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50 ans de cinéma coréen en 50 films

La saison des pluies

La saison des pluies

Si les années 60 apparaissent pour le cinéma coréen comme une période vivante et riche, la décennie suivante, en revanche, est caractérisée par l’invasion de « quota quickies » (films à petit budget produits pour respecter les quotas), synonymes de décadence et de conformisme.

Pourtant, à l’instar des séries B américaines ou italiennes, certains de ces films mineurs peuvent aiguiller notre curiosité de manière inattendue, voire receler des passages dignes d’un chef-d’œuvre involontaire, et c’est le cas de La saison des pluies, réalisé en 1979 par Yu Hyonmok.

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les valeurs traditionnelles de la vie rurale



Le film est raconté à travers le regard du petit Tongman qui vit à la campagne. Après le déclenchement de la guerre de Corée (25 juin 1950), sa grand-mère maternelle vient habiter chez lui. Celle-ci pense souvent à son fils mort au combat et lance des imprécations contre les communistes qu’elle souhaite voir tous exterminés. Ces paroles énervent la grand-mère paternelle dont un des fils a choisi le camp communiste et se bat comme guérillero. Une sorte de guerre froide se développe entre les deux femmes, et l’inclination dont fait preuve Tongman pour sa grand-mère maternelle accentue ce différend...

Cela prendra des proportions dramatiques, avec dénonciation, arrestation, torture, et même chamanisme et réincarnation !

Dès 1972, l’industrie cinématographique est tributaire de l’agitation politique du pays, de la censure sévère et de la concurrence de la télévision. Dans ces circonstances, il fallait produire des films susceptibles d’obtenir un succès commercial, et Yu Hyonmok, critique lucide de la société, spécialiste du style réaliste, gagna du point de vue formel ce qu’il perdit en puissance narrative.

Ses films traitent principalement de l’anticommunisme et de la culture traditionnelle, et La saison des pluies s’oppose idéologiquement à son film Martyr de 1965, dans lequel il dénonce les contradictions de l’anticommunisme. Ici, en apparence, peu de nuance, le rouge, c’est le mal...

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l’agitation politique



La critique sociale étant une chose presque impossible au cinéma à cette époque, Yu Hyonmok s’en tire en alternant sans cesse les scènes d’extérieur et d’intérieur afin de recréer une impression contrastée de liberté et d’oppression par la technique du montage.

Le thème de la saison des pluies, qui occasionne des images superbes de la nature à cette période de l’année, symbolise une période douloureuse toujours amenée à se répéter et contre laquelle la volonté ne peut rien. Ainsi, les horreurs de la guerre et ses pertes injustes sont relativisées par les croyances traditionnelles qui veulent qu’un rite chamanique suffise à faire se réincarner quelqu’un en serpent, l’idée de cycle étant renforcée par la construction narrative du film et les répétitions des choix de cadrages.

La guerre de Corée, née des conflits d’intérêt des grandes puissances mondiales, s’est transformée par la suite en une guerre entre la Corée du Nord et les États-Unis. Dans la mémoire des Coréens, cette guerre reste une blessure indélébile. Comme de nombreux films sur le sujet, La saison des pluies se montre indifférente à l’essence du problème et est seulement remplie de démonstrations du courage humaniste du Sud opposé à la barbarie cruelle du parti adverse. Cet aspect manichéen est cependant légèrement atténué par la focalisation sur les sentiments des civils et l’amour des mères pour leurs enfants, quelles que soient leurs convictions idéologiques.

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l’amour maternel



D’ailleurs, le cinéaste a déclaré à ce propos : « ma mère est quelqu’un qui a tout créé à partir du néant, en pensant seulement à l’avenir de ses neuf enfants ». Pour Yu Hyonmok, face au sentiment maternel, l’idéologie politique s’efface...

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Titre original : Changma
Réalisateur : Yu Hyonmok
Pays : Corée du Sud
Année : 1979
Interprètes : Yi Taegun, Hwang Chongsun, Kim Sokhun, Ch’oe Yongwon, Kim Sin-jae
Scénariste : Yun Samyuk d’après une œuvre de Yun Hunggil
Directeur de la photographie : Yu Yonggil
Monteur : Yi Kyongia
Compositeur : Han Sanggi
Producteur : So Chongho
Société de production : Nama Chinhung
Durée : 114 min

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