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Koi... Mil Gaya (Bollywood Sur Seine)

Koi... Mil Gaya (Bollywood Sur Seine)

L’avis d’Angus : Après avoir voyagé des millions de kilomètres à travers l’univers, voici qu’arrive enfin en France Jadoo, l’extraterrestre.

En effet, c’est le titre sous le quel est sorti sur les écrans français Koi Mil Gaya, le premier film Bollywood intergalactique... Entendez par là le premier film d’extraterrestre « made in Bollywood ».

Comme tous les matins pour son petit déjeuner, Rohit Mehra (Hrithik Roshan) prend un grand bol de Bournvita, la boisson du petit déjeuner des champions. Et ce matin, plus que tout autre, il aura besoin de prendre des forces, car c’est un jour particulier puisqu’il s’agit de la rentrée des classes, et cette année Rohit entre en 7ème... du moins, c’est ce qu’il pense. Rohit n’est pas un enfant, mais un jeune homme d’une vingtaine d’années qui s’avère être "attardé mental" à la suite d’un traumatisme crânien prénatal, survenu lors d’un terrible accident de voiture qui coûta la vie à Sanjay (Rakesh Roshan), son père. Celui-ci était un brillant scientifique qui venait, après des années de recherche, d’établir un contact avec d’autres formes de vie dans l’espace.

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Un générique "nanar" clin d’oeil à " Il y a longtemps dans une lointaine galaxie..."

Premier de science fiction indien, Koi Mil Gaya connut, lors de sa sortie en salle en Inde, en 2003, un immense succès et récolta de nombreuses récompenses (notamment les prix du meilleur film social, des meilleurs effets spéciaux et de la meilleure chorégraphie au 51ème National Awards du cinéma indien).

Engouement populaire et reconnaissance professionnelle... Mais était-ce vraiment justifié ?

D’aucuns diront qu’il ne s’agit, ni plus ni moins, que d’un remake indien d’E.T. (la rencontre et l’amitié au-delà de la vie entre un enfant et un Extra-Terrestre) et de Rencontre du troisième type (la communication en musique et la rencontre avec des êtres venus d’ailleurs). D’autres verront les nombreuses références cinématographiques (l’"attardé mental" au cœur pur, le guide spirituel qui conduit le jeune héros dans l’accomplissement de sa destinée, la danse sous la pluie...), alors que les puristes de la S. F. argumenteront que le film n’a rien de novateur, mais qu’il est convenu et prévisible.

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Toujours comique...

Et tous n’auront pas forcément tort, il faut le reconnaître. Mais, si les références sont bien là, j’aime à penser qu’il s’agit plutôt d’un hommage de l’élève aux maîtres, car les films qui font l’objet de clins d’œil ont été des films pionniers à leur époque pour le cinéma occidental, tout comme l’est aujourd’hui Koi Mil Gaya pour le cinéma indien.

De plus, à l’instar des grands classiques américains de la science fiction de la fin des années 40 jusqu’aux années 60, je pense qu’il faut aller au-delà de l’image pour que le film prenne toute son ampleur. Aussi je ne m’attarderai pas sur Koi Mil Gaya, le film de science fiction, pour vous présenter une lecture différente et vous parler de Koi Mil Gaya, la fabuleuse aventure humaine.

En effet, sous le couvert d’un récit de science fiction, Rakesh Roshan nous conte une magnifique fable moderne : une parabole sur la différence et un véritable hymne à la tolérance et à l’amitié.

Il va pour ce faire nous raconter l’histoire de Rohit / Jadoo, cet être mis au banc de la société parce qu’il est "différent". En effet, on peut considérer Rohit et Jadoo comme un même personnage, ou plutôt comme les deux facettes d’un même personnage (une dualité qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler la dualité des divinités de l’hindouisme).

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Ca sent la synthèse à plein nez mais ce n’est pas désagréable...

Remontons donc à la source. Tout commence par la première venue des extraterrestres qui non seulement « causent » la mort du père de Rohit, mais aussi « amputent » Rohit d’une partie de son être. Et, de par son traumatisme, Rohit devient un être "incomplet", incompris et rejeté par une société déshumanisée à la recherche de la perfection, qui ne tolère aucune divergence, quelle soit physique, morale ou spirituelle.

Rohit est donc isolé dans un monde qui lui est hostile et auquel il est étranger... étranger comme le sera Jadoo lors de son arrivée sur terre suite à la deuxième venue des extraterrestres. Et si Jadoo possède les "qualités" (intelligence, force...) qui ont été « amputées » à Rohit, celui-ci n’en reste pas moins différent, donc haï, craint et non désirable.

Si Rohit et Jadoo sont différents, ils n’en sont pas moins complémentaires. Lorsqu’ils sont réunis, la magie (en hindi = jadoo) opère, et ils forment une symbiose parfaite, à l’image de l’être décrit par Platon et dont les deux parties dispersées de par le monde se recherchent.

Leurs destins sont liés. Ainsi, si la première venue des extraterrestres est l’amputation de cet être, la seconde venue permet cette fois la fusion de ces deux parties en un même individu.

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Le bon flic fouineur

Pour ceux qui s’inquièteraient de ma santé mentale, je les rassure en venant à la conclusion de ma démonstration. Là où dans les années 40 à 60, les extraterrestres ou autres créatures symbolisaient l’ennemi à détruire, les autres, les communistes (la grande crainte des Américains bien-pensants de l’époque), Rakesh Roshan utilise Jadoo comme une symbolique : Jadoo = Rohit = différence. Il prend un contexte de science fiction pour mieux faire passer son message. Et seule la pureté du cœur des enfants permet de passer outre ces différences, ce qui nous donne un film basé sur les enfants, mais pas forcément ou uniquement à destination des enfants... Bon nombre d’adultes auraient tout à y gagner en en tirant certaines leçons (il n’est qu’à voir pour s’en convaincre les faits divers faisant la une des actualités ces dernières semaines).

Rakesh Roshan offre donc aux enfants avec Koi Mil Gaya un film à leur image, à la fois drôle, dynamique, plein de rêve et de vie.

Effectivement, le film est très drôle. Les enfants ne se privent pas de jouer des tours, sans oublier le match de basket (même si les trucages et effets spéciaux ne sont pas des plus réussis), ou le « cours de camouflage » de Jadoo...

L’on n’oublie pas pour autant l’action, notamment avec une scène de poursuite motos contre trottinettes vraiment bien vue, ou encore lorsque Rohit tente de libérer Jadoo.

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Parce qu’elle le vaut bien ?

L’amitié et l’amour constituent aussi des éléments importants. Qu’il s’agisse de l’amitié entre Rohit et les enfants, qui forment un groupe de copains vraiment unis et solidaires (filles, garçons, Rohit, Nisha et Jadoo, tout le monde est égal), ou de l’amitié entre Rohit et Jadoo, amitié à la vie à la mort... Victimes de la même incompréhension, ces derniers se comprennent et deviennent les meilleurs amis du monde. Et que dire de l’amitié de Rohit et Nisha (nouvelle venue en ville). Celle-ci le respecte en tant qu’être humain, lui a le cœur pur. À mesure qu’ils apprennent à se connaître, leur relation s’étoffe, ce qui provoque pas mal de confusion pour l’un comme pour l’autre. Il ne faut pas oublier non plus l’amour d’une mère pour son fils, une mère qui a dû faire bien des sacrifices durant toutes ces années pour élever seule son enfant.

La grande surprise du film est, à mon sens, Rohit, enfin je devrais plutôt dire Hrithik Roshan... En effet, celui-ci nous livre avec Koi Mil Gaya une de ses plus belles prestations. Il n’est pas Hrithik interprétant le rôle de Rohit, mais il est véritablement Rohit. Et si la transition de Rohit enfant vers Rohit adulte lorsque les enfants jouent au cricket ainsi que le costume d’écolier permettent une certaine continuité, le plus gros du travail est accompli par Hrithik Roshan qui joue avec une très grande finesse son rôle de grand enfant. En le voyant jouer ou rire, on oublie qu’il s’agit d’un adulte... Les scènes où il fait face à la haine des adultes ou celles avec sa mère sont vraiment très émouvantes. On fait table rase de l’acteur... une très belle performance.

Comme à son habitude, le charme au naturel de Preity Zinta opère, et sa prestation face à Hrithik Roshan est parfaite.

Et Rekha nous offre dans le rôle Sonia, la mère de Rohit, une interprétation juste et sensible.

Mais il ne faut pas oublier les nombreux seconds rôles (Johnny Lever en policier « malchanceux », un chef de la police implacable, le petit garçon qui compte les étoiles dans Kuch Kuch Hota Hai...), ni même Jadoo, un adorable petit extraterrestre (bien que peu expressif).

Pour la partie musicale, elle est, à l’image du film, très réussie, à la fois douce, rythmée et variée. Les musiques sont mélodiques et originales. Si la musique du thème instaure une ambiance étrange, mystérieuse, Idhar Chala Main Udhar Chala nous envoûte avec ses passages à la flûte de pan (ou du moins, un instrument y ressemblant à s’y méprendre... tout comme on peut l’entendre dans la chanson Awaarapan Banjarapaan du film Jism) et ses envolées de voix). La chorégraphie est une sublime danse, mais aussi drôle, entre un Rohit en mal d’équilibre après avoir bu, à son insu, du rhum, et une Preity Zinta très sensuelle sous la pluie, avec un petit passage de claquettes bien venu.

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Chorégraphie très fraîche !

La chanson romantique Koi Mil Gaya, et son magnifique clip nous fait voyager en compagnie de Preity et de Hrithik à travers de sublimes paysages. Les chansons avec les enfants sont très dynamiques et joyeuses, In Panchhiyon ou Jadoo Jadoo qui nous emmène à l’aventure, et dont l’intro, avec son ambiance western, nous replonge dans les meilleurs films de Sergio Leone, pour continuer avec des intonations électroniques lorsque Jadoo prend la parole.

Enfin, et comme pour un grand nombre de films récents, nous avons droit à une chanson disco avec une chorégraphie en boîte de nuit, (Koi Kahe Kehta Rahe dans Dil Chahta Hai, It’s Time To Disco dans Kal Ho Na Ho...). C’est It’s Magic. Certes, la chanson n’est pas la meilleure du film (ni même des chansons disco des films cités), mais Rohit y arbore un look années 70 très drôle, à l’image d’un enfant qui a grandi trop vite et est resté figé dans le temps, à l’époque de son enfance... « Are you ready to vibe ? » ;o)))

Tous les éléments d’un bon Bollywood sont donc présents, mais aucun ne l’est de façon excessive. Comprenez par là qu’il ne s’agit pas d’un film qui va vous tirer des larmes de crocodile, qui se voudrait parodique, ou avec un héros surhumain... Non, un juste équilibre (du moins pour un Bolly, j’entends).

Pour conclure, Koi Mil Gaya est donc un film simple, sans prétention, mais qui regorge d’une énergie et d’une joie de vivre rares et communicatives, qui dépassent les frontières de l’écran de telle sorte qu’en sortant de la salle on ne souhaite qu’une chose, partager ce trop plein de bonheur.

Et rare sont les films à transcender les spectateurs de telle façon, à l’instar d’un Dilwale Dulhania Le Jayenge pour rester dans le cadre de Bollywood, ou d’un Fabuleux destin d’Amélie Poulain pour le cinéma français.

Alors fermez les yeux, ouvrez vote cœur et laissez opérer la magie... Jadoo... Jadoo...

Note d’Angus : 8/10

L’avis d’Athama : On nous annonce souvent ce long métrage comme un film pour enfants avec de belles chansons. Qu’à cela ne tienne, cela me motive pour aller le voir surtout s’il passe sur grand écran.

Le générique commence par des effets de synthèse qui ne rendront pas jaloux le plan le plus pourri de San Ku Kai ( ;o)). Le mauvais goût est poussé jusqu’à utiliser le caractère digital. Rakesh Roshan souhaite probablement donner un effet « Z », ce n’est pas possible autrement.

Après ces choix hasardeux, le film démarre véritablement. Beaucoup ont souligné la remarquable performance d’acteur de Hrithik Roshan. Force est de constater que cet acteur « body buildé » s’est complètement muté en petit garçon attardé mental. Le travail de transformation énorme se voit à chaque plan.

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Shaolin Basket ?

Si Hrithik Roshan a débuté tard au cinéma, il rattrape vite le temps perdu et se montre véritablement acteur. Koi Mil Gaya repose donc essentiellement sur ses épaules qui ne sont pas frêles, loin de là. Il est assisté dans son jeu par la fraîche Preity Zinta. Ils ont déjà joué ensemble à plusieurs reprises, et l’alchimie prend corps. Pour rester dans cette dynamique, leur interaction avec les enfants est plutôt réussie, et on passe un agréable moment même avant l’arrivée de Jadoo l’extraterrestre qui, malgré l’archaïsme de son faciès en latex, n’a pas à rougir face à « E.T. »

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Intervention musclée !

Comme vous pouvez sans doute l’imaginer, Koi Mil Gaya emprunte beaucoup au cinéma hollywoodien, de E.T. en passant par L’Empire contre-attaque jusqu’à Rencontre du 3ème type. Ce n’est pas désagréable de revisiter ces classiques sous l’œil indien. On s’amuse aussi à voir les Indiens jouer aux « Shaolin basketteurs » !

Les chansons, comme vous vous en doutez, sont de bonne facture, bien rythmées et entraînantes, accompagnées de chorégraphies endiablées. Il n’y a pas à dire, Hrithik Roshan est un danseur hors pair. Il sera aussi bientôt un acteur hors pair. Même s’il n’a pas le charisme d’un Big B ou d’un SRK par un visage trop lisse, Bollywood devra compter sur lui, car c’est une valeur sûre.

Le festival Bollywood a quitté Mk2 pour le cinéma l’Archipel et, ce soir (2 septembre 2004), nous étions sept dans la salle pour ma seconde projection. À moins de cinq personnes, on nous signale que le film ne sera pas projeté. Heureusement, quelques courageux nous ont rejoints et ont, par leur curiosité, découvert un film très divertissant mais surtout très rafraichissant. Même si Koi Mil Gaya n’est pas un chef-d’œuvre, j’ai du mal à lui trouver des défauts.

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Scène à "oscariser" ou "awardiser"... il n’y pas beaucoup d’acteurs indiens chevronnés capables de faire cela...

Note d’Athama : 7.5/10

Lire aussi l’article de Ganesh sur ce film : Koi... Mil Gaya.

Voir les chansons de Koi Mil Gaya traduites en français

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Réalisateur, producteur : Rakesh Roshan
Pays : Inde
Année : 2003
Interprètes : Hrithik Roshan, Preity Zinta, Rekha, Rajat Bedi, Prem Chopra, Johnny Lever
Scénario : Sachin Bhowmick, Honey Irani, Robin Bhatt, Rakesh Roshan
Directeur de la photographie :
Monteur :
Compositeur : Rajesh Roshan
Paroliers : Dev Rohli, Ibrahim Ashq, Sayeed Nasir, Faraaz
Chorégraphes : Raju Khan, Farah Khan, Ganesh Hedge
Durée : 175 min

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