Rubriques

FanTasia 2003 : 7e édition du festival du film fantastique d’action et d’horreur de Montréal

Interview Marc Lamothe, Dircom. de Fantasia : Fantasia et Bollywood

Fantastikasia : Qu’en est-il des cartons de vote pour le public ?

M. L. : Et pour être plus démocratiques, cette année, tout le monde a accès à ces cartons. Avant, c’était seulement ceux qui achetaient des livrets de dix coupons et le laissez-passer qui y avaient droit. Cette année, les cartons sont offerts systématiquement à l’entrée. Tous les gens voteront.

Fantastikasia : C’est bien. Cela permettra peut-être de faire une bonne récapitulation du festival. Sinon, les gens tendent à oublier ce qu’ils ont vu au tout début...

M. L. :: C’est toujours comme ça. Vois à tous les ans, les films qui gagnent sont ceux qui ont été projetés dans la dernière semaine. C’est pour ça que nous, aussi, nous remettons des prix, que nous gardons cette perspective... Donc, même si les gens ont oublié Suicide Club, nous, on s’en souvient. Cela fait six mois que nous vivons avec Suicide Club. C’est un des exemples, c’est un de nos grands coups de cœur cette année. Dans ma peau aussi, de Marina De Van. Ce sont des œuvres, vraiment, qui nous tiennent à cœur.

Fantastikasia : Je me souviens que Suicide Club a marqué les spectateurs à Deauville. Tout le monde parlait de ce film.

M. L. : : La réaction a été controversée. Plusieurs ont hué, certains sont sortis de l’expérience plutôt troublés. Je vois Suicide Club un peu comme un film de Cronenberg, dans la mesure où le sujet et la discussion qui suit la projection du film sont souvent plus intéressants que le film lui-même. Cette discussion est souvent motivante. Je pense à un film comme Crash, par exemple. C’est fascinant de lire sur Crash, c’est fascinant de parler de Crash, mais le plus pénible, c’est de voir Crash. Suicide Club a cet effet-là pour certaines personnes. Ce film a des moments de belle poésie et des moments extrêmement « trash » ; pour moi, c’est un film personnel qui a une belle vision et qui traite de façon intéressante le phénomène de la mode, le phénomène du suicide, le fossé entre générations qui devient de plus en plus important en Asie, la perte de la tradition... C’est un film qui illustre bien tout ça. J’ai des amis qui n’ont pas aimé, mais nous parlons beaucoup de ce film. Et la discussion est justement intéressante.

Fantastikasia : En fait, on aime ou on n’aime pas. Le film ne laisse pas indifférent.

M. L. : Voilà

Fantastikasia : Une question comme ça... Pourquoi organiser un festival en été, alors que tout le monde peut partir en vacances. C’est bizarre. Parce qu’en France, mis à part au sud où il y a des festivals, c’est mort l’été, à Paris. Les festivals sont surtout organisés en hiver.

M. L. : Ça, c’est notre côté latin. L’hiver, c’est froid. Viens faire un tour au mois de décembre, tu vas comprendre...

Fantastikasia : [rires] Je vois !

M. L. : : Tu ne veux pas faire la file dehors, à moins trente sous zéro, dans la neige et sous le vent. C’est psychologique. Tous les festivals se regroupent l’été. C’est notre côté un peu latin. Dès qu’il fait beau, on sort, on fête, on ferme les rues, on boit de la bière. Ça, c’est typiquement québécois.

On a donc vu qu’il y avait une fenêtre. Tous les festivals se succèdent.

Fantastikasia : Oui, il y en a beaucoup.

M. L. : : Mais nous ne sommes pas en compétition. Notre public n’est pas un public qui va couvrir beaucoup le festival des Films du monde, sauf certains films de genre qui pourraient y être présentés ou des films de certains pays asiatiques ; ce n’est pas non plus un public qui fréquente le Juste pour rire. C’est un public atypique. Et c’est un public qui, je crois, ne voyage pas beaucoup. C’est un public qui nous attend, et ses vacances, c’est FanTasia. D’ailleurs, certains nous le disent. Ils prennent un mois de vacances pour se taper FanTasia et se gardent une semaine pour aller à New York, par exemple.

Nous nous sommes insérés dans le paysage urbain. Nous nous sommes insérés dans la grille de tous les festivals qu’il y a durant l’été à Montréal. Reste que la principale raison de tenir un festival l’été est que, passé novembre, pour nous, c’est impensable de le faire.

Fantastikasia : Il fait trop froid.

M. L. : Il fait trop froid. C’est la même chose pour le festival du Nouveau cinéma et de la vidéo, c’est en automne. Il y a très peu de festivals de films importants. Il y en a, mais ce sont de petits festivals qui projettent une vingtaine, une trentaine de films... Donc, c’est pour des raisons climatiques. Voilà, je résume.

Fantastikasia : J’en reviens à Bollywood. FanTasia a ouvert la marche avec Muthu...

M. L. : Oui. Muthu, il y a deux ans. [Ndrl : en 2000]

Fantastikasia : ... film qui nous est parvenu après. Je pense que vous avez donné l’exemple.

M. L. : : Oui. Cette année, nous avions fait un choix, mais comme les relations avec les distributeurs en Inde sont plus compliquées - ce n’est pas évident de transiger avec eux...Nous nous y prendrons à l’avance pour l’an prochain. Certains films que nous devions recevoir n’ont jamais été dédouanés, des films ont été saisis aux douanes... Ce fut très compliqué. Nous avons donc dû laisser tomber la section Bollywood pour cette année. Mais l’an prochain, nous revenons avec au moins dix films.

Fantastikasia : [exclamation] Dix films !!!

M. L. : Ce sera des films de genre.
Ce ne sera pas que de la comédie musicale. Il y a des films « trash » que nous essayons d’obtenir, entre autres, le Superman de Gupta, qui date de 1983-84, qui est peut-être le film le plus « trash » que j’aie jamais vu de ma vie. Lois Lane chante, Superman a un costume trop grand... C’est épouvantable. Mais c’est tellement divertissant. [Ndlr : ce film date probablement de 1987, un monument du navet qui devrait ravir les festivaliers québécois à la recherche de films décalés...]

Cette année, nous avons aussi commencé à nous intéresser au cinéma culte de la Turquie, aux films d’Istanbul. On fait des « remakes » épouvantables de films américains. Le Star Wars turc, si tu ne l’as pas vu, c’est quelque chose. [Ndlr : futur hit ? :o))]

Ce sont donc des cinémas que nous regardons. Bollywood, certainement, et probablement la Thaïlande, ce sont nos deux prochains défis du côté asiatique.

Article précédent | pret immobilier
Interview Marc Lamothe, Dircom. de Fantasia : Fantasia et Bollywood

Article suivant | credit immobilier
Magnificent Butcher


Dans la même rubrique

The Man in White et Graveyard of Honor
The Man in White et Graveyard of Honor
Graveyard of Honor
Graveyard of Honor
Goldorak : ce n'est qu'un au revoir
Goldorak : ce n’est qu’un au revoir
Suicide Club
Suicide Club
Intimate Confessions of a Chinese Courtesan
Intimate Confessions of a Chinese Courtesan

Sur le Web : S'informer sur les conditions d'obtention de votre credit immobilier reste la première action à entreprendre avant d'aller consulter un courtier en pret immobilier afin de négocier le meilleur taux en connaissance de cause. Votre bien immobilier constitue l'investissement le plus important de votre vie. En cas de surendettement, plusieurs solutions de rachat de crédit ou de Crédit hypothécaire peuvent être envisagées. Le référencement naturel dans le secteur immobilier ainsi que du prêt immobilier a donné beaucoup d'abus. C'est de bonne guerre, le référencement payant est si prohibitif.

Articles les plus populaires

Shutter
Shutter
Dor
Dor
King Naresuan