Une seule projection pour
Gagamboy, et encore, dans la petite salle ! Cependant, les organisateurs auraient-ils eu du flair ? La salle est à peine à moitié remplie... Le
Spider-Man philippin ne pique pas la curiosité. La description du film laisse l’impression qu’on va avoir affaire à un truc ringard ou bien l’heure de projection en début d’après-midi n’encourage pas à s’enfermer ? Quoi qu’il en soit, mal leur en a pris aux absents, cette fois, ils ont bien eu tort !
Après un prologue un tantinet longuet, qui donne toutefois l’impression de nous plonger dans les années 70, tant par l’image que par l’action, le générique enchaîne, sous forme de cases de B. D., nous montrant les déchets toxiques dont s’abreuvent certains insectes... Cela nous renvoie au générique de
Spider-Man 2 dont le découpage B. D. nous rappelait le premier film. Sauf que
Gagamboy est sorti l’an dernier !
Le jeune Junie perd son poste de vendeur de glaces ambulant et se retrouve à faire le ménage dans un entrepôt. Il perd aussi son nouvel emploi non sans avoir été piqué entre temps par une araignée « toxique ». Une fois rentré dans le bidonville où il habite, il se découvre des pouvoirs, plus particulièrement une sorte de glue issue de ses paumes, avec laquelle il peut faire n’importe quoi. Junie décide de devenir alors le justicier « gagamboy » ou « spider boy » à l’image du héros d’une B. D. locale ! Mais la vie de super héros n’est pas des plus faciles quand les habitants n’ont que faire d’un pareil sauveur ! Gagamboy affrontera néanmoins un super vilain, l’affeux Ipisman, l’homme cafard, pour sauver une belle, convoitée par les deux...

Je t’aurai, l’araignée ! Euh...
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Comme on peut le constater, loin ici la grandiloquence d’un
Spider-Man hollywoodien, pas de gratte-ciel, pas de grand méchant qui menace la métropole, nous restons à la hauteur du citoyen. Dans le bidonville « Acmeville », le héros que les gens demandent est celui qui sait rafistoler la tôle des taudis et rétablir le courant électrique... Et la belle ne sert pas au chantage, mais constitue bien l’enjeu de l’affrontement.
Nous ne sommes pas conviés toutefois à un film triste sur une dure réalité sociale, mais à une parodie fort divertissante ! Le héros piétiné par tous, la belle à qui il ne peut dire qu’il l’aime... Se combinent ici les opus 1 et 2 de l’homme araignée, de manière fort joyeuse.
Pas besoin d’inventer un grosse histoire, il suffit de puiser dans le quotidien pour en tirer plein de situations drolatiques. La division de l’écran par intervalles ne manque pas de nous rappeler que nous nageons en plein «
comic book » tout comme la musique à saveur « super héroïque » façon années 60-70. Les effets spéciaux réussis complètent bien le tout.
Les comédiens soutiennent l’ensemble avec bonheur. Le jeune - et beau gosse - Vhong Navarro endosse visiblement avec plaisir le costume de super héros parfois maniéré et « grimaceux » comme on a rarement vu. Jay Manalo, en l’ennemi Dodoy, est aussi caricatural dans la manière du méchant. Quant à la jeune et jolie Liana, elle n’hésite pas à casser l’image de l’héroïne parfaite ! Et que dire de la savoureuse couturière...
On pouvait se demander ce qu’on allait voir là. Eh bien !
Gagamboy s’est révélé une agréable surprise qui saura bien faire rire ceux qui auront la chance de la découvrir !