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Salaam Namaste

Salaam Namaste

Prenez un scénario universel, choisissez d’excellents acteurs, ciselez finement les dialogues, mixez avec une bonne dose d’humour, parsemez de quelques scènes ouvertement comiques, placez le tout dans un moule international et faites monter doucement l’émotion...

Ambar (Preity Zinta) et Nick (Saif ali Khan) vivent seuls à Melbourne. Elle est étudiante et animatrice de la radio locale Salaam Namaste, il est cuisinier. Ils sont dotés chacun d’une forte personnalité pour ne pas dire un sale caractère, et tombent amoureux presque malgré eux, tout en restant l’un et l’autre farouchement opposés à l’idée de mariage.


Nick parvient cependant à convaincre Ambar de donner une chance à leur couple, en emménageant ensemble (dans un appartement de rêve) mais... en gardant chacun sa chambre ! Ce qui fait mourir de rire leurs meilleurs amis récemment mariés pour le meilleur...et plus souvent pour le pire.

Evidemment Ambar et Nick ne tardent pas à faire chambre commune, évidemment Ambar est rapidement enceinte, et voici nos tourtereaux confrontés à des questions existentielles dont ils se seraient bien passés, surtout Nick qui ne supporte pas les enfants.

Salaam Namaste propose un scénario classique directement inspiré de Neuf mois, mais qui arrive à trouver un ton qui lui est propre. Le film est assez étonnant si on le place dans la perspective Bollywood, et notamment en regard de Kya Kehna, sorti en 2000, qui réunissait déjà Saif Ali Khan et Preity Zinta sur une idée similaire : un jeune couple, la jeune fille enceinte, le jeune homme qui se défile... Dans Kya Kehna, qui se déroule en Inde, les deux jeunes gens sont très entourés par leurs familles et soumis aux décisions parentales ; l’oprobe sociale tombe lourdement sur Preity et sa famille, le combat de la jeune femme pour défendre sa dignité est le sujet central du film. Dans Salaam Namaste, rien de tout cela : pas de famille, un cadre occidental, le jeune couple se trouve confronté à des choix individuels, mais jamais au jugement de la communauté, plutôt complice. Six ans seulement séparent ces deux films, alors qu’ils semblent être de générations différentes. On peut y voir une certaine évolution des mentalités, quoique... le réalisateur a soigneusement évité de situer le film en Inde, et même de donner une couleur indienne au film : pas un seul sari à l’horizon, si les NRI (Non Resident Indian : Indiens vivant à l’étranger) de Melbourne écoutent la radio indienne d’Ambar et fréquentent le restaurant indien de Nick, s’ils parlent encore hindi (ou plutôt hinglish), rien dans leur apparence ni dans leur comportement ne souligne leur origine.

Salaam Namaste est donc très proche d’un film occidental, un peu décevant si on cherche un « vrai Bollywood », mais agréable à regarder pour ce qu’il est : une sympathique comédie, qui réussit à créer l’émotion grâce à la pertinence des dialogues d’Abbas Tyrewala et au jeu de Saif Ali Khan et Preity Zinta. Leurs personnages ne sont pourtant pas des « gentils heros », ils sont plein de défauts, parfois insupportables, à côté d’eux Hum et Tum sont de grands romantiques. Mais si Preity piaille un peu trop à mon goût, elle est très juste dans la facette plus grave de son personnage, et si Saif abuse des « oh crap ! », il parvient à transmettre d’un regard ses doutes, sa lâcheté... et son amour pour Ambar.

Ils ont tous les deux beaucoup de charme, Saif a dû investir dans la musculation, car son torse (abondamment exposé) vaut bien celui de Salman. Preity n’a jamais été aussi jolie, est-ce dû au maquillage, à la coiffure, au talent du directeur de la photographie, à la direction d’acteur ? difficile à dire, mais elle a ici bien plus de charisme que dans Veer Zaara. En tout cas ce n’est pas leur garde-robe qui met les acteurs en valeur, rarement dans un film j’ai vu autant de scènes en caleçons et tee shirts ! (décidément je préfère les saris).

Si Salaam Namaste résiste assez adroitement aux clichés sentimentaux et au mélodrame, on ne peut pas en dire autant des scènes de comédie, où l’on plonge dans un « gaguesque grotesque » digne des films de Dhawan (réalisateur de Maine Pyar Kyun Kiya), entre le couple ami (dont Arshad Varsi) en perpétuelle dispute, le personnage surréaliste du propriétaire (Javed Jaffrey), et une scène d’accouchement copiée plan par plan sur celle du film Neuf mois, où seule la « special appearance » d’Abhishek Bachchan vient apporter une touche d’inattendu.

Il s’agit du premier film de Siddarth Raj Anand, assistant-réalisateur de Kunal Kohli sur Hum Tum. Le jeune réalisateur (et son producteur Aditya Chopra ?) auront sans doute voulu, avec ces scènes comiques qui plaisent tant au public, assurer le succès du film au box office. Le film a d’ailleurs fait une carrière honorable, il a été classé « super hit » hors Inde, et « hit » dans les grandes villes du Nord de l’Inde.

Côté musical, les mélodies de Vishal-Shekhar sont à l’image du film : ni vraiment indiennes ni franchement mémorables, mais consommables, sympathiques , bien rythmées, et très hinglish. Un clip avec une chorégraphie de groupe filmée sur une plage rappelle fortement Saathiya, deux autres thèmes ponctuent agréablement le film : My dil goes mmmmm, plutôt romantique et Salaam namaste plutôt tonique. J’ai particulièrement apprécié Tu Jahan, plus classique, qui m’a rappelé (thème, musique et mise en scène) Main yahaan hoon de Veer-Zaara.

Salaam Namaste n’aura donc pas la palme de l’originalité, mais il surfe agréablement sur la vague de Kal Ho Na Ho et surtout de Hum Tum, offrant un divertissement situé « overseas » qui s’adresse aux NRI et aux jeunes urbains et se rapproche plus du mode de vie occidental que des valeurs indiennes. Mais il serait dommage de laisser de côté ce film où humour et sensibilité font bon ménage, et où Saif Ali Khan et Preity Zinta offrent une belle performance d’acteurs.

P.-S.

Réalisateur : Siddharth Anand
Pays : Inde
Année : 2005
Interprètes : Saif Ali Khan, Preity Zinta, Arshad Warsi, Jugal Hansraj, Tania Zaetta, Javed Jaffrey
Scénariste : Abbas Tyrewala
Directeur de la photographie : Ahmed Khan
Compositeur : Vishal-Shekhar
Parolier : Jaideep Sahni
Producteurs : Yash Raj Productions
Durée : 3heures
Support : DVD VO sous titré en anglais et en français (sous-titrage français à la syntaxe approximative, mais plutôt correct dans l’ensemble)

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