Accueil > Articles > Sarkar

Rubriques

Articles

Sarkar

Sarkar

La trilogie cinématographique Le Parrain
(The Godfather) réalisée par Francis Ford Coppola, a marqué plus d’un réalisateur et acteur indiens. Au cours de ces trente dernières années, un grand nombre de films s’en sont plus ou moins inspirés. On se souvient notamment de Nayakan, interprété par Kamal Hassan et réalisé par le non moins excellent Mani Ratnam. Mais aucun de ces films ne fut une véritable adaptation du Parrain. C’est chose faite désormais grâce à l’audace d’un réalisateur que rien n’arrête : Ram Gopal Varma.
Ce dernier n’a pas hésité à faire le remake indien du premier volet de la fameuse trilogie.

Sarkar est son troisième film sur le thème de la Mafia. Sans être une suite, il vient s’ajouter à Satya et Company.
- Satya le plus sombre de cet tryptique, est l’histoire tragique d’un homme seul et énigmatique, évoluant dans le monde cruel de la mafia indienne sans pouvoir y échapper.
- Company décrit avec précision son fonctionnement, l’histoire de deux hommes évoluant dans ce milieu, qui finissent par s’opposer avant d’aboutir à un point de non retour.
- Sarkar quant à lui brosse le portrait d’une famille, d’un clan dirigé par un homme à la personnalité ambiguë, qui malgré son expérience deviendra avec les siens la victime de l’univers où il évolue.

A travers ces trois films, Ram Gopal Varma nous dépeint, avant tout, des êtres humains réalistes, avec leurs qualités et leurs défauts, mais qui évoluent dans un monde sans pitié où on ne peut se permettre la moindre faiblesse et où le mot confiance n’a guère de valeur.
On est donc spectateurs d’une véritable tragédie humaine et c’est ce qui donne à cette trilogie cinématographique, tout son intérêt. Des trois films, Sarkar est peut-être celui qui illustre le mieux cette idée. Selon Varma lui-même, c’est également le film le plus abouti.

Avec Sarkar, Ram Gopal Varma a réalisé un de ses rêves les plus chers et par la même occasion celui d’un autre grand fan de la trilogie de Coppola : Amitabh Bachchan lui-même. C’est un film fait avec amour et passion... et cela se voit à l’écran !

Sarkar est un film complet où rien n’a été laissé au hasard.
Preuve en est lorsqu’on jette un coup d’œil sur son scénario. Au lieu de reprendre l’ensemble des intrigues qui constituaient le film de Coppola, Varma se contente d’en exploiter la trame de base servant de fil conducteur : le complot visant à détruire Sarkar et les siens. Les conséquences aboutissent à l’autre thème du film, l’unité familiale. Le complot la met en péril, déstabilisant le pouvoir du Sarkar.
En procédant à un lifting scénaristique, Varma nous offre un film d’une fluidité absolue, sans aucun temps mort et qui accroche le spectateur dés le début, sans même avoir recours à des scènes d’action. La durée du film en devient tout à fait raisonnable pour un long-métrage de ce genre : deux heures seulement ! Et sans chanson s’il vous plait ! Par ailleurs, le scénario a été écrit de telle manière que chacun des deux Bachchan se partagent équitablement la vedette ; le père dans la première partie et le fils dans la deuxième.

JPEG - 13 ko
Le parrain

Amitabh Bachchan trouve ici un rôle à la mesure de son immense talent.

JPEG - 9.1 ko
Subash Nagre alias SARKAR

Il offre aux spectateurs une composition d’une justesse dont lui seul a le secret. En fait, avec du recul, et après avoir découvert le personnage qu’il incarne, Subhash Nagre alias Sarkar, on réalise que « Big B » repousse à nouveau les limites de son jeu d’acteur. Il a souvent joué les parrains de la mafia indienne. On l’a vu, en 1978, dans la peau du Don, classe et implacable. Presque une décennie après, dans le rôle d’un parrain névrosé et suicidaire dans Agneepath (rôle pour lequel il obtint même un National Award). Au début du nouveau millénaire, dans celui d’un parrain infantile dans Boom, plus récemment, dans Family, où son rôle de parrain est le plus sombre qui soit, cruel et sanguinaire.
Dans Sarkar, son personnage est une fois de plus interprété différemment. Il arrive à lui insuffler une sensibilité complexe, proche de l’image du Mahatma Gandhi, à la fois humble, sage, altruiste et charismatique.

JPEG - 9.8 ko
Le saint homme de la pègre

Dans ce film, Subhash Nagre est le parrain le plus puissant de la mafia de Mumbai.

JPEG - 9.6 ko
La force tranquille

Il est craint par ses ennemis qui ne rêvent que de se débarrasser de lui. Il se sert de sa puissance pour aider ses concitoyens les plus démunis. Il se substitue littéralement au véritable gouvernement, tout comme le fait, dans la réalité, Bal Tackeray, le très controversé et puissant chef d’un important parti nationaliste hindou, qui contrôle Mumbai d’une poigne de fer. Le personnage de Subhash Nagre est fortement influencé par cette personnalité, auquel Amitabh Bachchan finit par ressembler, sous la direction d’acteur de Ram Gopal Varma. Celui ci voue une grande admiration à Bal Tackeray, considéré par de nombreux indiens comme étant le vrai maître de Mumbai.
Amithabh Bachchan utilise, ici, sa voix de baryton impressionnante afin d’amplifier le charisme impérial du personnage qu’il interprète. Il démontre une nouvelle fois qu’un grand acteur se différencie des autres en sachant poser sa voix sur son texte.

JPEG - 13.2 ko
Père
JPEG - 10.7 ko
et fils

Ceci étant dit le « Shahenshah » de Bollywood se fait détrôner ici, au sens propre comme au figuré, par son propre fils : Abhishek Bachchan.
Ce dernier crève l’écran !

JPEG - 12.3 ko
L’héritier
JPEG - 10.1 ko
Haine et vengeance

Sarkar est à Abhishek ce que Sholay est à Amitabh : le film tournant de sa carrière, un tremplin pour la gloire.

JPEG - 13.8 ko
Tension fratricide

C’est avec Sarkar que Bachchan Jr a été propulsé au rang de superstar !
Abhishek interprète Shankar Nagre, le fils de Subhash. Son personnage est directement influencé par celui de Michael Corleone, incarné par Al Pacino dans Le Parrain. Bachchan junior développe, dans ce film, un jeu d’acteur qui n’est pas sans rappeler celui de son père dans des films comme Deewar, Kalla Pathar, Shakti ou Don. Il adopte, effectivement, une sobriété et une retenue de jeu, qui donnent une grande profondeur à son personnage. Abhishek y interprète son rôle avec un naturel et une aisance déconcertants. Tout comme son père, son jeu est toujours juste, avec le ton adéquat. C’est à croire qu’il ne joue pas : il est le personnage.
Enfin, la frontière entre la fiction et la réalité semble fusionner de façon troublante. La relation que partagent Amitabh et Abhishek, trouve ici une étrange et intense résonance dans la relation père-fils que partagent leurs personnages respectifs.

JPEG - 5.7 ko
Main dans la main

L’autre élément qui contribue à l’efficacité du scénario réside dans ses dialogues. Ils sont ciselés au millimètre près afin de faire mouche à chaque fois, quitte à ce que la réplique prononcée se limite à un mot. Varma a eu ici l’intelligence de mettre en valeur tous les dialogues de ses personnages en évitant justement de rendre son film trop bavard. Il parvient à marquer le spectateur qui ne peut s’empêcher de savourer ce qu’il voit et surtout ce qu’il entend.
Le « NO » prononcé par Abhishek ou le « AB » prononcé par Amitabh (dont c’est le dernier mot dans le film, et qui signifie : « maintenant ») sont deux des exemples qui illustrent cette efficacité.

L’autre point fort réside dans les personnages qui jouent les « méchants » du film. Alfred Hitchcock disait que pour faire un bon film il faut avoir un méchant réussi.

JPEG - 10.2 ko
Le ministre
JPEG - 13.9 ko
Silver Mani , le caïd de Chennai
JPEG - 9 ko
Rashid, celui par qui tout arrive

Comble du bonheur ! Dans Sarkar, ils le sont tous.

JPEG - 14 ko
Le syndicat du crime
JPEG - 15.2 ko
Bad guys

L’un des plus réussis étant sans doute Vishnu Nagre, l’autre fils du Sarkar, brillamment interprété par Kay Kay Menon. Sans doute le personnage le plus complexe du film. Perdu entre sa quête de reconnaissance vis-à-vis de son père, sa jalousie envers son frère, ses obsessions charnelles et son incapacité à gérer sa propre famille...

JPEG - 10 ko
Vishnu Nagre, le fils maudit

Ce personnage sombre et faible finira par devenir une arme fatale. Son entrée en scène est saisissante !
Kay Kay Menon, dès son apparition, arrive à faire frissonner le spectateur
en jouant (les gros plans aidant) sur un regard malsain, froid et vicieux.

Les personnages féminins sont secondaires mais n’en sont pas moins importants.
En effet, la famille du Sarkar est principalement composée de femmes. On y retrouve l’épouse de Subhash Nagre (Supriya Pathak), Avantika (Tanisha), la fille qui était initialement promise à Shankar Nagre, Amrita (Rukhsar) l’épouse délaissée de Vishnu Nagre. Celles-ci, bien que conscientes d’évoluer dans un milieu pas très sain, sont toutes honnêtes et ne se mêlent pas des affaires mafieuses du clan. C’est ce qui rend la famille de Subhash Nagre suffisamment humaine pour qu’on puisse s’y attacher.

JPEG - 8.6 ko
La femme amoureuse
JPEG - 12.7 ko
Mme NAGRE, l’épouse du Sarkar

Cependant, un personnage féminin sort du lot. Celui de Pooja, la petite amie de Shankar Nagre, interprété par la très jolie Katrina Kaif. Ses apparitions face à Abhishek Bachchan, bien que brèves, marquent les esprits. Une actrice au talent prometteur si elle est bien dirigée.

JPEG - 10.3 ko
La petite amie de Shankar

La performance irréprochable de l’ensemble du casting du film illustre clairement le savoir-faire de Ram Gopal Varma, non seulement en tant que réalisateur, mais surtout en tant que directeur d’acteurs.

La photographie n’est pas en reste et contribue également au succès du film.
L’utilisation constante de la lumière naturelle combinée avec un contraste des ombres poussées à l’extrême, illustre avec subtilité l’univers glauque de la mafia indienne. Les personnages négatifs sont aussi superbement mis en avant grâce à cette utilisation des ombres et des contre-jours. Enfin, cette photographie met magnifiquement en valeur les scènes de non-dits où seuls les regards des comédiens s’expriment.
Mais ces images ne seraient rien sans la musique de fond. Celle-ci capte l’attention et hypnotise de façon subliminale le spectateur. Cette musique est en fait un personnage en soi. Elle est l’âme du film. Elle le personnifie.

JPEG - 15.7 ko
Assassinat en règle

Cette fusion harmonieuse entre la musique et l’image est le fruit d’un montage impeccable.
Sarkar bénéficie en effet d’un montage ultra efficace permettant de varier le rythme du récit, occultant les longueurs et les temps morts. La fluidité du scénario en est ici complètement valorisée . Ram Gopal Varma utilise ponctuellement un montage en parallèle, où le spectateur assiste à deux actions simultanément, par exemple la scène particulièrement réussie de l’assassinat en public d’un politicien qui a lieu au moment même ou Sarkar exprime à son clan l’estime et la sympathie qu’il ressent pour cet homme.

JPEG - 12.2 ko
Ultime face à face
JPEG - 13.8 ko
Le bien, le mal

Sarkar est très prenant. Dès que vous le regardez, vous ne pouvez plus décrocher. C’est le genre de film que l’on peut revoir sans problème.
Le public occidental réfractaire aux films musicaux indiens, serait agréablement surpris par cette production qui mérite clairement une exploitation dans les salles occidentales. En France, une distribution intelligemment orchestrée pourrait éventuellement créer la surprise au box office.
De plus, ce long métrage donne une image beaucoup plus réaliste de l’Inde moderne et urbaine d’aujourd’hui que la plupart des films de Bollywood. Il pose également les bonnes questions sur l’efficacité d’un contre pouvoir dans un pays déjà corrompu à outrance.
On peut, sans exagérer, affirmer que SARKAR est un remake réussi de THE GODFATHER. Ram Gopal Varma a su habilement revisiter et indianiser un des monuments du cinéma mondial.
Sarkar 2 est déjà prévu en Inde , toujours réalisé par Ram Gopal Varma et toujours interprété par le nouveau duo préféré des Indiens : les Bachchan père et fils. La cerise sur le gâteau serait l’arrivée d’Aishwarya Rai au casting. Espérons que cette suite sera à la hauteur de ce premier opus !

JPEG - 7.7 ko
Tuer ou être tué.

P.-S.

Fiche technique
Réalisateur : Ram Gopal Varma
Pays : Inde
Année : 2005
Interprètes : Amithabh Bachchan, Abishek Bachchan,
Kay Kay Menon, Supriya Pathak, Rukhsar, Katrina Kaif,
Tanisha, Anupam Kher, Srinivasa Rao Kota, Zakir Hussain
Scénariste : Manish Gupta
Compositeur : Amar Mohile
Directeur de la photographie : Amit Roy
Monteurs : Amit Parmar, Nipun Gupta
Producteurs:Parag Sanghavi , Ram Gopal Varma
Durée : 2h00
Support : DVD Eros, en hindi, sous-titres anglais,
français, grand écran anamorphosé 16x9, Dolby numérique
5.1, NTSC toutes zones

Quelques infos :

- Il faut savoir que le scénario THE GODFATHER a déjà inspiré VARMA dans un autre de ses films datant de 1993 et intitulé : Gaayam. Ce film bénéficiait d’un scénario co-écrit par Ram Gopal Varma et Mani Ratnam.
Sarkar serait donc également, d’une certaine manière, un remake de Gaayam.

- Pour Amitabh Bachchan, l’entrée en scène de Kay Kay Menon dans ce film est une des entrées en scène les plus réussies jamais vues dans un film hindi.

- On remarque dans un petit rôle une des nouvelles égéries de RAM GOPAL VARMA, il s’agit de la jeune et sexy NISHA KOTHARI. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si elle est présentée dans Sarkar comme étant une jeune actrice débutant dans son premier film.

Article précédent | pret immobilier
Golmaal, Fun Unlimited.

Article suivant | credit immobilier
The Host


Dans la même rubrique

My Name Is Khan
My Name Is Khan
Ong Bak 2
Ong Bak 2
IP MAN
IP MAN
Chocolate
Chocolate
La Momie - La Tombe De L'Empereur Dragon
La Momie - La Tombe De L’Empereur Dragon

Sur le Web : S'informer sur les conditions d'obtention de votre credit immobilier reste la première action à entreprendre avant d'aller consulter un courtier en pret immobilier afin de négocier le meilleur taux en connaissance de cause. Votre bien immobilier constitue l'investissement le plus important de votre vie. En cas de surendettement, plusieurs solutions de rachat de crédit ou de Crédit hypothécaire peuvent être envisagées. Le référencement naturel dans le secteur immobilier ainsi que du prêt immobilier a donné beaucoup d'abus. C'est de bonne guerre, le référencement payant est si prohibitif.

Articles les plus populaires

Shutter
Shutter
Dor
Dor
King Naresuan