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Sholay

Sholay

Le classique du cinéma indien en DVD ! Sholay a été à l’affiche pendant plus de dix ans dans beaucoup de salles en Inde. Pour nous qui n’avons pas découvert le film à sa sortie, nous avons donc la malchance de le voir sur le petit écran. Cela dit, mieux vaut le DVD que rien du tout ! C’est avec une certaine angoisse que j’ai commencé à visionner ce film. Une légende ne s’appréhende pas du même oeil !

Précédé d’une réputation ravageuse, ce premier western curry mélange la trame des Sept Samouraïs de Kurosawa et les sables d’Il était une fois dans l’Ouest de Leone. De quoi se poser comme la pierre du foyer indien. J’en attendais beaucoup aussi... forcément.
L’histoire inspirée de celle de Kurosawa nous offre le sempiternel canevas - des paysans sous la coupe d’un bandit de grand chemin et sa horde d’hommes sans loi. Pour rendre complète l’intrigue, il faut donc mettre des mercenaires défenseurs des opprimés. Deux voleurs courageux seront appelés à combattre Gabbar Singh, le grand méchant.

Dharmendra, la mégastar de l’époque, prend le premier rôle (Veeru). Il est secondé par Amitabh - Jai - Bachchan qui n’est pas encore bien connu. Les deux compères espiègles nous offrent une des plus belles amitiés que l’on peut voir dans le cinéma indien ! Quand vous les entendez chanter leur chanson Yeh Dosti, même si vous ne connaissez pas les paroles, vous ne pouvez pas douter du trésor qui sort de leur bouche. Cette scène chantée sur un side-car est vraiment magnifique, enlevante, exaltante ! Comme on en rêve ! Elle est d’ailleurs restée dans la mémoire de nombre d’Indiens. Une idée de liberté et d’amitié ! J’apprends qu’il existe même une version « remix » de cette chanson ! :o( ...



Ce genre de scène ne se verra jamais dans un film occidental... On ne saurait pas l’exprimer. Est-ce que cela veut dire pour autant que l’amitié comme le conçoivent les Indiens et, par extension, les Asiatiques, n’existe plus en Occident ? Faut-il remonter au temps du roi Arthur pour cela ?

En tout cas, on adorerait que ces deux voleurs chanteurs viennent nous rendre visite, même sans devoir combattre des bandits :o) !



L’intrigue linéaire est semée d’histoires annexes qui allongent inconsidérément le récit. L’ajout de scènes de comédie typiquement bollywoodienne peut paraître de trop dans l’œuvre. On peut citer notamment une parodie d’Hitler ! Le mélange de comédie et de drame peut en surprendre plus d’un.

Évidemment, à cause de ses sources d’inspiration, Sholay traite de la méchanceté des bandits, notamment de la cruauté de Gabbar Singh, joué par Amjad Khan, qui débute ici sa carrière à l’écran. Très convaincant dans son rôle ignoble, l’acteur nous fait oublier son embonpoint ;o) ... Il nous offre d’ailleurs de belles prestations physiques dans des combats mouvementés ! ;o) Notons ici que le bruitage habituel (claques sonores et coups de poing explosifs) n’est pas intégré, ce qui rend les actions plus réalistes. Le film se veut donc sérieux. Les héros ne sont pas tous invincibles et, par moments, leur vie est mise en danger. Amjad Khan excelle dans son rôle de méchant plein de cruauté !



Immanquable est la scène où les hommes de Gabbar Singh encerclent Jai. Pour faire sortir Veeru, Singh menace de tuer Jai, son Ami. Vous ne verrez jamais un cri de détresse sortir de la bouche d’un héros autre qu’un personnage d’un film asiatique. Et Veeru va hurler comme un dément pour se montrer à l’ennemi et sauver son Ami d’une mort certaine. Une scène belle et inoubliable qui vous réveille comme si vous étiez frappé par un électrochoc. Veeru a exprimé quelque chose d’universel et met à jour ce qu’ailleurs on tait. Déjà, dans la scène Yeh Dosti, une onde chaleureuse se dégage de manière vraiment saisissante. Le bonheur est là, même dans un film de genre.

Les luttes armées sont plutôt moyennes et ressemblent à ce que l’on a vu dans d’autres westerns. Aucune création dans ce domaine donc. Il faut souligner ici que la scène de fin s’inspire largement du New One-Armed Swordsman de Chang Cheh. Regardez-le et vous me direz si je me trompe, c’est tellement flagrant ! Ce n’est pas un mal. Ramesh Sippy a varié le thème par rapport à Chang Cheh, et ce n’est donc pas une copie bête et méchante. Je vois cela comme un hommage grandiose. Évidemment, certains spectateurs peuvent être choqués, surtout ceux qui ne sont pas habitués à voir de l’action chez des héros manchots.



Sholay nous offre en plus une pittoresque coutume locale. Il s’agit de la fête des couleurs ! Oui, vous avez bien lu ! C’est le jour de l’année où vous pouvez vous en mettre plein la vue, mais aussi répandre la polychromie chez votre voisin. On assiste à des batailles rangées de poudres colorées ! Les gens s’habillent de vêtements chamarrés. On se croirait dans un monde rêvé ! La séquence chantée est vraiment révélatrice de cette fête, et doit être vue et revue pour votre plus grand plaisir. Cette fête des couleurs nous rappelle au Laos la fête de l’eau. Ce jour-là, on a droit d’asperger le voisin de toute l’eau que l’on pourra trouver et lui peut faire de même ! Vous pouvez renverser un seau d’eau sur votre patron sans qu’il puisse vous réprimander ! ;o) Cela dit, il peut se venger en faisant de même avec vous. Les « gunfights » avec les pistolets à eau est un phénomène courant comme le sont les « gunfights » au fusil à couleurs de Sholay ! :o))



Une autre scène qui n’est pas non plus à dédaigner est celle où la jeune cochère Basanti (Hema Malini) doit danser jusqu’à l’agonie pour sauver Veeru ! La tension est à son comble. La vie de Veeru est suspendue au pas de danse de Basanti ! Cette scène reflète à elle seule le paradoxe de la beauté des films bollywoodiens, et l’on comprend aisément à quel point le chant et la danse peuvent être sacrés pour les Indiens. C’est un don de la nature qui leur permet de tout communiquer.



Sholay est un film hétéroclite qui mélange les genres et peut en étonner plus d’un. On passe du presque kung-fu de wu xia pian à l’harmonica d’Il était une fois dans l’Ouest, sans oublier les histoires d’amour ! Le tout relié par des chansons ! Un film parfait pour les Indiens ? Cela semble être le cas. Beaucoup le considèrent comme l’incontournable ou l’insurpassable. Une suite 25 ans plus tard ? Le réalisateur Ramesh Sippy ne dit pas non. À voir donc !

Consultez les paroles traduites de Sholay

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Réalisateur : Ramesh Sippy
Pays : Inde
Année : 1975
Interprètes : Dharmendra, Amitabh Bachchan, Sanjeev Kumar, Hema Malini, Jaya Bhaduri, Amjad Khan
Scénaristes : Salim - Javed
Directeur de la photographie : Dwarka Divecha
Directeur artistique : Ram Yedekar
Compositeur : R. D. Burman
Parolier : Anand Bakshi
Producteur : G. P. Sippy
Durée : 204 min
Support : DVD Eros International, en hindi, sous-titres anglais, ambiophonie Dolby, NTSC toutes zones

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