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Yicheongu Lost Memories (2009 Lost Memories)

Yicheongu Lost Memories (2009 Lost Memories)

Excellent film d’anticipation, dont l’ambiance oscille entre polar musclé et politique fiction, ce gros budget coréen est à découvrir de toute urgence. Ça tombe bien, après un passage très remarqué au festival Fantastic’arts 2003 de Gérarmer, où il obtint le premier prix des diffusions vidéo (seul prix remis par le public), il sort justement dans tous les bons vidéoclubs (disponible aussi en version française donc, c’est suffisamment rare pour le préciser).

L’argument de départ est « et si l’histoire s’était déroulée autrement ». On découvre donc une Corée unifiée, mais annexée à l’empire japonais. Ce dernier était allié aux USA lors de la Deuxième Guerre mondiale et fait donc partie des vainqueurs dominants. Un groupe terroriste revendiquant l’indépendance de l’ancienne Corée attaque régulièrement les expositions d’une fondation culturelle japonaise. Deux flics enquêtent sur cette affaire. L’un est d’origine coréenne, son père ayant même été corrompu et impliqué dans les attentats des indépendantistes. On ne peut pas en révéler plus sur l’histoire sans risquer de gâcher les surprises liées aux éléments fantastiques. Évoquons donc plutôt les qualités cinématographiques de ces « souvenirs perdus »...

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2 nations, 2 hommes, 2 cultures...


La mise en scène est très efficace et sait ménager ses effets, qu’il s’agisse de suspens, d’émotion, ou de poussées d’adrénaline dans les scènes d’action. Le dosage me semble bien réussi, entre les moments calmes et les nombreux déferlements pyrotechniques. Les passages émouvants ne sont pas abusivement lacrymaux et servent toujours la progression de l’intrigue. On suit donc l’investigation des héros avec beaucoup d’intérêt, car, avant tout, le scénario est une mécanique bien huilée. C’est donc réalisé de façon classique, on ne trouve pas d’audacieux effets de style, mais un montage assez percutant.

La direction de la photographie est très pro, on est loin des standards de la série B, avec ses images nettes aux lumières précises. Ça n’a rien à envier à un film de James Cameron ou de John Woo. On ne quitte ce style « high tech » soigné que pour des flashbacks dans les tons sépia, tout aussi agréables à l’œil. Question décors et accessoires, on a droit à quelques éléments SF en raison du futur proche où se déroule le récit (même dans une version alternative de l’Histoire), comme les codes d’entrée à chaque porte, les écrans de visiophones à la place des téléphones ou des armes d’artillerie lourde... Mais tout cela reste très discret, ce n’est pas du « space opera » non plus ! La musique est épique et énergique, jouée de plus par un orchestre symphonique, ce qui nous change des compositions électroniques fréquentes dans les polars asiatiques, dommage que la répétition excessive du thème principal finisse par devenir soûlante.

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les arts martiaux ancestraux japonais enseignés en Corée


Les acteurs sont très bons et parviennent par leur jeu à donner de la profondeur et de la subtilité à des rôles que les dialogues seuls auraient confiné à leur aspect manichéen. En effet, difficile de faire l’impasse sur les enjeux ultra nationalistes du film, à la limite de la propagande, doublés de relents xénophobes envers le Japon, mais on n’est pas là pour faire les analystes politiques de bazar. L’aspect spectaculaire du film est suffisamment intéressant pour nous faire oublier ces défauts. De plus, comme la seconde partie s’oriente vers le fantastique, avec moult effets spéciaux numériques de très bonne tenue, on peut mettre totalement de côté les implications du scénario vis-à-vis du monde réel, pour s’évader en toute décontraction dans l’odyssée imaginaire qui nous est proposée.

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le calme juste avant la tempête


Ces idées de modification de la trame temporelle sont proches de celles développées dans la science-fiction littéraire anglo-saxonne depuis des décennies. Je fais ici référence aux nouvelles de Matheson, de Ballard, d’Anderson, de Finney ou d’Heinlein (pour ne citer que les plus lus). C’est même un thème récurrent de la SF depuis H. G. Wells, mais c’est plutôt inattendu de le retrouver dans un film coréen, puisqu’on aurait tendance à croire que la plupart des Asiatiques ont une foi inébranlable en une destinée imparable, à cause de la croyance au karma, notion essentielle du bouddhisme. Mais apparemment, pour les auteurs de ce film, ce n’est pas incompatible avec la notion de voyage temporel !

Je conclus donc en vous invitant une fois de plus à explorer l’avenir alternatif de ce 2009 Lost Memories, un film original à plus d’un titre, qui prouve la bonne santé actuelle d’un cinéma coréen prêt à s’essayer à tous les genres.

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :

Réalisateur, producteur : Lee Si-Myung

Pays : Corée du Sud

Année : 2001

Interprètes : Jang Dong-Gun, Toru Nakamura, Seo Jin-Ho, Shin Gu, Ahn Kil-Sang, Cho Sang-Keun, Chun Ho-Jin

Scénaristes : Lee Sang-hak, Lee Si-Myung

Directeur de la photographique : Pak Hyun-Chul

Compositeur : Lee Dong-Jun

Durée : 130 min

Support : DVD CTV International, en coréen DTS 5.1 et DD 5.1, en français DD 5.1, sous-titres français, format vidéo 1.85, 16/9 compatible 4/3, PAL zone 2, suppléments commentaire audio, « making of », interviews, vidéoclip, galeries de photos, bande-annonce

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