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Sakura No Kage/L’Ombre du cerisier

Sakura No Kage/L’Ombre du cerisier

L’avis de Laurent : Pierre, un tueur à gages taciturne, est envoyé au Japon pour retrouver son ancien employeur, Okayama. Le scénario est certes classique, mais la principale originalité de Sakura No Kage réside dans sa double nationalité : film à petit budget produit par la France et le Japon, c’est aussi un film bilingue ou, plus précisément, qui alterne le français et le japonais, le tournage s’étant effectué dans les deux pays.

C’est, de plus, en co-réalisation avec le cinéaste indépendant japonais Hiroshi Toda (September Steps), le premier film du Français Guillaume Tauveron. Mais s’il est d’une qualité rare pour un premier long métrage (après pas mal de courts, tout de même), le film ressemble avant tout à une œuvre du plus expérimenté Toda : hiératique, contemplatif, quasiment muet. Sakura No Kage comporte tous les ingrédients classiques d’un film d’auteur typiquement japonais, sauf qu’ici la trame policière ainsi qu’une glaciale galerie d’acteurs, à commencer par Tauveron lui-même dans un rôle de tueur aussi stoïque que Delon dans Le Samouraï de Melville (autre Français passionné par le Japon), nous intriguent assez pour nous intéresser à ce film de genre auteurisant pendant une heure et quart.


On peut remarquer que le film ne traite pas exactement d’un choc des cultures, mais au contraire d’un échange culturel entre les deux pays ; un parti pris louable, traité toutefois avec maladresse (le tueur à gages lit du Mishima alors qu’une Japonaise francophone clame au héros son amour pour l’Hexagone). Mais au sein de la collaboration Toda-Tauveron, il est probable que le Français apprécie beaucoup le Japon et son cinéma, et le montre dans le style narratif du film ainsi que dans l’impassibilité du protagoniste qu’il interprète, qui rappelle la froideur des héros de films de yakusas nippons comme, toutes proportions gardées, l’acteur-réalisateur Kitano à ses débuts.


Il est également dommage que le film ne soit pas un peu plus ample, on aurait aimé développer un peu les personnages qui n’ont pas le temps d’exister pleinement devant la caméra. Heureusement, l’intense bande-son, naviguant entre piano minimaliste et trip-hop planant, redonne du corps à ce film désincarné et en fait l’un des meilleurs de Toda, un an seulement après son poignant Spring in a Park.

La note de Laurent : 6,5/10

L’avis de Gorkita : Hiroshi Toda est un réalisateur indépendant. Il signe pourtant ici une œuvre à quatre mains, co-réalisée par Guillaume Tauveron dont c’est le premier long métrage. Ce dernier est également l’acteur principal et le scénariste. Quasiment une affaire de famille donc, d’autant que les autres acteurs sont tous des habitués des réalisations de Toda, comme Yoko Kitamura, le personnage principal féminin vue dans Snow in Spring. On retrouve aussi dans un tout petit rôle l’excellent Shoji Yamada (September Steps).

Le film est tourné avec très peu de moyens et dans une grande spontanéité : entre le début de l’écriture du scénario par Tauveron et la fin du tournage de la partie japonaise, seuls deux mois s’écoulent. L’utilisation de la vidéo numérique HD renforce cette liberté de création. Comme l’indique le réalisateur, il arrivait qu’une scène soit filmée sous l’emprise d’une inspiration subite apportée par un lieu. Réduite au strict minimum, l’équipe est prête à tourner en 5 minutes. Pas de travelling donc, ni de louma : une réalisation ultra-minimaliste qui, combinée à des prises de son directes et à des lumières naturelles, n’est pas loin de faire penser au dogme de Lars Von Trier... Allant plus loin encore dans le dépouillement, l’oeuvre est quasiment dépourvue de dialogues, les auteurs préférant s’exprimer à travers les images et les atmosphères, laissant ainsi une plus grande place à la sensibilité du spectateur.



Les partis pris de minimalisme et de lenteur, pourtant habituels des films de Toda, sont parfois ici un peu pesants. Peut-être est-ce dû à une histoire plus linéaire et classique que celles des autres oeuvres de Toda. Les paysages muets de Clermont Ferrand ou de Kyôto ont du mal à susciter la froide poésie qu’éveillaient les images de Snow in Spring, par exemple.

Près d’un an après la fin du tournage, Tauveron, insatisfait du montage, le reprend totalement. Des scènes supplémentaires sont également tournées. Entre temps, le film est sélectionné pour le festival Montréalais Fantasia 2007. Le montage enfin achevé, c’est donc une version totalement repensée qui est présentée en première mondiale au festival le 16 juillet. Le temps nous dira les suites et l’accueil réservés à ce film d’auteur unique et sans concession.

La note de Gorkita : 5,5/10

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Réalisation : Hiroshi Toda, Guillaume Tauveron
Pays : Japon, France
Année : 2007
Interprétation : Guillaume Tauveron, Yoko Kitamura, Meguro Yukako, Shinichi Okayama, Shoji Yamada, Hiroshi Toda
Scénario : Guillaume Tauveron, Hiroshi Toda
Image : Hiroshi Toda
Montage : Hiroshi Toda, Guillaume Tauveron
Production : Guillaume Tauveron
Durée : 72 min
Support : ciné

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