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13e Festival des cinémas d’Asie de Vesoul

VESOUL 2007 : interview de Chu Chen On, producteur hongkongais

VESOUL 2007 : interview de Chu Chen On, producteur hongkongais

Fantastikasia a pu rencontrer M. CHU CHEN ON, producteur du film Ma Mère est une danseuse du ventre (My Mother Is a Belly Dancer), présenté en compétition au 13ème Festival international des cinémas d’Asie (FICA) de Vesoul. Rendez-vous a donc été pris pour parler du film et de la production hongkongaise actuelle avec ce très sympathique personnage. Sans plus attendre, voici cet entretien...

Fantastikasia : Pourquoi avez-vous choisi de produire ce film en particulier ?

Eh bien, tout d’abord, le sujet m’a paru très intéressant. Le film raconte l’histoire de ce qu’on nomme péjorativement en cantonais les « see lai ». Ce sont des femmes d’âge mûr qui ont arrêté de prendre soin d’elles au profit de leur famille, enfants et mari. Ayant eu moi-même trois frères, je me suis toujours demandé ce qu’il pouvait se passer à la maison entre le matin où nous partions à l’école et le soir où nous rentrions tous. Car, en effet, le ménage était fait, le linge était repassé, le repas était prêt... Notre père et nous n’avions plus qu’à nous mettre à table ! Donc, pour moi, ce film, c’était un peu mettre une caméra dans un coin et observer ce que faisait ma mère dans la journée... « See lai » est un terme véritablement spécifique à Hong Kong.

Le phénomène, lui, est par contre assez universel. En France, par exemple, on parle de « ménagères de moins de 50 ans »...
À propos, comment s’est effectué le choix des actrices ? Il m’a semblé reconnaître une des interprètes de la comédie Men Suddenly in Black, dans laquelle jouait Eric Tsang, il y a quelques années de cela...

Oui, tout à fait, c’est bien elle... En fait, la distribution des « taties » est composée d’actrices qui étaient assez populaires il y a quelques années. Elles étaient connues pour avoir fait de la télévision, ou bien elles ont joué dans un ou deux films, puis ont disparu des écrans... Nous voulions que le public se dise en les voyant « mais... je connais ce visage ! »

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Mercano et Chu Chen On


Donc le film contient une parabole sur le parcours professionnel des actrices elles-mêmes !...

Oui ! Ces femmes avaient fini par devenir des « see lai » dans la vraie vie ! Elles font en quelque sorte leur « comeback » pour ce film !

C’est intéressant... Et pourquoi avez-vous opté pour la danse du ventre en particulier comme moyen pour ces personnages de s’évader de leur morne quotidien ?

Nous avons choisi la danse comme moyen d’expression des protagonistes, et il nous a semblé que la danse du ventre était à la fois un acte sensuel, mais aussi beaucoup plus naturel que n’importe quelle danse de salon. La danse du ventre est une façon simple pour ces femmes de laisser transparaître leurs sentiments de manière spontanée... Nous avons fait des recherches et avons découvert que beaucoup d’employées de bureau pratiquent cette forme de danse, une fois sorties du travail, surtout au Japon. Incontestablement, c’est le côté naturel de cet art qui nous a plu.

Lors de la présentation de Ma Mère est une danseuse du ventre au public du festival, vous avez indiqué que 60 % de la population de Hong Kong vit dans des logements sociaux tout comme les personnages du film (de grandes tours type HLM). Est-ce une manière de dresser un constat ?

Le film a été tourné dans une de ces grandes tours, dans lesquelles j’ai moi aussi grandi, mais il essaye de livrer un message optimiste. Je me rappelle que, lorsque je voulais faire une activité sportive, par exemple, je sortais de chez moi, et avec des voisins, nous nous rassemblions quelque part et cela nous permettait de tisser des liens... C’est ce qui se passe pour les protagonistes dans le métrage. Vous savez, je suis quelqu’un de très optimiste, je cherche toujours le côté positif de chaque situation... Et puis, le véritable ensemble des tours où le tournage a eu lieu se nomme « Over the Rainbow » (Par delà l’Arc-en-ciel)... C’est un clin d’œil pour établir une connexion avec le message positif du film.

De même, le rôle de la musique va dans ce sens, et les paroles de la chanson principale, qui n’était malheureusement pas sous-titrée, ont un véritable sens. Elles parlent de la recherche d’un meilleur avenir...

D’ailleurs, comment avez-vous trouvé la musique ?

Eh bien, c’est très... dansant ! On avait envie de quitter son fauteuil pour rejoindre les personnages...

Ah oui ? Tant mieux. Le compositeur est un ami qui signe là sa première bande originale. Il vient du rock à la base.


Je trouve que le mélange entre musique typique orientale et tonalité plus moderne avec l’usage de sons électroniques est plutôt réussi...

Merci pour lui. J’aime beaucoup cette bande originale et, quand je l’ai entendue pour la première fois, j’étais vraiment très satisfait du résultat.

Le film compte également un invité de marque en la présence de la superstar Andy Lau, qui occupe également le poste de producteur exécutif...

Oui !... Le film fait partie à l’origine d’un projet de production de six longs-métrages, lancé par la société d’Andy Lau, FOCUS FILMS. Les six projets se répartissent entre Hong Kong, la Chine, la Corée et Singapour. Andy Lau ne joue pas dans toutes ses propres productions, mais dans le cas présent, il a beaucoup aimé le scénario et a demandé à avoir un petit rôle dans le film...

(Ndlr : et pour ne pas faire mentir le proverbe « on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même », Andy s’est confié le rôle d’un propriétaire de bar chic dans lequel a lieu une gigantesque soirée « danse du ventre » ; séquence où, accompagné de magnifiques créatures, il est absolument le seul mâle présent !!! C’est alors que plus « Andy style » que jamais, il lâche un « ENJOY ! » à la charmante assemblée présente... Ben, tu m’étonnes...)

Le film a-t-il connu le succès lors de sa sortie à Hong Kong ?

Le film a marché, mais pas exceptionnellement. Mais bon, c’est le producteur qui parle !... (Rires) Par contre, il connaît de beaux jours en DVD et vient de passer sur une chaîne câblée...

A-t-il été diffusé dans d’autres pays ?

Uniquement lors de festivals asiatiques comme celui de Pusan, par exemple, avant d’arriver ici, à Vesoul.

Reçoit-il un bon accueil public lors des festivals ?

Oui, les gens l’aiment bien...

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Wolverine et Chu Chen On


Quel est votre prochain projet ?

Par le biais de ma société October Pictures, je vais participer cette fois-ci à la production d’un film chinois intitulé One Summer With You.

Pour terminer, j’aimerais que vous nous parliez du paysage cinématographique hongkongais depuis la Rétrocession de 1997... Avez-vous eu peur de cette réunion avec la Chine ?

Non, je ne crois pas que l’industrie ait eu peur. Au contraire, la réunion avec un aussi vaste territoire nous a ouvert un énorme marché. Seulement, nous nous sommes vite aperçu de la totale différence entre nos deux cultures, alors il va falloir que nous nous adaptions pour atteindre nos nouveaux enjeux.

Pensez-vous que la production de Hong Kong soit sortie de la crise ?

Pour moi, la situation actuelle est préférable au temps où Hong Kong produisait des films de kung-fu à la chaîne... Nous exploitions toujours plus le filon. Maintenant, il y a certes moins de films qui sortent chaque année, mais ils sont à mes yeux de meilleure qualité.


Entretien réalisé le 18 février 2007 lors du Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul.

Nous remercions chaleureusement M. CHU CHEN ON pour son extrême cordialité.

Et (évidemment) un grand merci une fois de plus à la « Dream Team » vésulienne composée de Yannick Denoix et du désormais légendaire couple formé par Martine et Jean-Marc Thérouanne !

Coup de chapeau aussi à tous les bénévoles qui ont fait du FICA un rendez-vous incontournable pour les fans que nous sommes !

BRAVO À VOUS ! RESTEZ TOUJOURS AUSSI PASSIONNÉS !

Nota : Ma Mère est une danseuse du ventre ayant constitué le « Coup de cœur » du Jury Guimet, il sera très certainement programmé à l’auditorium du musée Guimet (Musée National des Arts Asiatiques de Paris), ainsi qu’une sélection d’autres films de cette édition du festival, dont le Cyclo d’or (Out of Sight, Israël) et le prix Emile Guimet (Bes Vakit, Des temps et des vents, Turquie) qui seront projetés, eux, les mercredi 14 et vendredi 16 mars 2007.

Pour en savoir plus, contacter le musée Guimet au 01.40.73.88.18 ou à cette adresse musée Guimet.

P.-S.

FICHE TECHNIQUE de Ma Mère est une danseuse du ventre  :
Titre cantonais : See Lai Mme Yee Tcho
Titre anglais : My Mother Is a Belly Dancer
Réalisation : Lee Kung Lok, Wong Ching Po
Pays : Hong Kong
Année : 2006
Interprétation : Kristal Tin, Lam Ka Tung, Sydney, Amy Chun, Kent Tong, Andy Lau
Scénario : Erica Lee
Image : Lee Kung Lok
Montage : Billy Cheung, Daniel Yu
Son : Tu Du-chih
Production : Focus Films & October Pictures
Durée : 100 min
Support : Ciné (FICA de Vesoul 2007)


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