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My Name Is Khan

My Name Is Khan

Il est certes nécessaire de crier que tous les musulmans ne sont pas des terroristes. Est-ce la vocation d’un Bollywood de s’y coller ? En effet, le public des Bollywood fait déjà partir des minorités ethniques en ce qui concerne les expatriés du moins. Doit-on les convaincre qu’ils ne sont pas terroristes ? Ce long métrage de Shah Rukh Khan s’adresse donc aussi au public non averti en empruntant la technique et des acteurs Bollywood. Le couple le plus légendaire de Bollywood Shah Rukh Khan et Kajol sont à nouveau réunis à l’écran, après quelques années de séparation pour cause de maternité de la part de Kajol. Cette ambivalence en fait un produit hybride qui ne satisfait ni les fans (encore qu’à ce niveau, les fans du King Khan le suivraient partout !), ni le public non Bollywood.

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Le couple mythique à nouveau réuni.

Il est très agréable de retrouver enfin un Shah Rukh Khan faire autre chose que l’Indian Lover et de rouler les mécaniques. Avec l’échec de l’excellent Ashoka (2001), le King s’est tenu à carreau évitant de prendre des risques. Son compatriote Hrithik Roshan avait beaucoup plus d’audace et a joué un autiste dans Koi Mil Gaya (2003). Et à juste raison puisqu’il a démontré qu’il est non seulement un beau danseur hors pair, mais aussi un acteur très solide. Il a fallu attendre 2010 pour voir le King dans un rôle de composition. Personne ne doute que le Shah pût relever ce défi, lui qui est si perfectionniste dans son travail. Et il prouve avec brio dans My Name Is Khan qu’il pouvait gommer toutes ses mimiques « Bollywoodiennes. » Prestation réussie donc. De son côté, Kajol se débrouille plutôt bien malgré un personnage écrit avec moins d’épaisseur. La vieille alchimie entre les deux légendes se met à nouveau en marche sous la houlette de Karan Johar.

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King Khan a pris un coup de vieux...

Venons-en à cette histoire de terroriste. Et on peut comprendre que les musulmans tiennent à dire au monde entier qu’ils ne sont pas des terroristes. L’idée en lui-même est intéressante et forte. D’autant plus forte qu’elle est portée par Shah Rukh Khan en personne qui est lui aussi est un fervent musulman. N’oublions pas que l’acteur a été fouillé par la douane américaine quand il s’est rendu aux E.U pour le tournage du film et que cela avait provoqué un "miniclash" politique à l’époque. Un peu, à l’image de millier de musulmans persécutés par l’administration américaine, Rizvan Khan (avec un coup d’épiglotte sur le KH’ s’il vous plait !) tente de dénoncer toutes les humiliations subies par la population musulmane. Passé ces messages à travers le prisme de Bollywood, c’est s’approcher dangereusement de la caricature, et nombre de scènes sont très "méchantes", il n’y a presque pas eu d’Américains pour aider les musulmans, mis à part la minorité noire. Tout ceci me semble excessif. Excessif encore, les scènes sur la tempête Katrina... On se croirait revenu dans les années 70 avec le « Young Angry Man » d’Amitabh Bachchan qui dénonçait la corruption en Inde. L’affaire est certes complexe, et chaque jour qui passe, l’incompréhension entre les musulmans, les intégristes, et le monde s’amplifie. La révolte de Rizvan Khan s’avère nécessaire, la caricature moins, même si le monde en définitive n’est qu’une vaste caricature. Pourtant à aucun moment on ne bascule dans le Bollywood que nous connaissons. Toutes les chansons sont mises en off. Ce qui veut dire que quand tout devient sérieux, personne ne chante ? Ni ne danse malgré le nom de la célèbre chorégraphe Farah Khan au générique. Il me semble qu’on perd là l’essence même de Bollywood. Quand une personne dans un Bollywood se met à chanter, elle est capable de fissurer le mur des esprits les plus endormis. L’exemple typique de ce phénomène est la chanson "Bole Chudian" de Khabi Khushi Khabie Gham (2001) qui à elle seule offre un effet catharsis à un moment clé du film. Tout le monde se souvient encore de cette gifle accompagnée du son des bracelets. En 1973, Yadoon Ki Baarat fonctionnait sur le même principe, la chanson demeurait la clef qui transcende le temps, l’espace et les esprits. Malheureusement, plus les films Bollywood s’occidentalisent (n’oublions pas que "My Name is Khan" est financé par la Fox !) et plus on oublie le rôle majeur des chansons. La BO de "My name is Khan" me semble de qualité moyenne, ceci expliquant peut-être cela.

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L’être humain avant la religion ?

En définitive, vous passerez quand même un bon moment avec ce « Bollywood », mais il mériterait d’être raccourci d’une heure au moins. Quand on va sur le terrain d’un film engagé, il faut savoir être concis et précis. Un soin particulier doit être aussi de mise quand il faut traiter les différents peuples en présence, les nuances obligatoires pour obtenir une vision la plus juste possible.

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La vie est une caricature...

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :

Réalisateur  : Karan Johar
Scénario :Shibani Bathija
Pays : Inde

Année : 2010
Interprètes : Shah Rukh Khan, Kajol, Christopher B. Duncan, Steffany Huckaby, Carl Marino
Production  : Twentieth Century Fox France
Chorégraphe : Farah Khan
Durée : 165min

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