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The President’s Last Bang

The President’s Last Bang

The President’s Last Bang fut présenté au Festival de Cannes de 2005 et devint l’objet d’une polémique telle que Im Sang-soo fut contraint d’être placé sous protection policière pendant près d’un mois.

Le réalisateur affectionne les sujets à controverse. Son prochain film promet d’être encore plus sulfureux que The President’s Last Bang, selon ses propres dires.

C’est d’un évènement traumatique dont il s’agit, national de surcroît. Im Sang-soo en fait un thriller politique, car les enjeux sont précisément politiques : les rivalités au sommet du pouvoir. Les héritiers du président Park Chung-hee ont fait amputer certains passages en ouverture et en épilogue. C’est dire que ce pan de l’histoire coréenne que tente de questionner Im Sang-soo est encore loin d’être pleinement assumé par certains et qu’il est malaisé d’en opérer une étude avec la distance critique qu’il se doit.

Néanmoins, Im Sang-soo relève cette gageure. Cinéaste iconoclaste, bousculant les codes et le politiquement correct de l’establishment coréen, il fut fustigé non seulement par les conservateurs, mais aussi par le parti de gauche qui l’a jugé trop bienveillant à l’égard du dictateur Park Chung-hee. Im Sang-soo d’en conclure qu’il se retrouvait bien « seul » dans sa démarche de questionnement de leur histoire commune.


Si la prise de pouvoir en 1961 par Park Chung-hee a autorisé une croissance économique exceptionnelle et l’émergence d’une classe moyenne, elle a eu également pour corollaire de nourrir un désir d’émancipation. Et c’est là où le bât blesse, car le président Park a dans le même temps instauré un état dictatorial et policier...

Le film de Im Sang-soo relate le requiem du règne de Park Chung-hee dans la nuit du 26 octobre 1979.

Véritable huis clos, l’intrigue se déroule au palais présidentiel, encore appelé « la maison aux tuiles bleues ». Plus qu’un symbole, ce fut le lieu de compromission avec l’ennemi japonais, lieu communément associé à la beuverie, la débauche d’un président concupiscent. D’ailleurs, notons l’incroyable fascination exercée par l’ancienne puissance occupante sur le président Park et son entourage, le président Park s’exprimant en japonais dans son cercle privé. À ce sujet, une enquête parlementaire est en cours en Corée pour établir la responsabilité des personnes ayant collaboré avec les occupants japonais durant le second conflit mondial. Parmi cette liste de suspects figurent bien évidemment les caciques du président Park Chung-hee...


Séoul 1979. Un dîner privé réunit pour une soirée le président de la République et ses trois plus proches collaborateurs, son chef de sécurité, son secrétaire et le directeur de la CIA coréenne (et accessoirement « ami » du président). Une chanteuse pop, starlette montante, et une autre jeune femme ont été conviées pour distraire ces messieurs... Entre-temps, le chef de la CIA a fomenté l’assassinat du président. Il quitte la pièce quelques instants afin d’instruire une dernière fois ses agents quant au déroulement des opérations.

C’est ainsi que le film se développe en deux actes : l’avant et l’après assassinat du dictateur en déclin.

Im Sang-soo n’a pas opté pour un pamphlet manichéen, et ce choix n’en est que plus heureux. En effet, il ne dépeint pas les pseudo démocrates en héros nationaux et rend humain le personnage du dictateur à l’aube de sa mort, en le représentant comme un homme vieillissant, faible.


La mise en scène sophistiquée alterne des séquences de tension et de comique de situation confinant parfois au grotesque, car Im Sang-soo fustige le népotisme ambiant sur fond de lyrisme et de trivialité.

Le réalisateur nous brosse une palette de profils psychologiques riches et denses, où se traduit sa propre opinion quant à l’attitude des protagonistes. La dérision reste cependant toujours de mise dans cette approche. Tout en demeurant distant par rapport à la préparation du crime, qui relève du documentaire « chirurgical », Im Sang-soo se montre paradoxalement proche de certains de ses personnages lorsqu’affleure leur prise de conscience face à leurs limites et autres travers, surtout en 2e partie, où l’on perçoit les implications immédiates de l’attentat.

La musique grisante s’identifie aux sensations chaotiques créées par les travellings tantôt lascifs tantôt convulsifs, mais toujours stimulants, aux couleurs de l’abîme, celui d’un système en déréliction.


Notons l’excellente prestation des acteurs, entre autres Baek Yoon-shik (vu dans Save the Green Planet et la 6e victime) qui interprète un agent de la CIA locale (KCIA).

C’est en définitive la problématique de la difficile transition démocratique en Corée du Sud qui est posée par Im Sang-soo. En effet, les Coréens qui n’ont connu que la dictature étaient-ils prêts à assumer psychologiquement une ère nouvelle où l’idée de liberté insufflerait sa dynamique au sein de la société civile ? Rien n’est moins sûr, d’où l’idée de procéder par paliers, certes nécessaires. Pour preuve, la période qui a suivi l’assassinat du président Park n’a constitué qu’un simulacre de démocratie.


Nota : Le fils du président Park Chung-hee a tenté d’interdire la sortie du film, prétextant qu’il ternissait l’image de son père. La cour de justice a ordonné que soient retirées quatre minutes d’images d’archives qui auraient pu induire les spectateurs en erreur en leur laissant croire qu’il ne s’agissait pas d’un film de fiction. Le réalisateur a décidé de laisser quatre minutes d’écran noir à la place desdites images.

Lire aussi les avis de Wolverine et de Mercano Boy dans le cadre du NIFFF 2005 : Asie et pays de l’Est en Suisse.

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Titre original : Geuddae geusaramdeul
Réalisation, scénario : Im Sang-soo
Pays : Corée du Sud
Année : 2005
Interprétation : Han Suk-kyu (Joo, agent de la KCIA), Baek Yoon-shik (Kim, directeur de la KCIA), Kim Eung-soo (Min), Jung Won-jung (Cha), Kwon Byung-gil (Yang, le secrétaire), Cho Sang-gun (Shim Sang-hyo), Sang Jae-ho (le président Park Chung-hee)
Image : Kim Wu-hyeong
Montage : Lee Eun-su
Musique : Kim Hong-jib
Production : Shim Jae-myeong, Shin Cheol
Durée : 102 min

Présenté au 58e Festival de Cannes (2005) dans la section La Quinzaine des réalisateurs

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