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Auditorium du Musée Guimet

interview Hubert Laot - partie I

interview Hubert Laot - partie I

Bonjour. Tout d’abord, pourriez-vous vous présenter ? Nous voyons souvent votre nom sur les programmations du musée Guimet, mais qui est Hubert Laot ?

Bonjour. J’ai dirigé le service de formation du Louvre pendant 12 ans. En fait, à l’origine, je viens de beaucoup plus loin. J’ai été chanteur, j’ai été comédien, j’ai fait de la radio et puis, un jour, j’ai intégré le ministère de la Culture et le Louvre notamment. Au musée du Louvre, j’ai créé le service de formation professionnelle, 1800 agents à former, 4000 stagiaires par an... Cela peut paraître démesuré.

Nous imaginons. C’est un des plus grands musées du monde, si ce n’est le plus grand.

Oui, oui, on dit que c’est le plus grand, il y a toujours des contestations. Certains prétendent, par exemple, que le musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg possède plus de collections. Enfin, je ne veux pas entrer dans ces polémiques-là (rires). En fait, je n’en sais rien.

Le Louvre, c’était vraiment différent de ce que je faisais avant parce que j’ai créé des festivals de jazz ou de bandes dessinées, participé à la création de festivals de théâtre de rue comme celui d’Aurillac, j’ai aussi fait un peu de radio puis j’ai intégré cette grosse machine du ministère de la Culture, peut-être la plus grosse machine du ministère de la Culture... (réflexion) Non, la Bibliothèque Nationale a des effectifs supérieurs...

Puis un jour, on m’a dit « Il y a le musée Guimet qui vient d’être rénové et il y a une salle de spectacle. » J’ai fait le lien avec tout ce que j’avais fait avant et le fait qu’il n’y avait jamais réellement eu de permanent au sein du musée pour gérer cette salle. Dans l’ancien auditorium, qui était une salle à l’architecture très différente, c’était plutôt des associations extérieures qui faisaient la programmation. Certaines associations ont fait des choses intéressantes en lien avec la spécificité du musée, des concerts de Ravi Shankar dans les années 50, par exemple. Mais beaucoup d’autres manifestations n’avaient pas grand-chose à voir avec le musée lui-même. Il y a eu des projections de films russes, des concerts de musique classique, on avait un peu de tout dans cette salle et de manière complètement décousue. Donc, quand on m’a proposé la direction artistique de cette salle, je me suis dit « j’y vais » parce que je savais ce que c’est que de monter un festival, de construire une programmation... Et puis l’Asie, c’est quelque chose qui m’intéressait, qui m’attirait. Je connaissais très mal. Je suis arrivé ici, j’avais vraiment l’air du profane complet. J’en ai joué d’ailleurs (rires), ça aide, parce que du coup tout le monde veut vous enseigner des choses sur l’Asie.

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Vue générale de l’auditorium


Pour ce qui est de la gestion, l’auditorium a-t-il une certaine indépendance ou essayez-vous de suivre des thèmes communs à des expositions ?

C’est une volonté de ma part de suivre les thématiques. C’est ce que j’ai proposé dès le début à la direction du musée. J’essaye d’être au maximum en cohérence avec les collections du musée, sauf aujourd’hui, par exemple, où nous projetons un film israélien. C’est exceptionnel parce que c’est un film primé au festival de Vesoul, mais de manière générale, j’essaye de ne pas sortir du cadre strict des collections du musée et, surtout, j’essaye de suivre l’actualité du musée ou l’actualité internationale. Pour l’année de la Chine, par exemple, où nous avons passé des films chinois. Ça semble logique (rires). Quand nous avons une exposition sur la Corée, je passe des films coréens. C’est beaucoup plus difficile pour les spectacles. En ce qui concerne ces derniers, je suis un peu contraint par les propositions qui me parviennent. Il y a des pays qui m’envoient plus de propositions que d’autres. Il y a aussi le fait que, pour les spectacles, je suis obligé de programmer environ un an et demi à l’avance pour être sûr que je vais avoir le bon spectacle, dans les délais prévus, que toutes les questions administratives et financières sont réglées. Je ne suis par contre pas sûr de ce que seront les expositions dans un an et demi. Contrairement au Louvre, où l’on peut savoir parfois 10 ans à l’avance le programme des expositions, le musée Guimet n’a pas actuellement la même capacité de prévision à long terme.

À propos de coller à l’actualité, 2005 est « l’année officielle des échanges entre les peuples du Japon et de l’Union Européenne ». Avez-vous prévu quelque chose relatif à cet événement ?

Non, pas en 2005, et pour une raison relativement simple : il y aura effectivement une exposition d’œuvres japonaises au musée Guimet, mais elle aura lieu en juillet-août, et c’est la seule période où l’on peut fermer la salle et - accessoirement - se reposer un peu. On vient de le voir avec les premières chaleurs et la baisse de fréquentation, ce n’est pas tellement la peine de programmer quelque chose ces jours-ci dans une salle fermée, située en sous-sol, donc nous la fermons en juillet-août et profitons de cette période estivale pour monter les programmations futures. Nous ouvrons de septembre à juin. Quelque chose est bien prévu sur le Japon, mais plutôt à l’automne 2006. Une manifestation qui pourrait être très intéressante, mais je préfère ne pas en parler encore (sourire).

Vous avez évoqué le fait que l’on vous faisait des propositions. Comment s’effectue la programmation ? L’auditorium a un éventail de spectacles très large, de la danse, de la musique, des films, etc. De plus, vous couvrez l’Asie, et l’Asie, c’est très vaste, avec une pluralité de cultures. Vous faites-vous aider ?

Il y a deux méthodes. La première consiste à analyser toutes les propositions que je reçois, mais je veux absolument voir d’une manière ou d’une autre tous les spectacles. Pour les spectacles de musique, on peut peut-être juger sur CD, c’est pas toujours très juste comme jugement parce que, sur un CD, on peut transformer beaucoup de choses en studio. Je préfère avoir des vidéos des spectacles « en live ». Pour la danse, c’est un peu pareil, je demande des vidéos, mais en ce qui concerne la danse, il faut avoir un peu de recul parce que si c’est une vidéo d’amateur, on a toujours l’impression de quelque chose d’inachevé, de pas très beau. Si c’est une vidéo qui, par contre, a été trop travaillée pour vendre le spectacle, on a aussi l’impression que ça a été trafiqué. Il faut là aussi faire la part des choses.

À chaque fois, vous demandez une vidéo ?

Oui, sauf vraiment pour de très, très grands artistes. Des artistes connus. Pour Ravi ou Lakshmi Shankar, je ne vais pas demander une vidéo (rire). Si je ne connais pas un artiste, par contre, je vais faire une recherche, déjà sur Internet, pour connaître le parcours des gens, de quelle école ils sont, etc. On arrive à recouper des informations, et si vraiment je ne trouve pas, j’appelle des experts parce qu’il y a des experts des danses indiennes, des musiques baloutches ou mongoles, etc. C’est assez facile en fait de retrouver des traces, mais j’écoute les experts s’ils me donnent des conseils.

J’ai donc deux méthodes pour programmer, celle que je viens de décrire et qui consiste à étudier les propositions que l’on me fait ; et l’autre, quand il s’agit de cibler des pays qui ne me font pratiquement jamais de propositions. Là, c’est moi qui suis obligé d’aller à la pêche. Soit effectivement je passe par des associations - franco-chinoises, par exemple, si je recherche un spectacle chinois - qui vont faire venir des artistes professionnels ou amateurs mais de haut niveau, parce qu’en Chine il y a des artistes amateurs de très haut niveau ! Dans le cadre d’échanges, donc, c’est possible, ça peut être financé par le ministère des Affaires Étrangères ou par la Chine dans le cadre de l’année de la Chine. Je peux aussi faire appel à de grands artistes chinois, mais émigrés à l’étranger.

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Shiva et Parvati - Spectacle de danse indienne


Vous avez été organisateur de festivals, vous avez des connexions, des réseaux. Le musée Guimet, même s’il est d’origine privée, dépend du ministère de la Culture. Vous vous échangez des artistes, pour parler crûment ?

Ce n’est pas tellement le ministère de la Culture, en fait, qui va nous aider le plus en termes d’échanges avec des pays asiatiques, c’est plutôt le ministère des Affaires Étrangères qui intervient en ces domaines. Mais, au delà des ministères, ce sont les associations d’amitiés franco-asiatiques qui sont vraiment le lien le plus facile, parce qu’elles ont déjà trouvé les créneaux, les moyens de faire venir des artistes.

Elles ont un rôle moteur ?

Elles ont un rôle moteur et, elles, elles savent comment dépasser les lourdeurs administratives.

Ces associations sont-elles nombreuses ?

Il y en a énormément ! Pour tous les pays d’Asie, aussi bien pour la Mongolie que pour le Kazakhstan ou l’Indonésie. (sourire)

Le pays qui vous envoie le plus de propositions ?

C’est l’Inde. Sans aucun doute, c’est l’Inde. Cela correspond d’ailleurs à la majorité des spectacles que nous passons.

Sur la prochaine saison, on aura une exposition sur le Vietnam - à partir du mois d’octobre jusqu’à fin janvier 2006 - donc, on va passer beaucoup de cinéma vietnamien, de documentaires sur le Vietnam. Avant, on refera l’Été Indien, bien sûr. Mais pendant l’exposition vietnamienne, je n’avais que des propositions de musiques indiennes, donc je suis allé chercher des ethnomusicologues vietnamiens qui vivent en France, mais font de la musique vietnamienne depuis 50 ou 60 ans.

Ça a été dur de les trouver ?

Non, parce qu’en France on en connaît très peu, donc ils sont parfaitement bien identifiés. On ne les connaît pas sur des grandes scènes parce que les productions qui viennent du Vietnam sont généralement des propositions du gouvernement vietnamien, qui ont plutôt un objectif de promotion touristique. Il y a beaucoup de pays d’Asie qui font ça. Ce sont des propositions conçues en fonction de ce que les pays asiatiques pensent que le public occidental attend. Nous, ce n’est pas forcément ce que nous recherchons. On n’attend pas du kitsch, on n’attend pas du folklorique, on attend des choses beaucoup plus élaborées, plus authentiques.

Pour le cinéma vietnamien, vous avez dû avoir plus de facilité, beaucoup de ses films sont en fait produits par des sociétés françaises.

C’est exact. D’ailleurs, le film que l’on passe ce soir (Le temps révolu) est une co-production.

Le réalisateur est vietnamo-suisse.

Le réalisateur est vietnamo-suisse, et la production est une co-production franco-vietnamienne. Le cinéma vietnamien, produit uniquement au Vietnam, reste encore rare et très contrôlé, et les films sont le plus souvent vecteurs d’une parole officielle.

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