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Namastey London

Namastey London

Après Aankhen (2002) et Waqt - A Race Against Time (2005), Vipul Shah revient avec une comédie dramatique sur l’amour et ses concessions. Résolument tourné vers le public NRI (Non Resident Indian), Namastey London a été réalisé et joué par une collaboration anglo-indienne.

Après de nombreux échecs pour marier sa fille Jasmeet (Katerina Kaif) à un indien du Royaume uni, Manmohan Malhotra (Rishi Kapoor) l’emmène en Inde, à la rencontre d’époux potentiels. En quelques jours, et après une forte pression paternelle, le mariage de Jasmeet est scellé avec Arjun Singh (Akshay Kumar), un fermier punjabi. De retour à Londres, Jasmeet fait valoir la justice anglaise, qui ne reconnaît pas ce mariage. Arjun est alors contraint à voir son épouse flirter avec Charlie Brown (Clive Standen), le petit ami anglais. Blessé, il ne baisse pas les bras. Au contraire, ayant eu le coup de foudre pour l’héroïne rebelle, il reste à Londres dans le maigre espoir de gagner son amour, se fixant comme échéance le jour où elle épousera Charlie.

Un ami proche de Manmohan Malhotra, Parvez Khan (Javed Sheikh), rencontre le même « problème » avec son fils Imran (Upen Patel). Tout comme Jasmeet, Imran embrasse la culture occidentale à bras ouverts, et habite depuis peu avec sa petite amie anglaise.

Comme ce résumé le suggère, il s’agit d’un film qui mêle amour et patriotisme comme Bollywood sait si bien le faire.

Dans le contexte actuel où de nombreux indiens continuent à s’expatrier, et où de plus en plus de « cerveaux » reviennent, les thèmes de l’acculturation, de la double culture et de la transmission des valeurs culturelles sont des réalités incontournables auxquelles les NRI et leurs enfants sont confrontés. Ils sont donc le public-cible de ce film, qui plus particulièrement s’adresse aux Indiens de seconde génération du Royaume Uni, de l’Australie, ou encore des États Unis. Le choc des cultures est un thème traité aussi dans le film Pardes de Subhash Ghai (1997). Dans ce film, un mariage est arrangé entre une héroïne qui a toujours vécu en Inde, et un NRI de deuxième génération des États-Unis.

Les immigrés de première génération arrivent avec les valeurs et les traditions qu’ils ont connues dans leur pays d’origine. Comme le soulève Arjun, le père de Jasmeet a souhaité s’installer à Londres, y travailler, y vivre, y élever sa fille. Mais il ne l’autorise à épouser qu’un indien, faisant passer ses désirs avant ceux de Jasmeet, au nom de la tradition et sous couvert de penser à son bien-être. La peur de l’autre conduit les parents de ces enfants à la culture métissée à réagir de manière parfois virulente ; alors qu’Imran est chassé de la maison familiale, les parents de Jasmeet cherchent un gendre indien.

On retrouve cette même inquiétude parentale dans la famille de Suzanne. Seulement, hormis Suzanne, chaque personnage anglais apparaît impitoyablement raciste vis-à-vis de ceux qu’ils nomment « les bronzés ». Ce manichéisme entraîne une fluidité sans suspense pour le film.

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« Je suis le père indien d’une jeune fille anglaise. »

Quelque part, Arjun revit ce que la mère de Jazz a vécu autrefois. Arrachée à son pays, à sa culture, mariée plusieurs années à Manmohan, qui travaillait au Royaume Uni alors qu’elle était restée au Punjab, Bebo (Nina Wadia) n’a jamais réussi à s’adapter complètement à son nouveau pays. Ne souhaitant pas que sa fille suive ses traces de mère au foyer, elle l’a encouragée à s’acculturer. Le symbole de cette acculturation est que Jasmeet ne répond qu’au prénom de Jazz, plus branché. Jazz incarne un cliché incontournable de la fille occidentale superficielle, bien accrochée à l’english way of life : boîtes, alcool et dragues ponctuent ses jours heureux. En dépit de ces « gentils » vices, la culture occidentale lui a appris à être une femme libre de ses choix, à être indépendante et autonome.

La rusticité d’Arjun tranche avec le style de Charles ; ils se ressemblent comme le jour et la nuit. La belle choisira-t-elle de vivre avec la « bête » ou avec le « prince charmant » ? La nécessité de parler anglais, les obstacles culturels, et même les insultes redondantes de Charlie à son égard arrêteront-ils Arjun ?

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La douce campagne punjabie et ses jolis fermiers rustiques

Malgré la prédictibilité du scénario, les acteurs portent fermement le film.

Namastey London est le second film à disposer en tête d’affiche du couple Akshay Kumar - Katrina Saif, derrière Humko Deewana Kar Gaye (2006). Ce serait le premier film où le hindi de l’actrice ne serait pas doublé. En effet, Katrina Saif est née à Londres, d’une mère anglaise et d’un père indien, ce qui lui vaut un fort accent anglais. Namastey London lui a offert la possibilité de jouer de cette « lacune », car cela convient très bien au personnage de Jazz. Elle l’incarne de manière toujours juste et simple. Lorsqu’elle regarde Arjun, son visage passe de l’amusement à la confusion, se qui laisse deviner une tendresse grandissante entre ces deux protagonistes.

Autant Katrina domine la première partie du film, autant Akshay mène la seconde. Il interprète de manière très touchante les scènes où il laisse transparaître ses véritables sentiments. On adore voir ce « Funjabi » à l’exubérance ridicule fondre pour laisser apparaître sa vulnérabilité. Mention spéciale à sa réplique « Kabhi kabhi bhool jaata hoon, aakhir main bhi toh ek insaan hi hoon » (« Il m’arrive d’oublier que moi-même je suis un être humain »).

Rishi Kapoor endosse le rôle du père inquiet pour l’avenir de sa fille avec brio. Son désespoir et son fatalisme, souvent exprimés avec humour, lui valent d’être un pilier indispensable au succès du film.

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Londres : quand la binouze remplace le Sky

La musique du film est signée par Himesh Reshammiya. Entraînantes pour la plupart, les chansons combinent parfois des sons occidentaux et indiens. « Dilrooba », « Rafta Rafta » sont des tubes du dance floor. « Yehi Hota Pyaar » et « Veeraniya » restent bloquées dans mon lecteur ; ces chansons sont un cri d’amour d’Arjun pour Jasmeet.

Pour la désinvolture des personnages et son thème central du clivage entre les cultures occidentale et indienne, Namastey London ne demande aucun effort cérébral. On reste dans le rêve et la bollywooderie, malgré un jeu d’acteurs souvent réaliste. Le film se laisse regarder, et l’on cherchera même à réécouter la bande annonce, voire à se repasser certaines séquences.

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Pays : Inde
Année : 2007
Genre : Film romantique / Comédie / Drame
Réalisateur : Vipul Amrutlal Shah
Interprètes : Akshay Kumar, Katrina Kaif, Upen Patel, Rishi Kapoor, Javed Sheikh, Ritesh Deshmukh, Clive Standon, Tiffany McFadden
Scénaristes : Suresh Nair & Ritesh Shah (co-dialogue)
Directeurs de la photographie : Dariusz Wolski, Jonathan Bloom
Musique : Himesh Reshammiya, Javed Akhtar
Producteur : Vipul Amrutlal Shah
Durée : 132 minutes
Site officiel : Namastey London

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