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FanTasia 2003 : 7e édition du festival du film fantastique d’action et d’horreur de Montréal

Int.Marc Lamothe, Dircom. de Fantasia : Fantasia un festival indépendant

Fantastikasia : Pourquoi si peu d’invités asiatiques...

M. L. : Cette année ? Oh, il y a plusieurs raisons. D’abord, l’annulation du festival l’an dernier nous a fait perdre beaucoup d’argent et nous avons décidé cette année d’y aller avec une économie plus raisonnable. Alors, plutôt que de couper dans les films, nous avons préféré couper dans les invités. FanTasia est un festival de films. Là où il ne fallait pas couper avant tout, c’était dans les films. Ensuite nous ne voulions pas couper dans le programme et les communications. Restait donc les invités. Remarque, on estime qu’à Cannes cette année il y avait un tiers de moins d’habitués. La peur de l’avion, le prix des billets d’avion, le coût de l’assurance... Le phénomène du SRAS aussi a beaucoup inquiété les Japonais. Pour eux, Toronto, Montréal, le Canada, c’est tout pareil. Tous sommes « collés », nous sommes tous contagieux.

C’est donc une année difficile. Nous nous sommes imposés des restrictions financières. Néanmoins, ce fut beaucoup plus dur d’inviter des Asiatiques. La peur de l’avion, le risque de guerre, le SRAS... L’année prochaine, nous aimerions avoir plus d’invités.

Fantastikasia : Le manque de budget se fait sentir sur les films en eux-mêmes, non ? De grosses pointures comme Hero qu’on aurait pu voir ici...

M. L. : Ah, mais ça... Écoute, nous voulions comme ça plusieurs films...

Fantastikasia : ou Infernal Affairs, par exemple...

M. L. : ... mais ce sont les distributeurs qui n’ont pas voulu nous les céder. Ces derniers préfèrent lancer les films pour le marché nord-américain au festival de Toronto cet automne, même si FanTasia est le festival le plus approprié pour faire ces projections. Eux jugent d’un point de vue producteur, « non, non, nous le lançons à Toronto, tous les médias doivent être là, et de là, nous allons vendre le film. » Ils ont l’idée que si nous présentons Hero trois fois, nous venons de brûler le tiers du marché pour la distribution en salles en septembre, en octobre ou en novembre. Pour eux, nous les pénalisons un peu.

Fantastikasia : C’est peut-être trop rapproché...

M. L. : Ce n’est pas rapproché dans le temps, c’est une stratégie. Mais d’un autre côté, la Metro-Goldwyn-Mayers nous présente Jeepers Creepers 2 en première mondiale. Pour chaque Hero que nous n’avons pas eu, nous avons d’autres trouvailles.

Fantastikasia : Même les distributeurs de Hongkong ont donc fait des difficultés ?

M. L. : Ce n’est pas qu’ils fassent des difficultés, c’est leur choix de marketing de lancer le film dans une tribune davantage nord-américaine. Ce n’est pas que nous n’ayons pas les moyens de nous offrir ces films. Dans le cas de Hero, c’est un lancement nord-américain. Nous aurions eu le film s’il s’agissait d’un lancement québécois. Il en va de même pour Shaolin Soccer de Stephen Chow, qui sort en août. Nous aurions pu le présenter en pré-première, mais encore là, les producteurs n’ont pas voulu. [Ndlr : le film, finalement, n’est pas sorti. :o(]

Fantastikasia : Même en ne faisant qu’un seule projection... ?

M. L. : Pourtant nous ne voulions pas la copie d’Alliance-Vivafilms, qui est la copie nord-américaine, amputée de 20 minutes et enrobée d’une nouvelle musique hip-hop, bref, la totale américaine. Nous voulions la copie de Hongkong. Mais, même là, le distributeur, qui détient aussi les droits de la copie hongkongoise [sic], n’a pas voulu. C’est pourtant le compromis que nous proposions : nous ne voulons pas la copie américaine. De plus, vous n’allez pas chercher chez nous le même public. Le public que vous allez chercher en salles est davantage un public urbain, noir... Alors que notre public, c’est autre chose. Et avec la copie hongkongoise sous-titrée, un grand public ne suivra pas. Des gens qui ont travaillé toute la journée et qui, le soir, n’ont pas envie de lire... Parce que les sous-titres demandent quand même...

Fantastikasia : Combien cela coûte-t-il de faire venir un film ?

M. L. : Entre 500 et 2 000 $US. C’est le transport et l’assurance de la copie qui coûtent le plus. Le minimum, c’est 500 $, ce qui englobe le transport et la location du film. Certains films nous coûtent jusqu’à 2 000 $.

Fantastikasia : La nouvelle version de votre site est beaucoup mieux en tout cas. Il y a moins d’effets, et on y trouve plus d’infos. C’est bien.

M. L. : Voilà. Moins d’effets, moins lourd. C’est un choix qui nous convenait. Adopter une certaine sobriété et fournir davantage d’informations. Nous avons réalisé il y a deux ans que les gens migraient de plus en plus du papier vers l’ordinateur, qu’ils migraient de l’horaire papier à l’horaire Internet. C’est pour cela que, cette année, nous avons choisi de développer le site Web. Il y a même plus de contenu pour certains films dans Internet que dans le programme papier.

Fantastikasia : J’ai vu sinon que vous aviez fait appel au site Kung Fu Cinema.

M. L. : Oui.

Fantastikasia : Pourquoi eux, parce que ce sont les seuls Québécois...

M. L. : Parce qu’ils nous ont approchés.

Fantastikasia : D’accord. Ah ! C’est leur démarche à eux.

M. L. : Oui. C’est un site qui a une certaine crédibilité. Ils nous ont approchés, alors nous avons décidé d’accepter leur proposition. Ils avaient déjà vu un grand nombre de films, c’était important pour nous. Comme nous avions moins de sous cette année, nous ne pouvions couvrir autant de festivals. Nous associer à des gens qui en avaient déjà couvert pour leur site Internet ou dans d’autres contextes, qui avaient accès à d’autres films pour nous les recommander, nous aidait à bâtir la programmation. C’est ce que nous avons fait. Nous avons pris ce bassin de collaborateurs - Tony Timpone à New York, le rédacteur en chef de Fangoria, notre collaborateur au Japon, notre autre à Hongkong. Nous leur demandons de nous dresser la liste des 50-60 films qui leur semblent d’intérêt pour FanTasia. Nous nous retrouvons avec 400-500 films et, de là, c’est la stratégie de l’étau : les films qui ne font pas l’unanimité et qu’on déteste sont retirés, pour finir cette année à... plus de 93 longs métrages, je crois.

Fantastikasia : Ça fait beaucoup, quand même.

M. L. : Oui. Mais le festival a été absent un an. Remarque, le nombre de films a toujours été dans ces eaux-là, 70-80-90. Ça donne près de 300 projections en tout et pour tout.

Donc, ces collaborateurs voient toutes sortes de films. Cela veut dire différentes sensibilités. C’était une volonté de notre part, d’autant plus que nous avons perdu deux de nos programmateurs, Julien Fonfrède et Karim Hussein.

Fantastikasia : On voit toujours Julien Fonfrède dans le programme.

M. L. : Ils sont toujours présents. C’est que tous deux ont décidé de faire du cinéma. Ils n’ont donc plus le temps de s’investir comme avant, mais Julien voit plusieurs films et continue d’écrire des textes pour nous, et Karim continue de nous soutenir. Karim promène ses films à travers le monde et devient en quelque sorte notre agent ; il nous envoie des courriels quand il repère un film. Ils sont quand même actifs.

KFC, le Kung Fu Cinema, vient un peu prendre une place comme ça. C’est aussi une façon d’accroître nos sensibilités. Karim et Mitch [Davis] sont très horreur ; Julien est très Hongkong...

Fantastikasia : Ubi Soft est un très gros commanditaire...

M. L. : Oui. Qui prend la relève de PlayStation. C’est donc une suite logique. De PlayStation à Ubi Soft, du distributeur au créateur. Nous en sommes très fiers. Nous sommes passés à un cheveu d’avoir Toyota comme commanditaire principal. Nous allons travailler ça pour l’année prochaine. Là aussi, une voiture japonaise, un festival asiatique, le lien est très fort. C’est aussi une volonté...

M. L. : Nous n’avons presque rien d’américain, de hollywoodien. C’est aussi un choix. FanTasia est une alternative à Hollywood. Nous sommes indépendants et soutenons l’indépendance. Nous sommes des libres penseurs qui soutenons les libres penseurs.

Fantastikasia : Cela permet justement de voir des films qui ne seront jamais distribués, que nous ne verrions jamais en dehors d’un festival de ce genre, des films d’horreur ou de science-fiction d’ailleurs...

M. L. : C’est ça. Et puis, nous ne voulons plus voir des Scream 3, Scream 4, I know What You Did Last Summer, des films à formule épouvantables avec des ados qui ont juste envie de sniffer des bobettes de filles ou je ne sais quoi. Nous présentons aussi une alternative à ce genre-là, à ce genre de formule qui vise un public adolescent. Notre public est adulte. D’ailleurs, tu remarqueras, les 14-18 ans ne sont pas présents.

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