Rubriques

4e festival international du film fantastique de Neuchâtel

Public Cemetery Under the Moon

Public Cemetery Under the Moon

Les esprits finissent toujours par se venger de leur mauvais sort...

Comme l’indique si bien le titre, l’action de ce métrage prend place dans un cimetière la nuit où une tombe s’ouvre littéralement en deux pour laisser s’échapper le fantôme d’une jeune femme... Le tout présenté par un drôle de narrateur zombifié qui nous conte à quel point le destin peut être cruel pour certains de nos semblables.

Une fois libérée, la jeune femme s’en va sauver un tout jeune enfant mis au supplice d’un poison concocté par deux femmes, une mère et sa fille, dont on va peu à peu comprendre les implications dans l’intrigue. La fille, parfaitement machiavélique, souhaite en effet se débarrasser d’un bébé qui n’est pas le sien avant que son mari, un homme d’affaires reconnu, ne rentre à la maison... mais son plan est mis en échec par l’esprit fraîchement réveillé. De retour chez lui, le mari est alerté par les cris de son fils et ne tarde pas à soupçonner les sombres desseins de sa nouvelle compagne. S’ensuit alors une violente dispute entre les deux époux...

Après cette amorce originale, le spectateur a droit à plusieurs flash-back sur la jeune revenante. Celle-ci était en fait la véritable mère de l’enfant rescapé et la première épouse du riche homme d’affaires. Son union avec ce dernier n’a été possible que par le sacrifice de son frère qui, arrêté en même temps que son futur conjoint pour raisons politiques, a choisi d’endosser l’entière responsabilité de leurs actes et de finir seul ses jours en prison. Ce frère, avant de laisser partir libre son camarade, a fait promettre à ce dernier de rendre sa soeur aussi heureuse que possible... ce qui ne va évidemment pas être le cas.

Derrière cette intrigue à priori complexe, mais qui est amenée progressivement et plutôt bien découpée, se cache une réflexion sur ce fameux destin pointé du doigt dès le départ par le narrateur, qui nous fait part d’ailleurs des affreuses conséquences de ce destin pour lui-même, sans qu’on n’en sache plus sur son état cadavérique (on le croirait sorti tout droit du cimetière si agité, gardé par Francesco Dellamorte...). Cependant, attention, le film n’est pas qu’une longue réflexion sur les affres du destin, mais bel et bien un film de fantôme asiatique de 1967, avec ses effets visuels fantomatiques assez « kitch » (une lampe rouge qui se déplace dans le vide pour signaler la présence du spectre...) et sa musique très stridente qui agresse volontiers nos pauvres tympans aux moments les plus opportuns... Il faut dire que cette oeuvre est un des classiques du film de revenant sud-coréen et, en cela, elle se rapproche des eigas (nippons, donc) comme Les fantômes du marais de Kazane ou The Mansion of the Black Cat par son thème de vengeance d’outre-tombe. J’ai donc découvert qu’il y avait un pendant coréen à ce type de films traditionnellement japonais, à peu près à la même époque.

Les acteurs interprètent bien les sentiments divers de leur personnage respectif, avec une mention toute particulière pour la conspiratrice de service, ancienne cuisinière du couple, puis amante du mari et enfin seconde épouse de celui-ci. Il faut la voir, dans un geste d’un rare machiavélisme, pousser sa propre mère à tenter d’assassiner l’enfant du couple désuni parce qu’il lui rappelle trop son propre crime.

Je n’oublie pas non plus le tout début du métrage (absolument délirant) avec son narrateur à la voix de contrebasse... et les quelques moments (involontairement) drôles du film dus à son année de réalisation (les acteurs surjouent parfois... pour notre plus grand bonheur !)

En somme, un film à découvrir pour tous ceux qui sont curieux de connaître un des ancêtres (version sud-coréenne) de Ring ou Ju-On (The Grudge) sans vraiment se faire trop peur.


L’avis de Wolverine : Histoire traditionnelle de revenants, ce film fait beaucoup penser aux Fantômes du marais de Kazane qui est de la même veine. À noter les bruitages hilarants des scènes fantomatiques (entre autres, les esprits volants qui font un bruit qui n’est pas sans rappeler les vieux films d’OVNIS d’Hollywood des années 50). La bande-son n’est pas exceptionnelle, seuls les effets sonores se font entendre et nous rappellent l’ancienneté de cette œuvre. Certes, le film est vieux et en mauvais état, mais le principal est de pouvoir le découvrir. L’ambiance dans la salle lors de la projection nous a montré la joie du public de regarder ce petit bijou. Un film à voir pour tous les adeptes des histoires de fantômes chinois.


Note de Mercano Boy : 6,5/10
Note de Wolverine : 8/10

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Réalisateur, scénariste : Kwon Cheol-Hwi
Pays : Corée
Année : 1967
Interprétation : Kang Mi-ae (Wol-hyang), Park No-shik (Han-soo), Do Geum-bong, Hwang Hae (Choon-shik), Heo Jang-gang, Jung Ae-ran
Durée : 87 min

Article précédent | pret immobilier
Princess Hibiscus

Article suivant | credit immobilier
Zinda Laash (alias The Living Corpse)


Dans la même rubrique

Azumi (NIFF)
Azumi (NIFF)
Interview d'Erik Charles Matti, le « Gagamboy-Man »
Interview d’Erik Charles Matti, le « Gagamboy-Man »
Gagamboy (NIFF)
Gagamboy (NIFF)
Dragon Head
Dragon Head
Tokyo Godfathers
Tokyo Godfathers

Sur le Web : S'informer sur les conditions d'obtention de votre credit immobilier reste la première action à entreprendre avant d'aller consulter un courtier en pret immobilier afin de négocier le meilleur taux en connaissance de cause. Votre bien immobilier constitue l'investissement le plus important de votre vie. En cas de surendettement, plusieurs solutions de rachat de crédit ou de Crédit hypothécaire peuvent être envisagées. Le référencement naturel dans le secteur immobilier ainsi que du prêt immobilier a donné beaucoup d'abus. C'est de bonne guerre, le référencement payant est si prohibitif.

Articles les plus populaires

Shutter
Shutter
Dor
Dor
King Naresuan