Rubriques

Battle Royale

Battle Royale

Battle Royale

Battle Royale est un film culte connu de tous. Malgré tout, un petit rappel des faits et règles n’est pas inutile :
«  Japon, XXIeme siècle, une loi est instituée pour apprendre le respect et l’humilité aux jeunes.
Article 1 : tous les élèves d’une classe sont regroupés sur une île.
Article 2 : des vivres et des armes sont fournis à chaque participant.
Article 3 : toutes les personnes soumises à cette loi doivent se battre en s’amusant et avec combativité.
Article 4 : aucun participant ne doit refuser le jeu ni l’entraver.
Article 5 : le jeu se conclut par la victoire d’un seul et unique gagnant. Aucune dérogation à cette règle n’est possible. S’il reste plus d’un survivant : tous sont éliminés.
 »

Autant être direct : je considère Battle Royale comme un véritable chef-d’œuvre du cinéma, une monstrueuse baffe dans la gueule qui se répète à chaque nouvelle vision.
Pourtant, à mieux y regarder, le film est bancal (mélange étrange de premier degré méchant, mais pas totalement, et de second degré jouissif, mais pas toujours, dont l’exemple le plus beau est la monumentale scène du repas), pas forcément bien rythmé et sans cesse à contre-courant des attentes du spectateur, faisant douter celui-ci de la crédibilité de l’entreprise (en salle, beaucoup n’ont strictement rien compris au fait que Kitano, une fois plombé et gisant sur le sol, se relève pour répondre au téléphone, et ont pensé qu’il s’agissait d’un « twist » dévoilant une fumisterie).

Cependant, Kinji Fukasaku injecte chacun de ces éléments disparates de manière à ce que le métrage se renouvelle constamment. Le rythme devient, par la grâce d’un montage marchant sur un mode séquentiel, étonnamment fluide et logique, évitant brillamment une linéarité qui serait trop visible, d’où l’impression d’un film extrêmement riche : « survival » (il ne doit en rester qu’un), épouvante (deux personnages font figure de croquemitaines), drame social (les nombreux suicides et la montée du chômage à l’origine du décret BR), film d’action, parabole sur l’inégalité des chances dans les études (symbolisée par une distribution aléatoire d’armes aux candidats, allant du couvercle de casserole au fusil en passant par le katana), comédie noire (une tête finement tranchée ne fera plus qu’une avec une grenade logée dans sa bouche : fun et terrifiant !), critique acerbe du capitalisme en germe dans ces étudiants qui oublient toute notion de camaraderie au profit d’un individualisme meurtrier (l’accroche est probante : « avez-vous déjà tué votre meilleur ami ? »), sans oublier un côté très Paul Verhoeven dans la représentation de la folie médiatique (on a rarement vu séquence d’ouverture aussi barrée, mention spéciale au fabuleux rendu sur DVD) et de la violence extrême (superbe duel final très graphique et parsemé de flammes, avec explosion crânienne en guise de « happy end »).

Il est à signaler que la conservation durant le jeu des uniformes scolaires caractéristiques du Japon confère à certaines actrices un charme sensuellement vénéneux participant aisément à l’ambiance provocatrice et décomplexée de ce film fou.

À noter également l’excellente musique de Masamichi Amano, qui parvient à instaurer un climat sonore inquiétant et magistral autour du personnage mystérieux de Kazuo Kiriyama (Masanobu Ando), un « madman » à l’état pur qui s’inscrit volontairement pour « jouer » (traduire par « tuer », cela va de soi).

Ce qui aurait pu n’être qu’une provocation gratuite attirant le lycéen heureux de se gaufrer du moins de 16 ans bourrin et décérébré demeure tout simplement la plus grande audace cinématographique de ces dernières années, d’une intelligence rare, dont la force émotionnelle n’est jamais remise en cause par de diablement efficaces scènes d’action et par une ambiguïté démentielle (franchement, qui a tort ou raison, et dans quelle mesure doit-on comprendre le vibrant appel à la résistance qui clôture le film ?) qui permet à n’importe qui d’interpréter ce spectacle à sa guise selon son idéologie (à la rigueur réduire Battle Royale à un simple et excellent film d’action-horreur est possible).

Tigelz

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Réalisateur : Kinji Fukasaku
Pays : Japon
Année : 2000
Interprètes : Tatsuya Fujiwara, Aki Maeda, Taro Yamamoto, Chiaki Kuriyama, Masanobu Ando, Beat Takeshi
Scénariste : Kenta Fukasaku
Directeur de la photographie : Katsumi Yanagijima
Compositeur : Masamishi Amano
Producteur : Masumi Okada
Durée : 110 min
Support : Sortie ciné en France le 21 novembre 2001


Article suivant | credit immobilier
Battle Royale II : Requiem


Dans la même rubrique

Battle Royale II : Requiem
Battle Royale II : Requiem
Battle Royale
Battle Royale

Sur le Web : S'informer sur les conditions d'obtention de votre credit immobilier reste la première action à entreprendre avant d'aller consulter un courtier en pret immobilier afin de négocier le meilleur taux en connaissance de cause. Votre bien immobilier constitue l'investissement le plus important de votre vie. En cas de surendettement, plusieurs solutions de rachat de crédit ou de Crédit hypothécaire peuvent être envisagées. Le référencement naturel dans le secteur immobilier ainsi que du prêt immobilier a donné beaucoup d'abus. C'est de bonne guerre, le référencement payant est si prohibitif.

Articles les plus populaires

Shutter
Shutter
Dor
Dor
King Naresuan