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Qurbani

Qurbani

Vingt ans déjà pour ce film qui a été remarqué à Cannes en 1979. Pour un film de Bollywood, c’est faire preuve d’une certaine qualité. Feroz Khan, acteur, producteur et réalisateur du film, frappe ici un grand coup.

Dès le générique, c’est du sérieux. Des lettrages s’animent sur un fond enflammé et sur une musique stressante. Aujourd’hui, ce genre d’effets nous ferait croire à un film Z, mais pour l’époque et pour les Indiens, l’impact psychologique est d’une importance capitale. Les Indiens le reçoivent au premier degré. L’effet est certainement atteint. On se prépare donc à voir un film au vitriol, mais pas un drame familial, car la musique est tonique... plutôt un polar tourné vers l’action.

Toute la trame narrative de Qurbani s’articule autour du trio Rajesh (Feroz Khan) - Sheila (Zeenat Aman) - Amar (Vinod Khanna). Trois êtres appelés à se croiser. Deux hommes pour une seule femme. Rajesh est un cambrioleur de talent, dépouillant de riches demeures, tandis qu’Amar est convoyeur de marchandises. Tout deux vont avoir affaire à un fin limier (Amjad Khan) mais aussi à la pègre.


Rajesh se présente comme un robin des bois. Comme il le dit lui-même, il ne détrousse que les riches. Évidemment, cela ne va pas plaire à Sheila, chanteuse de cabaret. chacun dénigre le travail de l’autre. On peut comprendre aisément Rajesh dans la mesure où Sheila est vraiment « sexy » en scène. Étonnant, d’ailleurs, pour un film indien de l’époque. Pas une fois on ne verra Zeenat en col roulé (rires, c’eut été dommage :o) ). Elle affiche avec ostentation sa belle et généreuse poitrine dans de magnifiques décolletés. Sa beauté indéniable et son physique galbé attirent inévitablement le regard. Elle est différente des autres actrices indiennes par le fait qu’elle est beaucoup plus svelte. Ce n’est pas rare de la voir en bikini sur la plage. J’en connais qui vont rester bouche bée.

Là-dessus, Amar n’est pas en reste ! Pourtant, son amitié avec Rajesh passe au premier plan. Et c’est cette incroyable amitié avec Rajesh que nous verrons tout au long du film. Cette façon d’aborder l’amitié risque de choquer pas mal d’esprits occidentaux. En effet, tout ce débordement pourrait être considéré comme « trop ». Mais comment peut-on être « trop » en amitié, je m’interroge tous les jours. Non pas sur l’amitié que je peux concevoir, mais sur l’incompréhension de l’amitié asiatique par les Occidentaux.

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Baston d’enfer


On a traité l’amitié entre Leily et Feng (La Rage du Tigre de Chang Cheh) d’homosexuelle en concluant que l’homosexualité du réalisateur transparaissait forcément dans ses films. Pourtant, Feroz Khan va encore plus loin, car il n’y a pas que des phrases attendrissantes entre les deux hommes, mais bien des caresses, par moment viriles, par moment plus douces. Si on compte le nombre de caresses que Rajesh prodigue à Amar par rapport à Sheila, on est en droit de se poser des questions... Enfin pour quelqu’un qui n’est pas habitué à des démonstrations d’amitié entre hommes selon la conception asiatique, évidemment.

Évidemment aussi que « gay » va fuser rapidement aux lèvres. Et nombre de journalistes occidentaux ont cette facilité. Je rétorquerais que ces derniers n’ont pas compris la beauté d’une amitié telle que nous la voyons... Comme dirait Amar à Rajesh : « tu insultes mon amitié ». En Occident, cela fait rire ce genre de réplique, mais là-bas, nous prenons tout cela très au sérieux. L’amitié, la vraie, c’est à la vie à la mort, et une femme ne peut briser une amitié.

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Une belle déclaration en chanson, va-t-elle aboutir ?


Pour ce qui est de l’action, le film n’en manque pas et met souvent nos deux acolytes dans des situations de luttes dangereuses. Vinod Khanna se montre excellent dans ce domaine. Il paraît dominer son sujet, surtout dans les échanges à mains nues. Évidemment, les combats ne sont pas réglés de la même façon que dans un film de Hong Kong. Les techniques de saisie ou de frappe sont très aléatoires, et l’impact se situe souvent à 30 cm de la victime. Pas très réaliste, donc. Pour compenser ce fait, les Indiens y mettent un son plus fort que celui des Chinois. C’est comme si du bois était cassé à chaque coup ! ;o)) Les Thaïlandais utilisent le même subterfuge. Et pour couronner le tout, comme les Japonais, les Indiens peuvent faire de grands sauts (20 m), tandis que les Hongkongais restreignent cela au wu xia pian. Néanmoins, cela ne gêne pas outre mesure. Et les acteurs brillent quand même d’une certaine classe, surtout quand il s’agit de jouer les gros bras pour Vinod Khanna. ;o) Ils ne sont pas loin du ridicule pourtant.

Feroz Khan, quant à lui, tient bien la route, mais n’est pas aussi lumineux que son compère. Il joue davantage sur l’humour que sur la force. Un humour flegmatique et frimeur que l’on a l’habitude de voir en Occident. Il est en quelque sorte plus occidentalisé, tandis que Vinod Khanna reste « indiennement » dramatique tout en dégageant du charisme. Et il dépasse même de beaucoup Feroz Khan dans nombre de scènes, l’éclipsant totalement par sa présence. Un très grand acteur.

Les scènes de courses-poursuites en voiture sont relativement bien faites. On n’évite pas les scènes comiques du genre le blessé en bandelettes qui se lève pour éviter les voitures. Vues et revues. L’Asie ne semble pas pouvoir se dépêtrer des scènes comiques, malheureusement.

Notons la bonne prestation de Amjad Khan qui joue un flic bien particulier et ne manque pas non plus d’humour.

Zeenat Aman complète le tableau et ajoute la touche féminine qui manque dans cette jungle de virilité. Elle se déploie dans des numéros de danse et de chant ultra rythmés et très avant-gardistes pour l’époque. En dehors de cela, les scènes de chant d’amour n’ont pas de chorégraphie, chose assez étonnante, ce qui rend donc l’atmosphère très sérieuse.

Les chansons se retiennent assez bien et, même après vingt ans, j’arrive encore à fredonner quand l’une d’elles démarre ;o) , preuve de leur qualité et de leur longévité. La célèbre Leila Oh Leila est impressionnante de chaleur ;o) ; on voit même les Claudettes avec leurs grandes bottes ;o) .

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Le triangle de l’amitié


Il reste aussi de ce film la chanson Qurbani (remixée aujourd’hui :o( ) qui célèbre la très belle amitié de Rajesh et d’Amar pour en faire une légende. Et, pour ceux qui aiment ou travaillent cette notion d’amitié, ce film indien est une bonne initiation. Merci à M. Feroz Khan car ce n’est qu’en perdant ce genre de conception de l’amitié que l’on se rend compte à quel point elle est précieuse.

P.-S.

Fiche technique :
Réalisateur, producteur : Feroz Khan
Pays : Inde
Année : 1979
Interprètes : Feroz Khan, Vinod Khanna, Zeenat Aman, Shakti Kapoor, Amjad Khan
Scénariste : K.K. Shukla
Compositeur : Kalyanji Anandji
Paroliers : Farooq Qaiser et Indivar
Durée : 150 min
DVD : Distribué par Eros International

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