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4e festival international du film fantastique de Neuchâtel

Interview d’Erik Charles Matti, le « Gagamboy-Man »

Interview d’Erik Charles Matti, le « Gagamboy-Man »

Erik Charles Matti est né aux Philippines en 1970. Il débute en 1999 en réalisant Scorpio Nights 2, la suite d’un classique du cinéma philippin. Nous l’avons rencontré à l’occasion de la présentation de son film Gagamboy (sorte de « Spiderman » asiatique appelé aussi « Spiderboy ») en compétition internationale à la 4ème édition du NIFFF.

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Erik MATTI et Mercano Boy

Fantastikasia : Pourquoi avoir choisi le thème du super héros pour ton film, surtout actuellement, lorsque l’on voit les Américains adapter toutes les grandes figures de la firme Marvel ?

Erik MATTI : Gagamboy n’essaie évidemment pas de concurrencer Hollywood et son Spiderman, il n’est d’ailleurs pas destiné au marché international... Pour mon film, je ne disposais pas d’un gros budget (environ 350 000 dollars US, ndlr), ce qui est un frein pour l’ambition : je ne pouvais donc pas transposer toutes mes idées à l’écran. De plus, il faut savoir que j’étais le troisième réalisateur à être engagé pour le projet... Donc, Gagamboy est avant tout une parodie de Spiderman avec une histoire amusante.

Fantastikasia : Y aura-t-il une suite ?

Erik MATTI : (rires) Non, je ne pense pas. Le producteur de Gagamboy ne l’a pas du tout aimé ! Il a trouvé que c’était un « petit » film, il s’attendait à quelque chose d’énorme, avec un super héros volant autour de la statue de la Liberté ou quelque chose comme ça... En plus, il aurait voulu un film destiné principalement aux enfants, ce qui n’est pas exactement le cas...

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Erik en plein travail

Fantastikasia : Quels sont tes projets ?

Erik MATTI : Après Gagamboy, j’ai tourné un mélodrame intitulé Manopo (terme espagnol désignant le respect que l’on doit aux personnes plus âgées) avec le même producteur dont c’était le scénario original. Ce fut un cauchemar à réaliser : je tournais en effet avec pas moins de seize stars locales !... Et il y avait constamment des problèmes avec leurs agents respectifs...
À l’heure actuelle, je développe un scénario pour la société Digital Movie dont je finance moi-même le projet.

Fantastikasia : Que penses-tu du fait que ton film soit présenté ici, au festival de Neuchâtel ?

Erik MATTI : C’est une très bonne chose pour Gagamboy. Vous savez, on a pris beaucoup de plaisir à faire ce film, notamment sur le plateau de tournage où l’ambiance était très conviviale, et je suis heureux d’avoir l’occasion de le montrer ici, à Neuchâtel.

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Erik MATTI et Wolverine

Fantastikasia : Quel a été le cheminement du film jusqu’ici ?

Erik MATTI : Gagamboy est sorti aux Philippines au moment de Noël, pendant une période de deux semaines durant laquelle les cinémas n’affichent que des productions locales. Durant cette période se tenait d’ailleurs l’assemblée générale des réalisateurs philippins.
Il a été programmé au Hong Kong Film Festival, puis a été repéré pour être présenté lors de festivals occidentaux. Il a ainsi été montré en Italie, à l’Udine Far East Film Festival, avant d’intéresser les organisateurs du festival de Toronto qui voulaient une copie du film. En fin de compte, ils n’ont pas souhaité le présenter mais l’ont orienté vers le festival de Sitges qui n’a pas donné de réponse et finalement vers le NIFFF, où je suis très content d’avoir été accueilli.

Fantastikasia : N’y a-t-il eu aucun problème durant le tournage ?

Erik MATTI : (éclats de rires) Si, bien sûr ! Au beau milieu des prises de vue, l’acteur qui incarne le méchant de l’histoire n’a plus voulu porter le costume de l’affreux Ipisman (l’homme-cafard) ! Il disait qu’il faisait une chaleur insoutenable à l’intérieur et refusait catégoriquement d’enfiler une fois de plus son accoutrement... et, bien évidemment, personne ne voulait prendre sa place ! Les trois doublures ont refusé aussi. J’ai donc dû chercher dans mon entourage, aussi bien que dans le quartier où j’habite, un susceptible remplaçant et j’ai finalement trouvé quelqu’un qui a bien voulu endosser le fameux costume : un acteur totalement non professionnel ! En plus de cela, il faut savoir qu’aux Philippines il n’y a aucune limite horaire sur un plateau de cinéma (contrairement à Hollywood par exemple)... Donc, je travaillais à la fois sur Gagamboy et sur Manopo, car les journées de travail ne font pas 12 heures, mais facilement le double !... Et c’est comme ça qu’on tourne en 10 jours un film qui en demande 20 habituellement...

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Préparation d’une scène

Fantastikasia : Est-ce que les choses ont été plus faciles avec l’acteur qui interprète Gagamboy ?

Erik MATTI : Oui, beaucoup plus, car Vhong Navarro, qui tient le rôle du super héros, a une formation de danseur et possède donc une grande agilité et une belle souplesse dans ses mouvements. Cela nous a été très utile pour les chorégraphies des combats. De plus, il avait été un de mes élèves dans un cours d’art dramatique il y a sept ou huit ans, nous nous connaissions donc bien, et cela faisait longtemps que je désirais le faire tourner dans un de mes films. Jusqu’à présent, il n’avait jamais tenu de rôle principal et jouait toujours le meilleur ami du héros... Je dois dire que le tournage de Gagamboy s’est effectué dans d’excellentes conditions (hormis l’épisode du costume d’Ipisman...), au point que nous avons vraiment eu l’impression de faire un film « entre amis » !...

Fantastikasia : Comment se porte la production cinématographique aux Philippines ?

Erik MATTI : Après avoir connu un véritable pic en 1998 avec 180 films réalisés, la production philippine est en baisse constante depuis. Arrivés au milieu de l’année 2004, nous en sommes à une vingtaine de films produits, nous devrions donc terminer entre 40 et 50 films d’ici la fin de l’année...

Fantastikasia : Vers quel(s) pays vont tes préférences cinéphiliques ?

Erik MATTI : Je suis surtout très admiratif du cinéma japonais actuel. J’aime beaucoup les œuvres de Kyushi Kurosawa, Hideo Nakata et Takashi Miike entres autres... J’aime aussi les films de la Chine Centrale, sauf quand ils se transforment en propagande communiste... Je préfère les œuvres qui ne sacralisent pas le régime politique du pays. En Europe, j’apprécie le cinéma italien, sauf s’il s’agit de comédies. Et puis, j’aime aussi les films mexicains, car on y ressent l’esprit hispanique qui est aussi commun aux Philippines puisque nous avons été une colonie espagnole pendant près de 300 ans et que nous avons reçu un fort héritage culturel de l’Espagne, surtout dans la ville où j’habite, qui est restée de tradition très ibérique.

Fantastikasia : Quels sont tes cinéastes favoris ?

Erik MATTI : Je suis un très grand fan de Martin Scorsese. J’aime également beaucoup le travail de Zhang Yimou, qui a signé Hero dernièrement.

Fantastikasia : Pour finir, quel est ton super héros préféré ?

Erik MATTI : (rires) Mon préféré ? Spider-Man, évidemment ! Ce qui me plait, chez l’homme-araignée, c’est son côté sombre qui le rend moins manichéen que Clark Kent, par exemple. Je le trouve aussi moins « politiquement correct » que la plupart des super héros...

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