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4e festival international du film fantastique de Neuchâtel

Zinda Laash (alias The Living Corpse)

Zinda Laash (alias The Living Corpse)

Zinda Laash est l’adaptation pakistanaise sur grand écran du Dracula de Bram Stoker. Longtemps considérée comme perdue, la bobine a été retrouvée quasiment dans les poubelles, puis restaurée par Omar Ali Khan, historien du cinéma Bollywood et Lollywood, entre autres activités multiples. Inutile donc de préciser que c’est une véritable perle rare du cinéma asiatique...

Évidemment, pour nous autres Occidentaux, l’histoire est archi-connue. La version pakistanaise adopte bien sûr quelques changements, notamment à cause de la tradition héritée du grand frère indien, c’est-à-dire de nombreuses scènes dansées et chantées. Mais il y a plus.

Tout d’abord, l’action ne se déroule pas au XIXe siècle, mais à l’époque de la réalisation du film, environ vers la fin des années 60. Oubliez donc les calèches et autres diligences tirées par des chevaux aux grosses oeillères noires, les forêts sombres et inquiétantes, et les châteaux perchés au plus haut de montagnes transylvaniennes ! Ici, on déambule en voiture sur des routes de terre au beau milieu d’immenses plaines... On est donc beaucoup plus dans la réalité sociale de l’époque au Pakistan.


Ensuite, le fameux comte Dracula se retrouve ici dans la peau d’un scientifique qui élabore un filtre de vie éternelle. Bien sûr, au tout début du film (à vrai dire, pendant le générique), il boit la potion tant désirée et devient le célèbre vampire assoiffé de sang, qui craint la lumière et dort dans un cercueil.


Mis à part cela, le métrage respecte bien l’esprit du roman de Stoker : le professeur-vampire est un homme très élégant dont le fort pouvoir de séduction suffit à rendre ses victimes féminines consentantes. (Cela n’engage que moi, mais sur certains plans, son visage m’a rappelé celui de Bela Lugosi avec ses cheveux très noirs tirés en arrière). De plus, sa demeure, bien que n’étant pas un château, présente un style très gothique avec un grand escalier et un sous-sol mystérieux garni de colonnes.

Pour ce qui est de l’histoire, elle varie peu. Un homme pénètre chez le vampire tout en sachant que la bâtisse est soi-disant maudite. Le scientifique l’accueille fort courtoisement et le conduit à sa chambre pour la nuit. C’est alors qu’il aperçoit la photo de la fiancée de son pauvre invité qui, lui, ne va pas tarder à se faire vampiriser par une servante du professeur au cours d’une danse très suggestive... Inquiet de ne voir revenir l’homme, un médecin, ami de famille de la fiancée, part à sa recherche et découvre la terrible transformation de son ami dans les sous-sols de l’antre du professeur. L’ayant délivré de sa malédiction d’un coup de couteau en plein coeur, il va tenter de prévenir les parents du danger qui court vers leur fille...


Il apparaît clairement que le médecin de famille pakistanais s’apparente au fameux chasseur de vampires Abraham Van Helsing dans la version de Stoker. C’est en effet lui qui tente de persuader les parents incrédules que leur fille est devenue une créature de la nuit et que le seul moyen de la délivrer est d’enfoncer un poignard dans le poitrail du scientifique aux longues incisives.

Quant aux séquences chantées et surtout dansées, elles ajoutent au récit une touche de sensualité débridée, qui est une des principales facettes du Prince des Ténèbres, et apparaissent assez osées pour l’époque dans leurs sous-entendus sexuels au regard d’un pays comme le Pakistan.

Mais le problème du film, pour nous Occidentaux, tient quand même dans le fait qu’il adapte un thème archi-rebattu et qu’il a été conçu pour le faire connaître au public pakistanais. Dès lors, je conseille le film aux curieux de mythes purement occidentaux revisités par une culture orientale, ce qui est pour nous totalement exotique et dépaysant.


L’avis de Wolverine : Dracula revu et corrigé par nos amis pakistanais. Un pur régal que ce film qui ressemble étrangement à ceux qui l’ont inspiré : les productions de la HAMMER. L’acteur principal, quant à lui, est un genre de sosie de Bela Lugosi, ce qui ne va pas sans rajouter un certain charme à cette version asiatique de l’œuvre de Bram Stocker. On est vite pris par l’ambiance fantastique de ce qui ressemble un peu au Docteur Jekyll au début (le scientifique qui fait ses expériences), sauf que la transformation fera de l’homme un vampire au lieu d’un Mister Hyde... À noter également, comme dans tout bon film Lollywood qui se respecte, la présence de quelques chansons et danses indiennes qui nous rappellent les origines du film. À découvrir...



Note de Mercano Boy : 6,5/10
Note de Wolverine : 9/10

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Réalisation : K. H. Safraz
Scénario :Naseem Rizwani & Mushir Kazmi
Musique : Tassadaque Hussain
Pays : Pakistan
Année : 1967
Interprétation : Rehan, Asad Bukhari, Deeba, Habib, Yasmeen
Production : Screen Enterprise
Durée : 104 min

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