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Avis de Laurent : L’inspecteur Chan (Simon Yam) est un flic intègre. Après l’assassinat d’un témoin par l’impitoyable gangster Wong Po (Sammo Hung), Chan s’occupe de sa fille, et songe à prendre sa retraite. C’est Ma Kwan (Donnie Yen), spécialiste des arts martiaux, qui doit lui succéder à la tête de la brigade criminelle...

Alternant polar tragique et action frénétique, SPL laissait espérer un cocktail explosif dans la veine de l’âge d’or hong-kongais des eightees-début ninetees. La présence de vétérans y est pour beaucoup, à savoir les quadragénaires Donnie Yen et Simon Yam, ainsi que le quinquagénaire Sammo Hung, naguère compagnon de jeu de Jackie Chan et Yuen Biao dans des films comme Le Marin Des Mers De Chine ou Soif De Justice. Car les vedettes ne déçoivent pas : Donnie et Sammo sont restés d’excellents artistes martiaux, Wu Jing nous rappelle sa virtuosité dans ce domaine, alors que Simon Yam nous confirme après ses prestations chez Johnnie To (PTU, Breaking News) qu’il est le spécialiste des rôles de flics durs à cuire. Quant à l’interprétation, la sobriété prédomine. Si l’on ajoute à cela une photographie impeccable et une mise en scène classique, la première partie du film, qui commence comme un polar traditionnel, fait finalement moins penser aux films de la grande époque qu’à un long métrage plus récent, Infernal Affairs, qui avait la même perfection technique et la même froideur d’ensemble ; on regrette d’ailleurs que les scènes de polar classique soient si prudentes, que les acteurs soient si modérés et relativement peu touchants, bien que leurs personnages aient un minimum acceptable de profondeur pour un film de genre. Ce style froid et impersonnel a fait le succès d’Infernal Affairs alors même qu’il tuait le charme du cinéma hong-kongais d’antan, puisque même un acteur comme Anthony Wong par exemple, célèbre pour son jeu excessif dans A Toute Epreuve ou Ebola Syndrome, y était sobre, et donc beaucoup moins marquant.

Mais la comparaison s’arrête là : car SPL n’a pas le scénario brillant d’Infernal Affairs, sa première partie a même du mal à passer, faute à un manque de scènes d’action. Heureusement, ce polar archi-convenu se transforme en un festival d’arts martiaux dans sa dernière demi-heure, formée de deux longs duels entre Donnie et Wu Jing, puis entre Donnie et Sammo. Ce dernier est d’ailleurs impressionnant de vivacité lors des combats, et son obésité ne semble pas être un désavantage pour lui, il réussit même à en faire un atout dans un style hallucinant qui constitue le clou du film. C’est surtout grâce à ce combat final avec Sammo que le film restera dans les mémoires, c’est dire si les rares séquences d’action valent le détour.

L’athlétique Donnie Yen, qui a déjà travaillé pour Tsui Hark (Seven Swords) ou Guillermo Del Toro (le chef-d’œuvre Blade II d’après un comics) nous livre en effet des chorégraphies vives et brutales, avec des coups bien secs qui font très mal. On est moins proche des ballets de l’acrobatique Jet Li que des combats barbares des films de Tony Jaa ; et comme Wilson Yip est un excellent technicien, ses séquences d’arts martiaux sont plus lisibles et plus jouissives que la plupart de celles des productions thaïlandaises. Car malgré leur violence survoltée, ces scènes ont un esthétisme certain, elles sont longues et parfaitement maîtrisées, et nous rappellent qu’en matière d’action survitaminée, les Hong-Kongais sont encore compétitifs, et peuvent nous proposer une fraîcheur et une intensité inexportables que les producteurs hollywoodiens n’ont pas encore trouvées même en débauchant le grand maître John Woo, à la possible exception de l’efficace Chasse à l’homme il y a déjà un moment. Mais espérons tout de même que Wilson Yip ne succombera pas comme ses compatriotes à la tentation du billet vert, habituellement assortie d’un bizutage avec Jean-Claude Van Damme.

Donnie Yen a-t-il donc voulu concurrencer Ong Bak en proposant des combats plus extrêmes que d’habitude ? Ce n’est pas impossible, mais le film a des qualités introuvables dans les séries B de Muay Thai de Tony Jaa, à commencer par une technique irréprochable. Rien que le scénario, même s’il est banal, est moins assommant que celui des récents films d’action thaïlandais, tout à fait mineurs à l’exception peut-être de l’énergique Born To Fight. Tout comme le sympathique revival New Police Story, SPL a des longueurs, ce qui l’empêche d’atteindre le statut rêvé de classique du polar hard-boiled à l’ancienne, il hésite trop entre intrigue policière et scènes d’action au lieu de les mêler harmonieusement comme John Woo savait si bien le faire, mais la puissance des scènes de combat en fait un film mémorable, mention spéciale à l’extraordinaire prestation physique du doyen Sammo Hung. L’efficace tandem Wilson Yip/Donnie Yen se reformera en 2006 avec Dragon Tiger Gate, puis en 2007 avec Flash Point.

Note de Laurent : 7/10

Avis d’Athama : Donnie Yen signe avec SPL un retour à du Kung Fu urbain pur et dur, même si c’est Wilson Yip qui tient la caméra. Tout concours à mettre en scène l’artiste martial qui a fait son chemin depuis longtemps à Hong Kong et qui s’impose petit à petit comme un chorégraphe avec qui il faut compter. Peut-être le seul chorégraphe à être capable d’insuffler de la hargne "crue" dans un combat. Cette violence « contenue » et canalisée jusqu’à maintenant par les autres réalisateurs explose enfin. Cette forme de chorégraphie brute rappelle celle des "sens du devoir" dans les 80, mais remise évidemment au goût du jour. L’époque exige plus d’énergie condensée et plus "d’authenticité" et ce n’est pas forcément le passage du cyclone d’Ong Bak entre temps qui a joué. Dans l’histoire de la chorégraphie de Hong Kong, on a alterné des passages rudes et sanglants ainsi que des moments de ballets gentillets. Donnie Yen s’émancipe et fait évoluer la chorégraphie de Hong Kong. Il devient un « sifu » (maître). D’autres devraient suivre son chemin...

SPL c’est peut-être les « incorruptibles » ou « gunmen » modernes, ces flics « pitoyables » que la pègre dérouille. Cette puissante mafia chinoise qui bafoue la loi aux yeux de tous trouve leur limite face à ces policiers qui ont juré leur perte et qui n’hésitent pas à franchir la ligne de la moralité. Ces "Dirty Harry" font bien pâle figure quand même devant les voyous Hong Kongais survitaminés. Mais le musclé Donnie Yen vient leur prêter mainte forte. Le groupe trouvera sur leur chemin un gros morceau en la personne de Samo Hung (le flic de Shanghai sur M6) dans un rôle de méchant qui lui va à ravir. Il n’est pas étonnant de voir cet acteur de Kung Fu comédie évoluer dans un registre noir, mettant à profit ses talents martiaux. Souvenez-vous de son Condors Commando, véritable film de guerre où la chorégraphie martiale rime bien avec l’horreur de la violence. Il n’est donc pas étonnant de le voir se couler à nouveau dans cette violence brutale.

Est-il nécessaire de parler du scénario ? Peut-être pas... Sans aller chercher bien loin, le script fait mouche avec sa simplicité. Il s’agit ici de raconter des affrontements violents entre flics et canailles. L’attention est surtout mise sur la violence et toutes les conséquences que cela implique. Et on n’en doute pas, aucun des personnes ne sera épargné. Le Kung fu de virtuose teinté de « close-combat » sied bien au genre du néo polar. Reste qu’au-delà des jeux de pieds, de mains et de vilains, il s’en dégage une espèce de mélancolie triste tout au long du film. La ville, gangrenée par la pègre devient en un endroit triste, lugubre et désespérée. Cette ambiance bien gérée se voit à l’écran, on en ressort du film un peu assommé. On attend le prolongement de ce travail dans un « vrai » film et ce ne sera pas Flash Point.

Note d’Athama : 6.5/10

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :

Réalisateur : Wilson Yip
Pays : Chine (Hong-Kong)
Année : 2005 (sortie France en octobre 2006, uniquement en DVD)
Interprètes : Donnie Yen, Simon Yam, Sammo Hung, Wu Jing
Scénaristes : Wilson Yip, Szeto Kam Yuen, Ng Wai Lun
Directeur de la photographie : Lam Yah Chuen
Compositeurs : Ken Chan, Chan Kwong Wing
Directeur de Combat : Donnie Yen
Producteur : Carl Chang
Durée : 96 min
Support : DVD zone 2 Asian Star

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