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Sympathy for Mr. Vengeance

Sympathy for Mr. Vengeance

L’avis de Lorelei : Baroque, c’est le qualificatif qui, à mon sens, sied le mieux au 1er opus du triptyque de l’audacieux et très doué Park Chan-wook. Un film qui a acquis une solide réputation de film culte dans la presse underground.

Ryu, sourd-muet, contacte des trafiquants d’organes pour permettre à sa sœur de bénéficier d’une greffe de rein, greffe urgente. Il est lui-même incompatible. Les trafiquants, en plus de dépouiller Ryu de son argent, lui ôtent un de ses reins. Pour couronner le tout, Ryu se fait licencier par son patron, Dong-jin. Avec le soutien et l’assistance de sa petite amie anarchiste, Ryu kidnappe la fille de son ex-employeur pour réclamer une rançon qui paierait la précieuse greffe, vous l’aurez compris.

Il s’ensuit une succession de situations toutes plus incontrôlables les unes et que les autres, et qui dégénèrent sur fond de violence insoutenable et de vengeance subtile, dénominateur commun des trois personnages principaux.

On note le traitement soigné de la violence dans la mise en scène de Park Chan-wook à travers une vision esthétisée des pulsions. Hormis cette mise en scène très singulière au service d’une noirceur quelque peu insondable, le réalisateur s’intéresse à l‘exploration d’une multitude de sentiments humains.

Le choix même d’un héros sourd muet (sans oublier son délire capillaire aux allures d’un personnage de manga) donne un cachet tout particulier à l’œuvre. Ainsi, Ryu s’exprime en langue des signes, et la traduction suit sur un écran noir.

Le faux ami « sympathy » signifie « compassion ». C’est un drame humain qui nous est conté et qui se déroule dans une société à la dérive, avec ses problématiques telles que le trafic d’organes, le kidnapping, les licenciements et le chômage.

La vengeance s’avère dès lors identique quelle que soit la classe sociale concernée. Il n’y a ni bons ni méchants, et dans cette spirale de violence qui préside au film, les personnages ne sont pas des surhommes, mais des êtres ordinaires et maladroits, au demeurant éminemment humains et donc éminemment attachants.

La note de Lorelei : 9/10

L’avis de Laurent : La vengeance est un thème commun à trois films de Park Chan-Wook, une sorte de trilogie libre dont chaque épisode a des personnages distincts, que le réalisateur put mettre en chantier après l’énorme succès de Joint Security Area, un film plus conventionnel, mais qui témoignait déjà de sa virtuosité technique. Sympathy for Mr. Vengeance, qui sera suivi d’Old Boy puis de Lady Vengeance, est le premier volet de cette exploration du désir de représailles.

L’originalité principale du film est la présence de plusieurs anti-héros, que leur vengeance respective opposera tragiquement l’un à l’autre ; ce jeu du cinéaste sur l’identification du spectateur à chacun des personnages garantit l’imprévisibilité des rebondissements successifs qui nous sont assénés à intervalles réguliers. Mais on se demande vite si ce dispositif amoral, cet alibi de film d’auteur, n’est pas plutôt pour Park Chan-Wook le prétexte à un alignement de scènes-chocs ; car Mr. Vengeance est avant tout un film gore réaliste, dont l’extrême sadisme et les mutilations en tous genres ne sont pas sans rappeler l’œuvre du Japonais Takashi Miike, auteur l’année précédente du mètre étalon du genre, Ichi the Killer.

Cependant, la principale complaisance du réalisateur ne réside pas dans la violence, mais dans la lenteur et l’emphase dont il fait preuve dans sa narration, usant avec facilité de longues séquences contemplatives sans paroles pour traduire le désarroi de ses protagonistes, sous prétexte que l’un d’entre eux est muet, un stratagème déjà à la mode à l’époque dans le cinéma asiatique (Hana-Bi, Bangkok Dangerous).

Il y a donc deux manières d’apprécier Sympathy for Mr. Vengeance : soit comme un pur exercice de style, un glauque film noir éclairé ça et là de fulgurances de violence, soit comme un luxueux film d’exploitation esthétisant, un shocker particulièrement efficace. Dans les deux cas, les défauts comme, surtout, les qualités du film se retrouveront dans l’œuvre suivante du réalisateur, Old Boy, qui les portera à leur paroxysme de raffinement et de brutalité tout en offrant à Choi Min-Sik, l’un des plus grands comédiens d’Asie, un morceau d’anthologie dramatique.

La note de Laurent : 7/10

Voir aussi l’avis d’Athama : Sympathy for Mr. Vengeance.

Avis de Hyein RYU :

La vengeance est une des manifestations basiques de l’être humain qui veut accomplir sa "tâche", sorte d’obligation morale, et bien qu’ayant atteint un point de non-retour, il ne se rend plus compte que ce qu’il fait n’est pas "correct" et dès lors il ne peut plus reculer.

C’est la problématique des gens marginalisés et de leurs difficultés matérielles et affectives. Ils n’ont aucun pouvoir (ni d’argent, ni de statut, de norme) mais demeurent éminemment gentils intrinsèquement. Il convient de s’interroger sur leur option de vie, ils n’ont pas pu choisir d’autres chemins alors qu’il y aurait eu mille autres manières de résoudre leurs problèmes. Parce que les problèmes de la société trouvent leur genèse dans la société elle-même qui les sécréte. Au demeurant, ces personnes marginalisées dans leur fragilité affective et matérielle et ne disposant pas de sas de soutien ou de protection, ces derniers n’ont pas d’autre alternative que d’emprunter des voies sombres.

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Titre original : Boksuneun naui geot
Réalisation, scénario : Park Chan-wook
Pays : Corée du Sud
Année : 2002
Interprétation : Song Kang-ho (Park Dong-jin), Shin Ha-kyun (Ryu), Bae Du-na (Cha Yeong-mi), Im Ji-eun (la sœur de Ryu), Lee Dae-yeon (Choe), Han Bo-Bae (Yu-sun)
Image : Kim Byeong-il
Montage : Kim Sang-beom
Musique : Uruboo Band
Décors : Choe Jung-hwa
Costumes : Shin Seung-heui
Production : Lee Jae-sun, Lim Jin-gyu, Lee Kang-bok, Seok Dong-jun
Durée : 129 min
Format : DVD HK Vidéo, cinémascope 2.35:1, Dolby Surround, en français et en version originale sous-titrée

Prix de la meilleure photographie (Kim Byeong-il) et du meilleur montage (Kim Sang-Beom) au MBC Film Awards 2002
Prix du meilleur film et du meilleur réalisateur au Pusan Film Critics Awards 2002
Prix du meilleur film asiatique au festival Fantasia 2003

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