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Sars Wars (Khun Krabi)

Sars Wars (Khun Krabi)

Les ovnis cinématographiques sont légion en Asie. Le STARS WARS de Thaïlande revendique le statut de dernier rejeton le plus bizarre ! Les vendeurs de DVD en Thaïlande le déclarent « best seller », même si les avis sont parfois partagés. En tout cas, si vous lisez le titre du film, cela ne manque pas de culot. On penserait tout de suite à un clone asiatique de Star Wars d’autant plus que la jaquette montre un homme brandissant une espèce de sabre laser ! L’intérêt pourrait s’émousser très vite si ce n’était qu’une vulgaire copie de La guerre des étoiles de Lucas. Pourtant, le mot « SARS » devrait nous mettre la puce à l’oreille. Et en effet, comme on va le voir, c’est bien une guerre contre les bestioles.

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Un nouveau maître pour sauver l’humanité
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Accompagné de son disciple

Les premières minutes nous emmènent à une conférence où une ministre du gouvernement thailandais s’exprime face à la presse. Elle (Noawarat Yooktanun, une grande actrice des années 80) nous clame haut et fort que le virus SARS niveau de virulence 4 ne passera pas en Thaïlande. On se croirait vraiment dans une suite de L’armée des morts ! Et on se met à sourire. Le générique de début nous invite dans une espèce de dessin animé à la japonaise montrant deux hommes combattre à l’épée des morts-vivants (très européens, d’ailleurs). Un maître et son disciple. Cela nous pose d’emblée dans un film de légende où on pourrait penser que Sars Wars serait l’adaptation d’une B.D. Cette impression tombe très vite quand des éléments d’humour se répandent à toute allure tout au long des scènes. Sars Wars est donc un clone de Star Wars avec une grande touche de zombies. Vous me suivez ? Non ? Ce n’est pas grave. Apparemment, il n’est pas dans les intentions des auteurs de garder une ligne de conduite sobre et cohérente, loin de là.

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Où est passé l’autre bout du chat ?

L’humour, comme on peut le constater, est omniprésent malgré le drame que l’on peut imaginer quand une armée de morts-vivants vous poursuit pour se repaître de votre chair. Évidemment, la première personne qui a contracté le virus fou est un Occidental ! Approche basique de l’humour « raciste » même si ce n’est pas bien méchant. Les références cinématographiques ne s’arrêtent pas là. Vous l’avez compris, les auteurs possèdent une grande culture du cinéma populaire mondial et nous le montrent. À l’instar de Tarantino, ils vont injecter dans leur film une écolière typiquement japonaise (c.-à-d. chemise blanche et jupe rayée) même si elle est d’origine sino-thaïlandaise. Pourquoi Chinoise ? Simplement parce que les Chinois sont considérés comme les riches marchands en Thaïlande, et il est d’usage d’en faire des sujets de farces. Pour mettre à mal la jeune fille, une bande de gangster « loosers » typiquement thaïlandais l’enlève pour faire chanter son riche père (une espèce de caïd chinois « honnête ») qui, bien entendu, va faire appel à un justicier. Celui que l’on a vu massacrer les morts-vivants dans le générique et - ô surprise - le personnage est tenu par Thep Pho-Ngahm du film Killer Tatoo (il jouait le tueur Patte Folle Buffle Revolver), pour ainsi dire, le « Sim » thaïlandais. Là encore, il traîne son handicap et campe un maître tout droit issu d’un manga ou d’un japanime. Ce maître sera accompagné d’un disciple, Khun Krabi [1], directement sorti d’un wu xi pian avec son langage châtié d’artiste martial.

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Le mal est virulent

Le mélange des genres détonne, mais fonctionne comme par miracle ! Les situations comiques sont hilarantes et bien amenées. Les gags potaches visuels et verbaux ras de terre touchent néanmoins leur but. On se roulerait de rire. Et si on comprend le thaï, les variations dans le registre de langage (plus doublé que joué, ce qui rappelle furieusement les films chinois de sabre doublés en thaï) accentuent d’autant plus le côté drolatique des personnages. Et ces derniers sont censés jouer des figures très sérieuses, voire dramatiques, puisque nous sommes dans le cadre d’un film d’horreur. Il n’y a vraiment pas de trouvailles particulières dans les scènes, mais la simplicité avec laquelle elles sont montées fait beaucoup de tort à nos muscles zygomatiques.

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L’armée des morts...

Omniprésent, donc, cet humour qui s’enchaîne sans vraiment nous laisser un temps mort. Il serait tentant de vous raconter toutes ces situations absurdes et tordantes, mais cela serait vous gâcher la surprise de ce film vraiment poilant. Techniquement, les images plutôt lugubres, parfois un peu « bruitées », maintiennent tout de même une atmosphère un peu angoissante. Même si nous sommes dans un film comique, rien n’a été édulcoré. Le sang coule à flot, et les morts tombent par dizaine... et se relèvent plus vociférants que jamais ! Les effets spéciaux numériques sont à peu près au point ainsi que le maquillage et les moulages en latex. Cela n’égale pas le travail américain, mais les Thaïlandais n’ont pas à en avoir honte. Ces effets « honnêtes » servent bien l’histoire, et c’est l’essentiel. Une histoire qui part dans tous les sens et dont nous ne sommes jamais vraiment sûrs de l’issue. Il faut reconnaître que les scénaristes se sont donnés du mal. Nous sommes tiraillés entre des moments graves, voire tragiques, illustrés par une musique romantico-nostalgique (empruntée à Koo-Kum, une très célèbre série télé [2]), et d’autres endroits plus énergiques, scandés par la guitare électrique style hard rock. De quoi ravir tout le monde.

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Je suis là pour vous protéger !
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Une nouvelle thérapie de la doctoresse ?

Ce film déjanté et fou ne plaira peut-être pas à tous. Il faut posséder certaines références pour pouvoir rire à gorge déployée. Pour ma part, j’ai été comme sous le choc, je ne m’attendais pas à une telle maîtrise par des Thaïlandais d’un genre qui est plutôt attribué aux États-uniens. Sars Wars (ou Khun Krabi) est un « scary movie » thaïlandais qui recycle les dernières productions américaines ou asiatiques. De Anaconda à Resident Evil en passant par Kill Bill, Star Wars, Sex and Zen, Tigre et Dragon et Le secret des poignards volants - qui n’est pas épargné non plus -, tout en se moquant de tout le romantisme thaïlandais et hongkongais (coup dur pour les ménages), Sars Wars donne une lecture verticale (voire diagonale) de ce que l’on a l’habitude de regarder en horizontale, et c’est plutôt désopilant. Déjà culte dans ton salon !

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Du romantisme... (?)

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Réalisateur : Taweewat Wantha
Pays : Thailande
Année : 2004
Interprètes : Thep Pho-Ngam, Suppakorn Kitsuwan, Phinlusuda Tunphairso, Lena Christensen, Somlek Sakdikul, Andrew Biggs, Naowarat Yooktanun
Scénaristes : Taweewat Wantha, Kuanchon Phemyad, Uncle, Sommai Lert-Ulam
Directeur de la photographie : Gharuay Thanaplum
Directeur artistique : Poonsup Bualieng
Compositeur : Atmosphère
Concepteur des maquillages : Ardish Yiamchawee
Producteurs : Uncle, Kim
Durée : 105 min
Support : DVD avec sous-titres anglais, zone 3, son 5.1

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Notes

[1joué par Suppakorn Kitsuwan, que l’on a déjà vu dans Les Larmes du Tigre Noir et qui inaugure ici son premier rôle du bon côté de la force, être un héros.

[2La série était jouée par Bird ThongChay McIntire ainsi que Kwang. La superbe chanson du générique de cette série est chantée par contre par Tom Rainbow et Kwang. Cette chanson parle d’amants séparés qui ne savent pas si c’est l’enfer ou le ciel qui se joue d’eux...

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