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Int.Takeski Zatoichi Kitano : dans le tranchant du sujet

Journaliste indéterminé : La figure de Zatoichi est une icône très récurrente et très vénérée au Japon, or le film se moque quand même un peu du personnage au final. Quel est donc votre rapport à la tradition et à la mythologique du personnage ?

Takeshi Kitano : La tradition est quelque chose de suffisamment fort pour rester dans l’Histoire, donc forcément, je la respecte. Mais je pense aussi qu’il faut l’actualiser, il faut savoir ajouter des choses nouvelles pour qu’elle puisse se perpétuer. C’est ce que j’ai fait avec le personnage de Zatoichi : vous semblez penser que je me suis un peu raillé du personnage, mais moi, je l’ai juste mis au goût du jour.

- Cosmopolitaine, émission sur France Inter : Monsieur Kitano, vous incarnez la énième aventure de Zatoichi, dont vous avez écrit vous-même le scénario. Vous le dotez d’une chevelure blonde oxygénée, et puis, surtout, il est aveugle. Je me suis demandée si Zatoichi avait toujours été aveugle dans ses nombreuses adaptations ciné, télé et même manga ou s’il s’agissait au contraire d’une touche personnelle. Puisque c’était effectivement le cas, en interprétant ce personnage, donc en jouant un aveugle, n’avez-vous pas voulu - on sait que vous avez perdu un œil dans un accident de moto - pousser l’expérience jusqu’au bout, jusqu’à sa limite, en quelque sorte ?

Takeshi Kitano (esquivant subtilement le problème soulevé et répondant - volontairement ? son petit rire à la fin de la réponse me fait penser que oui - légèrement à côté de la question) : En fait, le personnage de Zatoichi a été pratiquement « fabriqué » par Katsu, car il s’agissait au départ uniquement d’un personnage secondaire dans un roman. Il y avait donc quelques conditions sine qua non à respecter : il est aveugle, c’est un masseur et un maître du sabre, il possède une canne-épée et, enfin, il vit à la fin du XIXe siècle. Quand on m’a proposé le film, on m’a alors dit que si je respectais ces quelques conditions, j’étais libre de faire le film que je voulais : de choisir les costumes et la couleur de cheveux que je voulais, de raconter l’intrigue que je voulais, etc. J’ai choisi par conséquent de faire un Zatoichi blond afin qu’il « ressorte », qu’on le distingue bien dans les scènes de combat. J’ai choisi de peindre sa canne en rouge un peu pour les mêmes raisons, et puis aussi parce que je me suis dit que le rouge, c’était propice dans un film d’époque.

- Journaliste indéterminé : En Occident, on a quelques fois expliqué la disparition de la noblesse par l’apparition des armes à feu. Dans votre film, il y a un pistolet qui apparaît entre les mains d’un personnage qui est un personnage sans honneur. Vous qui avez tourné beaucoup de films avec des gangsters utilisant des armes à feu, et qui montrez cette fois-ci des gens qui se battent avec des sabres ou des bâtons, pensez-vous que l’apparition des armes à feu a entraîné une disparition de certaines valeurs telles que l’honneur ? Et du point de vue cinématographique, avez-vous préféré filmer des combats avec des revolvers ou des combats avec des sabres ?

Takeshi Kitano : Oui, au Japon autrefois, les armes à feu étaient très mal vues, et c’était une preuve de grande lâcheté que d’utiliser une arme à feu entre deux guerriers qui combattaient. Dans le film, ça montre donc le caractère particulièrement mauvais du personnage. Quant à la différence entre une scène de combat avec des armes à feu et une avec des sabres, si l’on compare les deux cinématographiquement, c’est qu’avec une arme à feu l’adversaire peut être très éloigné, tandis qu’avec des sabres on est très proches : c’est presque comme une chorégraphie, une sorte de danse. Il est donc plus difficile de bien montrer l’action quand on tourne une scène avec des armes à feu. C’est d’ailleurs pourquoi, il me semble, de plus en plus souvent les combats avec des armes à feu mettent eux-mêmes en scène des personnages rapprochés. Je pense ainsi aux films de Quentin Tarentino, pour citer un exemple récent.

- Journaliste indéterminé : Quelle a été votre approche spécifique du film de sabre et quelle est votre opinion de ce genre particulier ?

Takeshi Kitano : Il faut distinguer deux choses : d’une part, l’art du sabre dans ce qu’on appelle le bushido, à savoir la voie du guerrier, le code martial des samouraïs, qui s’apparente donc à la tradition des arts martiaux et qui est quelque chose de très sérieux ; d’autre part, le chambara, qui est un terme plus récent utilisé pour le cinéma et le théâtre, où c’est plus de l’ordre du divertissement, les combats étant représentés comme des sortes de chorégraphies. Pour Zatoichi, j’ai voulu faire un film qui soit plus proche des vrais arts martiaux que du chambara, c’est-à-dire du film de sabre classique.

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