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11e Festival du film asiatique de Vesoul

La vache

La vache

Voici donc notre premier film iranien. Celui-ci raconte l’histoire d’un homme, Hassan, qui vit dans un petit village campagnard. Il est le seul habitant à posséder une vache. Celle-ci est donc vénérée (il va jusqu’à dormir avec elle dans l’étable certains soirs) pour le lait qu’elle donne aux habitants. Mais Hassan a constamment peur des Boulouris, des villageois proches qui sont intéressés eux aussi par cette vache qui s’apprête à mettre bas. Un jour, il s’absente, et sa vache meurt. Tout le village va se mobiliser pour essayer de lui cacher la terrible vérité en essayant de lui faire croire qu’elle s’est sauvée. Mais celui-ci n’est pas dupe, il sait qu’elle n’irait nulle part sans lui. Il commence donc à perdre la raison, malgré le soutien de ses amis.

Une œuvre majeure dans le cinéma iranien puisqu’il aura fallu pas mal de temps avant que son pays d’origine puisse la découvrir. Le film sera diffusé dans de nombreux festivals avant de pouvoir enfin apparaître sur les écrans iraniens. Le grand acteur Ezzatollah Entezzami y joue un rôle exceptionnel. D’un paysan heureux avec sa vache, il sombrera dans la folie jusqu’à un destin inévitable.

Ce film est pour nous une véritable découverte, et je pense qu’encore peu d’entre vous ont eu l’occasion de tester le cinéma iranien. La vache nous fait comprendre l’importance d’un animal dans un petit village, ce qu’il peut amener, et la tristesse qui arrive à sa perte. À découvrir de toute urgence.

La note de Wolverine : 7/10

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Hassan et sa vache


L’avis de Mercano Boy : Dans le cadre d’un festival qui ne se limite pas à l’Asie dans sa partie orientale, nous avons donc pu visionner ce film iranien de 1969. Mais La Vache n’est pas n’importe quel long métrage, puisqu’il est considéré comme une œuvre majeure dans son pays d’origine, étant donné qu’il ne s’agit pas moins que du premier film iranien à avoir participé à plusieurs festivals internationaux, après avoir été dans un premier temps censuré à l’intérieur de ses frontières...

Sur une trame qui peut paraître au premier abord quelque peu saugrenue (un homme se prend peu à peu pour sa vache lorsqu’il apprend que celle-ci est morte...), le film se révèle en fait être un drame poignant sur l’attachement d’un humain envers son animal qui est son bien le plus précieux, d’autant plus que sa vache va bientôt mettre bas... De plus, il ne faut pas perdre de vue que, pour un pauvre paysan, l’achat d’un tel animal est généralement l’investissement de toute une vie, ce qui explique tous les soins qu’apporte Hassan à sa vache pour la maintenir en bonne santé et la protéger des trois Boulouris, des pillards qui ne cessent de rôder autour de son village.

Mais ce qui amène au film toute la crédibilité nécessaire à cette étrange histoire, qui voit unir ces deux êtres sans tomber dans le grotesque que n’aurait pas manqué d’entraîner une telle relation, est sans conteste l’interprétation de Ezzatollah Entezami... C’est bien simple, l’acteur iranien livre ici une prestation tout à fait magistrale qui fait que l’on ne doute jamais de la « connexion » sincère qui le relie à sa vache, notamment quand il lui parle toute la journée comme s’ils se comprenaient parfaitement. Et lorsque l’ « osmose » est rompue avec la mort de l’animal et que le personnage d’Hassan commence à s’identifier à celui-ci, Ezzatollah Entezami nous donne à voir l’étendue de son immense talent. Doté d’une incroyable prestance, le comédien est également pourvu d’un regard d’une puissante profondeur, au point que l’on peut même discerner dans ses yeux un certain côté « bovin » plutôt troublant...

La mise en scène de Dariush Mehrjui dépeint quant à elle parfaitement le milieu rural dans lequel évoluent les protagonistes et rend bien compte de la menace que représentent les Boulouris, en choisissant de filmer trois silhouettes sombres qui reviennent périodiquement, juchées en haut d’une colline...

Alors, si vous décidez de franchir le pas afin d’appréhender des cinématographies différentes et méconnues du grand public comme le cinéma iranien, découvrir La Vache peut s’avérer être une très bonne opportunité...

La note de Mercano Boy : 7/10

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Ezzatollah Entezami


Nous avons pu nous entretenir avec le grand Ezzatollah Entezami.

Fantastikasia : Bonjour. Nous venons de découvrir La vache de Dariush Mehrjui. Pouvez-vous nous parler du tournage de ce film ?

Oui. Que voudriez-vous savoir ?

Fantastikasia : Comment a été accueilli ce film en Iran à sa sortie ?

Ce fut un grand succès, mais dur à faire découvrir. Il a été présenté dans de nombreux festival, notamment Venise en 1971 et Chicago. Il aura fallu le ramener discrètement ensuite pour le faire découvrir à mes compatriotes. En Iran, beaucoup de films ne sont jamais diffusés. Le plus souvent, ils sont importés frauduleusement...

Fantastikasia : Quels sont les pays les plus représentés dans les cinémas iraniens ?

Les films français. Ils sont très prisés. Les films américains sont moins recherchés. Mais qu’ils viennent de n’importe où, il faut toujours les faire arriver en contrebande.

Fantastikasia : En ce qui concerne les acteurs de La vache, s’agit-il de professionnels ou de figurants ?

Il y avait en majorité des villageois, mais aussi quelques acteurs professionnels.


Merci à ce grand acteur pour ces quelques mots...


P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Titre original : GAV
Réalisateur : Dariush Mehrjui
Pays : Iran
Année : 1969
Interprètes : Ezzatollah Entezami, Ali Nassirian, J. Mashayekhi, Esmat Safavi, Jafar Vali, Mahin Shahabi, P. Fanizadeh
Scénaristes : Dariush Mehrjui et Gholam-Hossein Saedi d’après Les endeuillés de la pelle de Gholam-Hossein Saedi
Directeur de la photographie : F. Ghavanlou
Monteur : Zari Khalaj
Compositeur : Hormoz Farhat
Producteurs : Dariush Mehrjui et le ministère de la Culture et de l’Art
Image : noir&blanc
Durée : 104 min
Contact : Farabi Cinema Foundation (Iran)

Festivals : Prix de la Critique Internationale à Venise - Hugo d’argent du Meilleur Acteur au 7ème Festival de Chicago en 1971

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