Un petit manque de coordination fait décaler toute la soirée. C’est donc avec 45 minutes de retard que nous nous installons pour la projection de
Ju-on. Le sympathique Marc Lamothe, directeur du marketing et des communications pour FanTasia, vient prendre le micro. Il tient à nous remercier, car c’est grâce au public si FanTasia connaît un tel succès. Le festival fait la une des journaux montréalais et, demain, celle des journaux torontois. Il est sur toutes les lèvres aux bulletins de nouvelles de ce soir. L’an dernier, 16 000 billets avaient été vendus lors des deux premières journées. Cette année, la seule première journée de vente a vu... 30 000 billets s’envoler ! Marc nous remercie encore et nous invite au gros « party » de lancement qui a lieu un ou deux étages plus haut.
Le film va enfin commencer. Eh non ! Nous avons droit à des bandes annonces originales,
Gozu,
Azumi,
Haute tension,
Memories of Murder et
Dead & Breakfast, la première et la dernière déclenchant une réaction des plus... festives.
Puis, le silence s’installe sur la salle quasiment remplie.
Ju-on : « malédiction issue de la rancune éprouvée par une personne qui meurt en proie à une colère terrible. Elle empreint les lieux que la personne fréquentait et agit sur ceux qui entrent en son contact pour finir par se renouveler. »

Rika, jeune travailleuse sociale bénévole, est envoyée à la maison de la vieille Sachie. Les lieux comme la vieille femme semblent laissés à l’abandon. Le fils et la belle-fille ne rentrent pas. Rika découvrira un chat, un petit garçon et... un fantôme. Elle vient inopinément d’ouvrir une boîte de pandore...
On entre donc assez rapidement dans le vif du sujet, et la « malédiction » s’enchaîne par une série de tableaux, sans nécessairement suivre un certain ordre chronologique. Le réalisateur sait faire bon usage de la configuration des lieux pour nous maintenir sur nos gardes. Attention, le film ne fonctionne pas toutefois sur la tension, l’usure de nos nerfs, à la façon de
Ring ou de
Phone, mais bien sur l’horreur, la terreur engendrée par ce que l’on voit, à l’instar de la scène clé de
Ring, et par ce que l’on entend aussi. C’est donc véritablement un film d’épouvante. Et la pensée qu’on peut être surpris dans le quotidien, dans les moments ordinaires de la vie, engendre la pire terreur. On ne s’attend pas à cela comme on appréhende les scènes dans les lieux maudits.

La terreur est donc au rendez-vous. Néanmoins, le dernier tableau apparaît presque de trop. Un resserrement aurait ajouté à l’efficacité de l’ensemble, même si le tout ne dure qu’une heure et demie. Évidemment, si vous êtes blasés à force d’en avoir vu d’autres,
Ju-on vous laissera de marbre. Il est vrai qu’on devine souvent ce qui va arriver, mais cela n’empêche aucunement de connaître une vraie terreur. En tout cas, la salle, très réactive, semblait sensible à ce qui se passait à l’écran ! Nous avons eu droit à un cri d’effroi - même si on pouvait s’attendre à l’apparition, celle-ci n’a pas manqué son effet ! - et à des applaudissements après un tableau particulièrement éprouvant. Mon voisin, qui doit apprécier ce genre de film puisqu’il était présent, avait pourtant des réactions de répugnance, de dégoût ! Je lui dois d’avoir contribué au divertissement.
Bref, je peux dire que l’expression « faire dresser les cheveux sur la tête » a pris tout son sens lors de cette projection !
À noter que, comme l’annonçait le collègue Wolverine dans sa critique du film, à lire
ici, le réalisateur Takashi Shimizu lui-même, chapeauté par Sam Raimi, a adapté
The Grudge pour Hollywood. Cette version est censée mêler des éléments du film original et de ses suites. La tueuse de vampires Sarah Michelle Gellar fera face cette fois aux fantômes, et ce, dès cet octobre.