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Saawariya

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La bande annonce ainsi que le visuel du film achèvent de me convaincre que je dois jeter plus qu’un coup d’oeil rapide à Saawariya le dernier long métrage du réalisateur de Devdas. On reconnaît tout de suite le parti pris graphique de Sanjay Leela Bhansali. Sur Devdas, ses images dignes de tableaux travaillent à se rapprocher du rendu des oeuvres de grands peintres occidentaux du clair-obscur. En revanche, Saawariya marche plutôt sur les terres des surréalistes ou postimpressionnistes et pour citer un réalisateur occidental dont l’univers est reconnaissable immédiatement, je dirais que Sanjay Leela Bhansali, c’est le Tim Burton indien avec Saawariya !
On le sait déjà, Sanjay Leela Bhansali soigne nonseulement la photo de ses films, mais prête aussi grande attention à la chorégraphie et la musique. Devdas nous a prouvé son savoir-faire et sa maîtrise dans ce domaine. Quant à Saawariya , il attire nos sens comme un bonbon sucré exotique dont le "packaging" ainsi le parfum accroche tout de suite. Et c’est avec une grande impatience que l’on désire déballer la dernière oeuvre de ce cinéaste si particulier.

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Le parapluie, un élément très photogénique...

Saawariya sonne comme un rêve... et nous sommes transportés dans une ville qui n’existe que dans les rêves probablement. Nous allons dans cette ville guidés au doux son de la voix de Rani Mukherjee. Elle nous raconte l’histoire de cette agglomération si triste et de sa rencontre avec un ange. Cet ange que l’amour va foudroyer... Un conte Bollywood, une rareté qui éveille immédiatement la curiosité. Bollywood franchit encore un seuil dans l’art cinématographique et se rapproche en terme de technique cinématographique de ce qui se fait de mieux en occident. Comment cela peut être autrement puisque Saawariya a été tourné dans des studios d’Hollywood situés en Inde et coproduit par la Columbia. Reste à voir qu’elle est la part d’âme de Bollywood dans Saawariya .

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L’horloge des anciens films

Saawariya habité par Rambir Kapoor, fils du célébrissime Rishi Kapoor, nous subjugue. On aimerait bien se promener là-bas, dans la cité et dansant avec lui. Cette présence indiscutable en dit long sur le bras artistique de la famille Kapoor. Il ne fallait pas moins de cette élégance rare pour interpréter un ange des rues. Raj Rambir l’ange sera séduit par Sakina (Sonam Kapoor, issue d’une autre illustre famille d’artistes). Pour entourer ces deux jeunes artistes dans leur première fois, Saawariya fait appel à Rani Mukherjee et Salman Khan (réunis à nouveau par Sanjay Leela Bhansali) .

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Des larmes ou de la poussière d’étoiles ?

L’histoire de Saawariya s’inscrit dans le registre des Bollywood tristes, et sans trop dévoiler les choses, vous pouvez comprendre que vous allez souffrir avec les personnages si vous êtes effectivement pris par l’histoire et par la magie de Sanjay Leela Bhansali. Et l’on doit avouer que la narration en "voix off" de Rani Mukherjee permet de bien entrer dans l’histoire. La mise en scène, le décor, et le charme des acteurs font le reste. Une histoire d’amour comme peuvent la vivre les adolescents ou adultes qui se retrouvent dans la peau de Raj, croisant le grand amour au détour d’un pont. Pris dans la toile amoureuse, ces jeunes coeurs se prennent aussi leur première déception. Le grand amour n’est pas forcément réciproque. Pire l’être aimé s’éprend d’un autre. Quels que soient les efforts et la générosité de coeur déployé, cet amour immense s’abat sur une citadelle qui semble imprenable. Raj, grimpera au donjon les mains nues s’il faut, persuadé que la citadelle n’est pas si haute que cela. Il est persuadé de pouvoir conquérir le coeur de Sakina. Dans cette épreuve, sa candeur et sa verve, emportent depuis longtemps le coeur de Gulabjie, une prostituée désenchantée de la cité onirique jouée admirablement par Rani Mukherjee.

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Rani bien dans son rôle

On ne dévoilera pas davantage la mince intrigue même si vous pouvez vous en douter de l’issue. Sanjay Leela Bhansali va de sa belle broderie pour nous narrer cette histoire.

Ce cinéaste, avec Saawariya devient incontesté dans le domaine de la belle image et de la mise en scène. Il ne filme pas, il peint. Perfectionniste n’est pas un mot de trop... chaque élément du décor s’emboîte parfaitement. Pas une erreur ne s’y glisse. Saawariya rentre dans le cercle très fermé des rares films asiatiques maîtrisant un haut niveau graphique. En Asie de l’Est, d’éminents cinéastes chinois et japonais "trustent" le haut du panier. Sanjay Leela Bhansali les rejoint et s’impose à Bollywood. Il devra y rester pour un bon moment. Saawariya est pour moi, la synthèse bollywoodienne entre la magie de Marie Poppin et la noirceur attirante de Tim Burton. Visuellement impressionnant, Saawariya s’habille en empruntant dans la culture occidentale ses époques romantiques : l’horloge de Londre, l’Italie des gondoles, la France avec son Arc de Triomphe ! (pas romantique pour un sous cette image d’Épinal, mais pourquoi pas ?)

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Un décor soigné

Qu’en est-il de la magie du son ? Là non plus, Sanjay Leela Bhansali ne laisse rien au hasard. Les différentes chansons saupoudrées de culture musulmane offrent une poésie toute particulière. Les pas de danse de Raj complètent l’illusion. Il danse même sur la piste de Hritik Roshan, comprendre par là, que ses mouvements de hanche sont impressionnants ! Quand à la mélodie des chansons, on apprécie d’être en terrain connu avec les rythmiques qui ont bercé nos oreilles. Réussies et faciles à retenir, l’emprunte des mélodies restent longtemps après. Il est surprenant que Saawariya soit une ville "entièrement" mulsumane. En générale, nous avons affaire à des films qui mélangent habilement l’Hindouisme et l’Islam. Ici, le film ouvre sur une prière " Allah Akbar"... la très belle chanson Masha Allah, nous emporte dans son étreinte mélancolique. Si la rumeur dit que Saawaryia est une histoire d’amour entre un jeune garçon de religion hindouiste et d’une musulmane, dans les faits, on ne sait pas vraiment si Raj est hindou ou pas. Cependant Saawariya , nom ou qualificatif qui semble lui aller comme un gant, représente le dieu Krishna dans un état d’amour particulier, celui de l’amour absolu.

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Venise en Bollywood

Toute cette beauté fait-elle un bon film ? On est enclin à dire que oui. Néanmoins, malgré cette richesse visuelle et la maîtrise technique, il demeure, qu’on reste un peu sur sa fin. Peut-être à cause justement de cette qualité qui nous force à attendre mieux de l’histoire. Nous souhaitons être touchés au plus profond de notre coeur. Ce n’est pas forcément le cas même si par moment l’émotion perle, notamment dans les scènes avec Lilipop, la vieille dame de l’hotel. On se croirait presque dans le Bollywood d’antan, celui qui nous tire les larmes par sa grâce et sa bonté. La texture des chansons sonne aussi très classique, ce qui n’est pas un mal pour qui apprécie encore les vieux sons des tambours, clochettes, sitar... et surtout des chansons tristes qu’on n’avait pas vu depuis un moment cédant leur place à des chansons estampillées "dance" très utiles pour s’éclater en boîte. Malgré leur talent, les deux jeunes acteurs ne convainquent pas. Peut-être qu’on a assez des histoires impossibles et de personnages enfermés dans leur certitude. Raj, très moderne contraste avec Sankina qui se fige dans la vieille tragédie "moi voit, moi aimer, moi pas changer d’avis". Raj est quelqu’un de plus moderne, sûr de lui mais qui fait aussi des erreurs par amour. Il est parfois même très en avance par rapport à son environnement. Pour preuve cette danse lassive devant sa fenêtre en exhibant sa virilité. Une scène qui détonne dans un film qui vogue plutôt du côté de la tragédie. Une scène qui peut choquer le tout Bollywood. En tout cas, elle me choque dans le contexte. Si Bollywood a rejeté ce film, il brille déjà en occident. Quelques journaux anglais ont bien apprécié. La fin du film se montre très inattendue, à saluer fortement. Je vous incite à ne pas lire les résumés et à attendre jusqu’au "The End" pour mieux l’apprécier à sa juste valeur. Malgré tout, il manque un supplément d’âme pour faire de Saawariya un grand film, car tout y était, acteurs, décors, musique, maîtrise de tous ces éléments...

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Qui succombe à quoi...

La bande annonce :

Quelques paroles de la très belle chanson Masha Allah :

"Allaaaahhh...Allaaahhhhhhhaaahh
Gum Sum Chaandni Ho Naazni Ho
Ya Koi Hoor Ho
Dil Nashin Ho, Dil Kashin Ho
Ya Jannat Ka Noor Ho
Masha Allah, Masha Allah, Masha Allah
"

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Réalisateur : Sanjay Leela Bhansali
Pays : Inde
Année : 2007
Interprètes : Salman Khan, Rani Mukherjee, Ranbir Kapoor, Sonam Kapoor
Scénario : de Prakash Kapadia inspiré d’une nouvelle de Dostoïevski, intitulée Les nuits blanches
Directeur de la photographie :Ravi K. Chandran
Chorégraphie : Pappu-Mallu, Ganesh Hegde & Shiamak Davar
Musique : Monty Sharma
Sanjay Leela Bhansali
Composition : Sameer, Nusrat Badr & Sandeep Nath
Producteurs : Sanjay Leela Bhansali, Columbia Tristar & SLB Films
Durée  : 128 min
Support : Cinéma en inde, en Angleterre et à Montréal.

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