezuka
Directeur de l’animation et concepteur des personnages : Yasuhiro Nakura
Directeur artistique : Shuichi Hirata
Effets spéciaux visuels : Shuichi Hirata, Maeda Tsuneo
Compositeur : Toshiyuki Honda
Interprètes : Yuka Imoto, Kei Kobayashi, Kouki Okasa
Producteurs : Masao Maruyama, Iwao Yamaki
Durée : 107 min

Article précédent | pret immobilier
Casshern

Article suivant | credit immobilier
Metropolis (autre avis)


Dans la même rubrique

My Name Is Khan
My Name Is Khan
Ong Bak 2
Ong Bak 2
IP MAN
IP MAN
Chocolate
Chocolate
La Momie - La Tombe De L'Empereur Dragon
La Momie - La Tombe De L’Empereur Dragon

Sur le Web : S'informer sur les conditions d'obtention de votre credit immobilier reste la première action à entreprendre avant d'aller consulter un courtier en pret immobilier afin de négocier le meilleur taux en connaissance de cause. Votre bien immobilier constitue l'investissement le plus important de votre vie. En cas de surendettement, plusieurs solutions de rachat de crédit ou de Crédit hypothécaire peuvent être envisagées. Le référencement naturel dans le secteur immobilier ainsi que du prêt immobilier a donné beaucoup d'abus. C'est de bonne guerre, le référencement payant est si prohibitif.

Articles les plus populaires

Shutter
Shutter
Dor
Dor
King Naresuan