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Mohabbatein (autre avis)

Mohabbatein (autre avis)

Vicky (Uday Chopra), Sameer (Jugal Hansraj) et Karan (Jimmy Shergill) viennent faire leurs études supérieures à Gurukul, établissement très réputé mené d’une main de fer depuis 25 ans par Narayan Shankar (Amitabh Bachchan). Dès la première assemblée sous les hautes voûtes, devant le blason de l’Ecole - Honneur, Discipline, Tradition -, le Directeur les prévient : ils doivent se consacrer à leurs études et oublier le monde extérieur, sous peine d’être renvoyés. Ils n’en mènent pas large, tous ces jeunes gens en uniforme à l’anglaise. Mais ils sont décidés à jouer le jeu. Jusqu’au jour où chacun de nos trois étudiants croise la femme de ses rêves : leur faudra-t-il sacrifier leurs histoires d’amour (Mohabbatein) pour rester à Gurukul ?

Arrivent Raj Aryan (Shahruck Khan), son violon, ses méthodes d’enseignement originales et ses pulls pastel. Tout cela tranche étrangement sur l’austère tradition de Gurukul. Malgré les réticences de Narayan Shankar, Raj Aryan s’impose. Il puise sa force dans l’histoire d’amour qui le lie à Megha (Aishwariya Rai), ravissante jeune fille qu’il est le seul à voir : Megha n’est plus de ce monde. Raj Aryan est venu à Gurukul dans un but précis : prouver à N. Shankar que l’amour n’est pas incompatible avec l’honneur, la discipline, la tradition. Que l’amour est plus fort que la peur. Que l’amour est la source de la vie, même à Gurukul. Raj Aryan ne se contente pas du discours, il s’appuie sur Vicky, Sameer et Karan, il les aide à faire grandir et vivre leurs histoires d’amour, n’hésitant pas pour cela à affronter le regard glacial de l’implacable Shankar.

Mohabbatein est un beau film. Les décors sont splendides, la mise en scène irréprochable, la musique de Jatin-Lalit sert très bien les émotions contradictoires qui se développent, à la fois amour infini et lutte sans merci. Les scènes dansées sont superbes : chorégraphies, costumes, couleurs, mouvements de caméra, contribuent à en faire une plus-value indéniable. En revanche, on pourra reprocher à Mohabbatein une certaine lourdeur, suivre trois histoires d’amour en parallèle en les traitant à part égale, implique quelques lenteurs et redondances. On a un peu de mal à s’intéresser vraiment à ces trois jeunes couples, plus symboliques qu’attachants (on est loin de la galerie de portraits de Kal Ho Naa Ho).

Au delà de ces aspects, Mohabbatein est un film intéressant à plus d’un titre. Rien n’y est gratuit, tout sert un double message central : l’amour et la tradition. Ce n’est pas un hasard si le film est sorti en l’an 2000. Il s’interroge sur les rapports entre tradition et modernité, sur l’évolution de la relation amoureuse dans cette époque mouvante. Chacun des trois jeunes couples représente une des façons de vivre cette relation, illustrées notamment dans la scène "Rythms of Mohabattein" où chaque couple danse sa vision de l’amour. Le premier se veut moderne et libéré des contraintes, mais à la fin de la danse Vicky voile pudiquement Ishika (Shamita Shetty). Sanjana (Kim Sharma) vit comme une Occidentale, livrée à elle-même, elle y perd symboliquement sa dignité avant d’être ’"sauvée" par Sameer son ami d’enfance, renouant avec la tradition (Bollywood du moins) qui puise l’amour dans l’amitié. Kiran (Pretty Jhangiani) est la plus traditionnelle, elle ne danse qu’en sari ; veuve, elle ne rejoint Karan que lorsque son beau-père lui en donne l’accord. Dans ces trois histoires, la tradition est finalement "gagnante". Cela vient adoucir l’affrontement plus violent dont l’enjeu est le contrôle de l’Ecole et donc de l’avenir, qui se joue entre Narayan Shankar et Raj Aryan Malhotra.

Une lecture originale du film nous est apportée par la rédactrice Angel-Mumtaz : il y a dans Mohabbatein la confrontation entre le Brahmane (caste la plus élevée, garante de la tradition) Narayan Shankar et le Kshatriya (caste des guerriers) Raj (roi) qui le bouscule et met ses privilèges en péril. On peut voir aussi en filigrane une confrontation entre Narayan à tendance Vishnou (Narayan est un des noms de Vishnou) qui veut que rien ne change et Raj à tendance Shiva : on peut faire le parallèle entre Raj et Nataraj (roi de la danse), la forme de Shiva qui danse pour détruire et recréer sans cesse les mondes au rythme de son tambour. Dans la chanson "Soni Soni", Raj prend le tambour d’un air résolu et guerrier pour défier Narayan... Raj veut changer les choses avec sa musique. Il vient mettre fin au monde défini par Narayan pour en recréer un autre. Toute fin du monde demande des sacrifices (la belle Megha), qui servent à recréer un monde sur des meilleures bases... Bien sûr tout cela est passé par le prisme Bollywood.

Lire aussi l’opinion du rédacteur Ganesh sur ce film.

Voir les Chansons de Mohabbatein traduites en français

P.-S.

Fiche technique :
Réalisateur, scénariste : Aditya Chopra
Pays : Inde
Année : 2000
Interprètes : Shahrukh Khan, Amitabh Bachchan, Aishwarya Rai, Uday Chopra, Jugal Hansraj, Preeti Jhangiani, Jimmy Shergill, Kim Sharma, Shamita Shetty, Anupam Kher
Directeur de la photographie : Manmohan Singh
Monteur : V. V. Karnik
Compositeurs : Jatin-Lalit
Parolier : Anand Bakshi
Chorégraphe : Farah Khan
Producteur : Yash Chopra
Durée : 216 minutes
Support : double DVD Yashraj, en hindi Dolby 5.1, sous-titres français, anglais, arabes, malais et espagnols, grand écran anamorphosé, NTSC toutes zones

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