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Virumandi

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Dès les premières scènes du film, Kamal Hassan qui a écrit, produit, réalisé et interprété Virumandi (dans le rôle titre) nous plonge dans l’univers carcéral si particulier du couloir de la mort. A travers le personnage de la journaliste Angela James (Rohini), farouche abolitionniste, il est évident que le réalisateur de Hey Ram (2000) désire montrer à son public le mépris et le dégoût que lui inspire la peine capitale. On s’attend alors à un long plaidoyer à la Dead Man walking (Tim Robbins, 1995) ou pour les habitués de cinéma indien, à un remake de l’excellent 3 Deewarein (Nagesh Kukunoor, 2003).

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Le regard plus ténébreux, tu meurs.

Or, juste au tournant de l’introduction, Kamal Hassan nous emmène dans un film radicalement différent. Sur le point de boucler son reportage, Angela est amenée à s’entretenir avec deux prisonniers condamnés pour une mystérieuse tuerie qui aurait fait 24 victimes. Dans un premier temps, elle se retrouve face à Kuthala Thevar (Pasupathi), petit chef de clan d’un village de la région de Madurai. Il a la chance d’échapper à la pendaison car la justice n’a retenu que sa participation "passive" au bain de sang qui a eu lieu et il n’a donc écopé que d’une peine d’emprisonnement à perpétuité. Dès ses premiers échanges avec la journaliste, on sent qu’il y a quelque chose de mesquin et de fondamentalement faux dans ce personnage, mais on se prend à écouter son récit.

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"Excusez-moi pour cette démonstration de force (...)"

Il est impossible de résumer l’intrigue ici, car on se trouve rapidement plongé dans une sombre affaire de querelle villageoise où se mêlent vendetta, avidité, rancœurs, courses de taureaux et autres passions dévastatrices. Toutefois, au cours de son récit, il ne cesse d’accuser son ancien ami Virumandi des pires crimes alors qu’il l’avait pris sous sa protection, au point même de lui offrir la main de sa nièce Annalakshmi (Abhirami).

Dans un deuxième temps, la journaliste se trouve face à Virumandi lui-même. Dévasté par le sort qui lui est promis et par l’aventure peu ordinaire qu’il a vécu, il montre un visage brutal et agressif qui, à première vue, ne va pas arranger sa cause. Mais puisqu’il n’a rien à perdre, il va quand même raconter sa version des faits. Et c’est par conséquent ici que réside le principal intérêt du film, car il s’agit ni plus ni moins que de nous montrer DEUX versions différentes d’une même histoire. Cela tombe bien puisque le récit de Kuthala Thevar nous avait laissé légèrement dans le flou avec ses blancs et ses inexactitudes. Le récit de Virumandi va combler ces lacunes et faire toute la lumière sur ce qui s’est REELLEMENT passé dans ce petit village du sud de l’Inde.

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Nallama Naicker (Napolean), Virumandi (Kamal Hassan) et Kotharala Thevar (Pasupathy) dans un photo-montage ahurissant.

Les plus assidus des lecteurs de Fantastikasia auront ici reconnu un exercice de style qui n’est pas nouveau puisque déja Rashômon (Akira Kurosawa,1950) nous proposait ce mode narratif bien particulier. Au delà de l’aspect purement ludique de ce genre de films, Kamal Hassan se plait à dépeindre la vie quotidienne dans les campagnes indiennes et la façon dont elle est conduite par des "chefaillons" de clans aux ambitions dérisoires. Initialement, le film devait se nommer Chandiyar et devait être tourné dans la région, mais un politicien local, devant la violence du thème et les possibles répercussions sur l’ordre public, a fait pression pour annuler le tournage. Il faut dire qu’à l’annonce de celui-ci, des dizaines de milliers de curieux étaient arrivés aux alentours des lieux du tournage, il devenait délicat d’en assurer la sécurité. C’est donc en studio, à Chennai, que l’équipe s’est repliée pour recréer entièrement un village typique du sud de l’Inde. Les décorateurs ont effectué un travail remarquable tant l’illusion est parfaite.

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Tout le monde ne sortira pas vivant de ce film.

On retrouve également dans Virumandi quelques-uns des thèmes chers au cinéma tamoul, comme la corruption des représentants de l’Etat ou des scènes de bagarre d’une violence ... assez crue. Si le message de Kamal Hassan est sincèrement non violent, il n’hésite pas à mettre en scène plusieurs décapitations et mutilations afin de nous en convaincre. Illayaraja signe ici une musique aux accents folkloriques, exercice dans lequel il est toujours très à l’aise, et signe un petit bijou de chanson, Unna Vida, qui vient souligner avec grâce, enchantement et un rien d’érotisme la romance entre Virumandi et Annalakshmi. Les acteurs sont excellents dans l’ensemble.
Une des scènes les plus impressionnantes du film est celle qui introduit le personnage de Virumandi, lors d’une épique course de taureaux digne de Gladiator.

De par tous ces aspects, Virumandi est un film distrayant, ludique mais également pédagogique, qui procure à l’esprit ce petit je-ne-sais-quoi de jouissance, malgré sa violence pourtant revendiquée comme exutoire. On peut toutefois regretter que le message contre la peine de mort, pourtant fort et sincère, se noie un peu dans cette intrigue complexe. Il aurait mérité d’être exposé dans une œuvre à part. Mais ne boudons pas notre plaisir et félicitons Kamal Hassan pour ce film qu’il a porté à bout de bras dans la tourmente et qui a failli ne jamais voir le jour.

Virumandi a remporté le prix du meilleur film asiatique de l’année au Festival de Puchon en Corée du Sud et a remporté un franc succès auprès du public tamoul.

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Réalisateur, scénariste : Kamal Hassan
Pays : Inde
Langue : tamoul
Année : 2004
Interprètes : Kamal Hassan, Pasupathy, Abhirami, Napolean, Rohini
Directeur artistique : M. Prabhakaran
Compositeur : Illayaraja
Producteurs : Kamal Hassan, Chandra Hassan
Durée : 175 min
Support : DVD Ayngaran

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