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Table ronde avec Tony Jaa - Part. II

Table ronde avec Tony Jaa - Part. II

F. Ambroisine : Pour en revenir à Pana Rittikrai, il est chorégraphe et réalisateur. Dans le cinéma de HK, le chorégraphe en général participe à la mise en scène. Sur Tom-Yum-Goong, Pana Rittikrai a-t-il fait ses mises en scènes ?

Tony Jaa : Oui. En fait, je dois donner mon maximum, et mon maître doit me dire comment orienter ce maximum, comment jouer avec les effets, les mouvements, chaque scène comportant ses particularités. À moi de réfléchir et de proposer quelque chose à mon maître. Si c’est O. K., on tourne. Sinon, je recommence afin d’obtenir la bonne prise.

Julien Sévéon : Autre chose, dans Ong Bak, on voyait un muai thai plus muai boran tandis que dans Tom-Yum-Goong, on voit un aspect plus « close combat », beaucoup de clés et de luxations. Actuellement, dans le monde des arts martiaux, nous voyons davantage de ces choses - en compétition. Est-ce une façon de se coller plus à la mode du monde du combat et du monde sportif ? Est-ce que Tony Jaa a subi l’influence du sport martial actuel ?

Tony Jaa : En réalité, mon inspiration vient de ma passion du cinéma et des films qui montrent la réalité - à dire vrai les clés (en art martial) sont rares, comme dans le hapkido. Les arts martiaux étant nombreux, l’art martial thaïlandais possède cette partie. Il suffisait que j’y puise celle concernant l’art martial lié aux éléphants. Il ne s’agit que d’une seule partie parmi tant d’autres.

Cinémasie : À propos de chorégraphie, est-ce qu’il envisagerait de se faire chorégraphier entièrement par un autre chorégraphe ?

Tony Jaa : Comment ça ?

L’interprète : accepteriez-vous qu’on vous chorégraphie ?

Tony Jaa : Il faut voir... si cela me plaît. J’adore toutes sortes d’arts de combat. Si cela vient du cœur et que c’est beau au cinéma, je ne suis pas contre. Il faut séparer l’art du combat proprement dit et ce qui se passe au cinéma.

Cinémasie : Mais Ong Bak et Tom-Yum-Goong sont plutôt violents. J’aimerais savoir son opinion par rapport à la violence. Est-ce que c’est un élément du film ou bien essaie-t-il d’inclure de la culture thaïe ? C’est quand même très violent, Ong Bak et Tom-Yum-Goong.

Tony Jaa : Hummm... (rires) S’il y a des causes, il y a des conséquences. Si j’amène les arts martiaux au cinéma, que ce soit Ong Bak ou Tom-Yum-Goong, je dois les amener avec esthétisme, pas uniquement par l’action violente - et tout doit se justifier. Ce n’est pas comme se présenter dare-dare et tirer « pang pang ».

Fantastikasia : Est-ce qu’il pourra aller plus loin dans la violence ? Faire un film encore plus noir, un jour ?

Tony Jaa : (éclate de rire... se racle la gorge) La violence doit être conduite par l’Art.

L’interprète : (à Tony Jaa) Réponse difficile, réponse facile, n’est-ce pas ?
(À nous) C’était assez profond ce qu’il a dit, c’est difficile à expliquer. Il fait une recherche de la violence artistique. Pour nous, c’est violent, mais pour lui, cela revêt un tout autre sens.

Tony Jaa : Je voulais surtout montrer mes capacités...

Dvdrama : Pour moi, le film n’est pas violent, mais divertissant. Pour que cela soit violent, il faudrait que Tony Jaa interprète un rôle négatif, un rôle de méchant, par exemple. Est-ce qu’il accepterait de jouer le rôle d’un méchant en Thaïlande ou à Hollywood, et qu’il utiliserait le muai thai à des fins négatives ?

Tony Jaa : (gros rires...) Là, oui, c’est la violence. Il y a toujours des raisons. La violence est surtout dans le regard des spectateurs. L’art martial qui m’a été enseigné doit faire de moi une personne moralement située dans le bien. Si je dois être mauvais, cela doit rester dans un rôle (différencié de l’artiste martial) uniquement, et encore... Comprenez-vous ? (rires)

Fantastikasia : Justement, est-ce qu’il serait capable un jour de jouer un personnage méchant ou alors amoureux dans un film romantique ? Est-ce qu’il a envie de jouer autre chose qu’un combattant ?

Tony Jaa : Je suis né pour ça. (gros rire) (référence à l’art martial au cinéma)

Notre homme n’est pas très loquace. En dehors de Tom-Yum-Goong, il semble manquer d’opinions...

F. Ambroisine : Je voudrais aborder le côté culturel de Tom-Yum-Goong. Par exemple, la représentation de l’éléphant. Comment les Thaïlandais vont-ils percevoir cela par rapport aux Occidentaux (qui seront peut-être moins réceptifs) ? Combien de temps lui a-t-il fallu pour s’entraîner à filmer avec les éléphants ? Est-ce dur ?

Tony Jaa : Prenons la seconde question. Filmer et jouer avec les éléphants, ça n’a rien de difficile. J’élève des éléphants depuis tout petit, parce que je viens d’une famille d’éleveurs d’éléphants (notion de noblesse dans la voie). Revenons donc à la première question. Je voudrais montrer notre rapport avec l’éléphant, ce n’est pas uniquement un animal que l’on élève, mais un individu faisant partie intégrante d’une famille. C’est ce que je voulais transmettre comme message. Ensuite, l’art cinématographique ainsi que l’art martial dérivé des éléphants doivent ne faire qu’un.

L’interprète : J’aimerais que vous répondiez à la question sur la durée. Combien de temps pour préparer les éléphants ?

Tony Jaa : (surpris) Humm... deux jours.

L’interprète : Ahhhh ! (surprise) Deux jours ?

Rires de ma part. Les autres emboîtent sans trop comprendre.

Tony Jaa : Oui, parce que je les connais, je connais leur comportement.

Julien Sévéon : Un petite question sur les combats. N’a-t-il pas l’impression qu’il est allé tellement loin dans Ong Bak que l’on comparera tout ce qu’il fera par rapport à ce premier film ?

Tony Jaa : Je n’ai jamais pensé qu’Ong Bak percerait autant et serait une aussi grande réussite. Mon rêve est déjà réalisé, le reste est comme un bonus. Mais je me rends compte que mes fans sont aussi hors de la frontière thaïlandaise. J’ai l’impression d’avoir réalisé quelque chose de précieux. Mon but dans l’existence, c’est la recherche du bonheur, mais aussi de transmettre ce bonheur. Cela me donne beaucoup de force. Tout cela fait partie de l’art qui m’a été enseigné. Se faire plaisir et le faire à fond, cela m’apporte beaucoup de paix. Je suis heureux.

F. Ambroisine : Pour moi, dans Tom-Yum-Goong, on oppose le muai thai aux autres arts martiaux (kung-fu, capoeira...). J’aimerais savoir si ces scènes sont plus dures à préparer ? Et par rapport à la différence de nationalités ainsi que de physiques... Comment arrive-t-il à coordonner les différents types d’arts martiaux ?

Tony Jaa : Nous voulions faire quelque chose de différent par rapport à Ong Bak. Comme nous avions un budget supérieur, l’objectif était de concrétiser nos visions, et nous le pouvions grâce ce budget. Toutes les limites de mes capacités devaient être exploitées. Difficile ? Oui, difficile, très difficile, mais tellement amusant. C’est tellement gratifiant de réunir toutes ces stars étrangères. J’aimerais avoir le monde entier dans mon film !!! (rires)

Cinémasie : Par rapport à cela, et comme il y a une certaine compétition entre les cascadeurs, comment a-t-il réussi à gagner la confiance des étrangers qui n’ont jamais travaillé avec lui ?

Tony Jaa : Toutes ces stars sont des artistes martiaux accomplis et suffisamment professionnels pour que cela se passe sans encombre. Il n’y a pas besoin de se parler, tout coule de source.

Cinémasie : Jackie Chan, par exemple, travaille toujours avec son équipe de cascadeurs... Comment leur faire confiance ?

Tony Jaa : Parce qu’ils ont vu Ong Bak et ils ont beaucoup apprécié, ils ont été heureux de tourner avec moi. Ils m’ont dit qu’ils feraient le nombre de prises nécessaires pour que cela soit le plus parfait possible. C’est ça, la confiance. Si je reçois un coup de pied dans la gueule, ça fait rien, si eux reçoivent un coup, cela ne fait rien non plus. C’est parce qu’ils veulent donner le meilleur d’eux-mêmes.

Fantastikasia : Je crois qu’il prépare un film qui s’appelle Dab Thai. Où est-ce qu’il en est ?

Tony Jaa : Je suis en préparation... Mais je suis en préparation sur plusieurs autres histoires.

Cinémasie : Est-ce qu’il envisage de faire connaître de plus en plus le cinéma thaï ou envisage-t-il de travailler avec Luc Besson ou Hollywood ?

Tony Jaa : Pour le moment, d’abord la Thaïlande.

Merci Beaucoup à Tony Jaa, khop khun krap ! C’était vraiment un plaisir de bavarder avec une star qui n’a pas encore la grosse tête et qui croit beaucoup en ce qu’il fait. Il est resté néanmoins trop professionnel, élaguant les questions hors-sujet (le sujet incontournable étant évidemment Tom Yum Goong). Le vrai Tony Jaa reste pour le moment inconnu. Ce qui demeure, c’est son extrême gentillesse.

En partant, nous avons vraiment l’impression d’avoir vécu une expérience unique, loin des interviews habituelles...

Ah oui, Maguy, notre rédactrice, était tétanisée pendant l’interview. Tony Jaa lui a demandé son origine avant qu’on ne parte. Il la trouvait jolie. ;o) Elle va faire des jalouses !

L’honneur du Dragon ou Tom-Yum-Goong sort le 8 février 2006 sur les écrans français.

D’après le site Tonyjaa.org, L’honneur du Dragon ou Tom-Yum-Goong sera projeté en avant-première au Grand Rex le 20 janvier en présence de la star. Des places sont à gagner sur le site non officiel de Tony Jaa.


- voir le site officiel du film

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