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The Rising : Ballad of Mangal Pandey

The Rising : Ballad of Mangal Pandey

Lors d’une bataille en Afghanistan, Mangal Pandey (Aamir Khan), un cipaye[1], sauve la vie du capitaine britannique William Gordon (Tobey Stephens). Un fort lien d’amitié se noue entre les deux hommes, mais l’introduction de cartouches à base supposée de graisse animale (vache et porc) au sein de l’armée, contraire aux croyances hindoues et musulmanes, et la cruauté des occupants anglais, provoquent la rébellion du jeune soldat indien...

Après quatre ans d’absence et son inoubliable Lagaan, The Rising[2] marque le retour du plus versatile et du plus perfectionniste des acteurs hindis : Aamir Khan. Celui-ci nous revient avec une nouvelle fresque historique avec Ketan Mehta à la réalisation, et toujours A.R.Rahman à la musique. Le film nous conte l’émergence d’une figure emblématique de l’histoire de l’Inde qui fut, en 1857, à l’origine du premier mouvement (La révolte des Cipayes[3]) pour l’indépendance, et dont le culte est destiné à lui survivre : Mangal Pandey. Suite à cette révolte, les possessions de la Compagnie anglaise des Indes Orientales passeront sous le contrôle de la Couronne et la compagnie elle-même sera dissoute le 1 er janvier 1874.

En surface, The Rising est un pur produit bollywoodien : ensembles et costumes colorés, romance, multiples sous-trames, introduction de moults personnages, passages musicaux à la pelle, une abondante figuration et enfin patriotisme du script. Et pourtant, tout dans ce film évoque la manière de faire des productions anglaises et américaines à grand spectacle des années 50-60, tant par sa mise en scène que par le côté réaliste de son scénario.
Beaucoup de sujets (trop ?) sont traités par Ketan Mehta : le colonialisme, l’amitié, le capitalisme, les castes, le veuvage des femmes (la Sati [4]), la corruption et l’entente entre musulmans et hindous de l’époque, avec plus ou moins de complaisance.
Le script se concentre principalement sur l’idéologie et le combat de deux hommes : l’un lutte pour la liberté de son peuple tandis que l’autre, idéaliste, essaie tant bien que mal d’"humaniser" non seulement ses compatriotes, mais aussi les indiens. Les personnage de Mangal Pandey et William Gordon sont à mille lieues des héros bollywoodiens (ou hollywoodiens). Loin d’être infaillibles, ils sont assaillis de doutes (le premier par ses devoirs de Bhramine, le second par ses devoirs de militaire) et sont en quête de rédemption.
Le film est aussi un examen doux et posé sur la limite de l’amitié entre deux hommes droits qui ont le malheur de se trouver chacun de part et d’autre de la barrière. De plus, les thèmes abordés, qui de prime abord relatent des faits historiques supposés et donc, anciens, comportent également une touche contemporaine. Effectivement, en abordant le commerce de l’opium et le travail forcé des paysans, le réalisateur dénonce la logique inhumaine et absurde du capitalisme et ses impacts sociaux désastreux.

Au niveau de la direction artistique, le film est impressionnant. La photo de Himman Dhamija est parfaitement soignée et donne une belle profondeur à la reconstitution historique. L’utilisation étendue des couleurs est un vrai plaisir pour les yeux. Les combinaisons sont très plaisantes et sont utilisées efficacement.
La force du film tient aussi beaucoup à la musique. Rahman signe ici une superbe bande originale percutante, voire enivrante lorsqu’elle est couplée aux visions des magnifiques paysages, une vraie bouffée d’air frais !
Comme dans le film bengali Uttara, pour une partie des chants, une troupe de musiciens chanteurs à dos d’éléphant, surgit de nulle part et chante les sentiments présentés lors des scènes précédentes. Le reste des passages chantés et dansés est une réussite (de jolies chorégraphies hautes en couleurs), bien que ce soit un mélange des meilleurs clips indiens.

L’interprétation est également une pierre angulaire à cet édifice. Si Aamir Khan apporte la candeur nécessaire au personnage de Pandey et illustre à merveille le meneur d’hommes au « cœur brave », c’est l’acteur Tobey Stephens, aussi incroyable que cela pourrait paraître, qui remporte la palme de l’interprétation. Il joue le rôle de Gordon avec beaucoup d’assurance et délivre une prestation de haute volée, passant les émotions et prenant les bonnes expressions au bon moment, de plus, son hindi est impeccable. Rani Mukherjee, malgré un petit rôle très limité, est impeccable. Amisha Patel est toujours aussi inepte et inapte (heureusement pour nous, elle n’a que cinq phrases à dire...).

The Rising accuse les défauts typiques des films patriotiques : la simplification extrême des caractères. En effet, la description des anglais (= des colonisateurs sans vergogne, mesquins, cruels et avides), frise franchement la caricature. Le seul officier tolérant et ouvert est... écossais. Ceci a pour conséquence de plomber la crédibilité du film et de le tirer vers le bas.
Autre petit défaut, certains passages musicaux arrivent sans crier gare, alors que le climat est assez pesant, provoquant ainsi une rupture trop nette avec le reste du long métrage. On peut aussi regretter la dispersion du réalisateur dans des histoires d’amour secondaires (Ganesh : pour toucher le public féminin ? Maidhili : Je proteste ! Pourquoi dire toujours que la romance est pour les femmes ? Les hommes aussi recherchent l’émotion liée aux histoires de cœur !), ainsi la romance entre Gordon et Jawla (Amisha Patel) est anecdotique et n’apporte pas d’éléments fondamentaux au film. Par ailleurs, on peut aussi se poser des questions sur la disparition inexpliquée de l’actrice anglaise, incarnant Emily Kent, qui apportait un peu de fraîcheur au début (mystère résolu dans la version indienne ?).

Soucieux de plaire au plus grand public possible, Ketan Mehta se disperse, ici, dans trop de pistes à la fois pour que son film soit un chef-d’oeuvre du genre. Parfaitement mis en scène et photographié, doté de gros moyens intelligemment utilisés et agrémenté d’un très beau thème de A.R.Rahman, The Rising n’en demeure pas moins une grande réussite. Même si l’on doute de la véracité historique des séquences montrées, on se laisse porter par la passion de ce Mangal Pandey dont on nous conte l’histoire. Il constitue, aussi, un excellent point d’entrée pour le spectateur néophyte dans l’univers de Bollywood.

[1] Les Cipayes étaient des soldats indiens servant dans l’armée de la Compagnie anglaise des Indes Orientales sous les ordres d’officiers anglais.

[2] Version internationale, La version indienne (Titre : Mangal Pandey) est plus longue de 20 minutes.

[3] La révolte des Cipayes est une période de soulèvement et de rébellion dans le nord et le centre de l’Inde contre la domination britannique en 1857-1858.

[4] La Sati est le nom du sacrifice des veuves qui se jettent dans le bûcher crématoire de leur époux (interdite en Inde à partir de 1829).

Note Ganesh : 7.5

Note Maidhili : 8 ( Aaaaaamirrrrrr !!)

P.-S.

Fiche technique
Réalisateur : Ketan Mehta
Pays : Inde (Hindi)
Année : 2005
Interprètes : Aamir Khan, Toby Stephens, Rani Mukherji, Coral Beed, Amisha Patel, Kiron Kher, Amin Hajee
Scénario : Farrukh Dhondy
Directeur de la photographie : Himman Dhamija
Musique : A.R. Rahman
Paroles : Javed Atkhar
Chorégraphie : Nitin Desai
Producteur : Bobby Bedi, Deepa Sahi
Durée : 150 min
Support : Au cinéma

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