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FanTasia 2003 : 7e édition du festival du film fantastique d’action et d’horreur de Montréal

Interview Marc Lamothe, Dircom. de Fantasia : Goldorak Go Fantasia

Fantastikasia : [sourire] Sauf pour Goldorak ! Il y a eu de petits gamins...

M. L. : Oui, mais dans ce cas, ce sont les parents qui emmènent leurs enfants pour partager. « Toi, c’est les Pokémons ; papa, c’était ça. » Cela devient une projection familiale. L’année prochaine, nous allons essayer d’avoir une programmation élargie pour la famille.

Fantastikasia : C’est la première mondiale de l’épisode pilote, n’est-ce pas ?

M. L. : Oui.

Fantastikasia : C’est bien de l’avoir.

M. L. : Tu l’as vu ? C’est drôle, n’est-ce pas ? La réaction du public est tellement extraordinaire.

M. L. : C’est assez marrant de voir comment les concepteurs sont partis de ça pour en arriver au design actuel. Ce qui m’a frappé, c’est la qualité de l’animation de cet épisode pilote par rapport à ce qui se fait après. Comme si on avait tout misé sur cet épisode pour obtenir les fonds pour faire la série.

M. L. : Goldorak, c’est vraiment le personnage de dessins animés fort de la génération née au début des années 70, qu’on appelle ici la génération « Passe-partout », parce qu’ayant grandi avec Passe-Partout [Ndlr : du nom d’une émission populaire pour enfants].

Fantastikasia : D’ailleurs, c’est une très bonne idée d’avoir mis la bande son en attendant que le film commence, cela nous met tout de suite dans l’ambiance. J’ai adoré ça.

M. L.  : C’est la même chose lors des projections de Godzilla et de Santo le lutteur. Ce sont des expériences, des événements, et pas que de simples projections.

Fantastikasia : Quand on entre dans la salle, on est déjà dedans, quoi.

M. L. : L’idée n’est pas d’être nostalgique. C’est respectueux, c’est festif. Nous voulons que ce soit un événement, nous ne voulons pas que ce soit une simple projection. On entre dans le monde de Goldorak, on rêve Goldorak.

Fantastikasia : C’est très bien pour les Godzillas aussi. J’ai vu les projections de Godzilla.

M. L. : Les deux ?

Fantastikasia : Les deux. La destruction de Tokyo, ensuite les deux monstres qui se battent. Mais le gamin qui est venu se mettre devant Godzilla, c’était vraiment adorable, adorable.

M. L. : En fait, ce que vous ne savez pas, c’est que c’est son père qui est dans le costume.

Fantastikasia : Ah, c’est vrai ? [rires]

M. L.. : Il était fier de son père. On a eu l’impression que c’était un enfant qui s’était mis là spontanément. Ça a été très beau.

Fantastikasia : Ah, c’était de la manipulation alors ! [sourire]

M. L. : Oui, c’était arrangé. Mais non, ce n’était pas arrangé. Le bambin est ensuite allé voir son père. Mais tu entends la salle, attendrie, qui s’exclame. C’était mignon quand même.

Fantastikasia : C’était vraiment bien fait, en tout cas.

M. L. : Deux ans à faire ce costume. Ce sont des bénévoles qui nous approchés. Deux ans à fabriquer ce costume en latex moulé, morceau par morceau.

Fantastikasia : Ah, il est superbe.

M. L. : Oui, incroyable.

Fantastikasia : Et le décor de Tokyo pour la première projection...

M. L. : Avec la Toho. Ah, oui ! Par contre, Megaguirus, que je le trouve mauvais, ce film-là ! Je suis même gêné de l’avoir présenté.

Fantastikasia : Ah, je ne suis pas d’accord. J’ai bien aimé. Bon, il y avait certains aspects un peu...

M. L. : ... On dirait « Les Sentinelles de l’air ». L’intérêt de la projection, c’était la foule, c’était l’ambiance. Le film fait sinon très Sentinelles de l’air, très émission de marionnettes avec les décollages, le nom écrit sur chaque vaisseau... Ce fut une très belle soirée, parce que l’ambiance était agréable, les gens étaient drôles. Mais à le voir seule dans ton salon, tu aurais été déçue. Là, tu as eu du fun, parce que la magie de FanTasia a quand même opéré.

Fantastikasia : Évidemment, j’ai préféré...

M. L. : ... « All Monsters Attack ». Ça, c’est du grand. Ce nouveau est incroyable.

Fantastikasia : C’est vraiment très beau.

Vous avez atteints vos objectifs ?

M. L. Oui.

Fantastikasia : Largement ?

M. L. : Oui. Nous sommes déjà assurés d’une certaine rentabilité, compte tenu de la vente des billets qui va très bien, du public qui nous a acceptés, a accepté le cinéma et les quelques changements éditoriaux que nous avons faits...

Fantastikasia : Ce qui est incroyable, c’est que vous avez un public féminin.

M. L. : Oui...

Fantastikasia : Ça, c’est incroyable. En France, vous n’aurez que des garçons dans la file. Là, il y a un public féminin, je suis surpris.

M. L. : Il est minoritaire, mais il est présent.

Fantastikasia : Oh, il n’est pas si minoritaire que ça...

M. L. : Pour le savoir, ce week-end et la semaine prochaine, nous allons réaliser des sondages dans les files d’attente pour faire un recensement, question de bien connaître notre public. Nous pourrons répondre à cette question l’année prochaine !

Fantastikasia : Vous avez aussi un public asiatique.

M. L. : Nous avons des Asiatiques, mais très peu. Ce n’est pas qu’ils nous boudent...

Fantastikasia : Plus qu’en France. Il n’y a que des Européens qui vont voir ce genre de films, aucun Asiatique.

M. L. : Ils sont moins présents qu’ils pourraient l’être. La raison est qu’ils ont déjà eu ces films en copies pirates, ce n’est donc pas une nouveauté. Et plusieurs n’acceptent pas que ce soient des Canadiens français qui fassent un festival asiatique, comme si nous leur enlevions quelque chose qu’eux auraient dû faire, comme s’ils nous accusaient de vouloir faire de l’argent sur leur dos...

Fantastikasia : Ils n’ont qu’à le faire alors, à « Chinatown »...

M. L. : Voilà ! Voilà !

Fantastikasia : Ils peuvent bien s’organiser...

M. L. : Mais ce ne sont pas tous les Asiatiques qui adoptent la culture asiatique non plus. Ils sont souvent plus américains qu’asiatiques.

Fantastikasia : C’est ce que j’ai remarqué.

M. L. : Ils sont souvent en rupture avec leur culture...

Fantastikasia : J’ai remarqué qu’ils vont plutôt voir les films Hollywood, etc., que des films asiatiques. Ça, c’est clair.

M. L. : Le fait reste que les films sont déjà disponibles en copies pirates dans le quartier chinois. Tu peux les louer...

Fantastikasia : On a eu à Paris la rétrospective des films de Hongkong restaurés par Celestial. Eh bien ! Il y avait très peu d’Asiatiques dans les rangs. J’étais peut-être le seul. Et voilà. Mais nous avons eu Christophe Gans [rire] qui a fait la queue avec nous pour voir La rage du Tigre. Si vous pouviez programmer La rage du Tigre, ce serait bien...

M. L. : C’est un film des frères Shaw ? Je ne suis pas familier...

Fantastikasia : The New One-Armed Swordsman (La Rage du Tigre).

M. L. : Ce n’est pas celui-là que nous présentons ?

Fantastikasia : Non, c’est The One-Armed Swordsman, le film que Chang Cheh a fait avant The New One-Armed Swordsman qui est le film le plus connu de Chang Cheh.

C’est le film de chevet de Christophe Gans qui regarde ça tous les soirs. Et il fait la queue chaque année quand ça passe à Paris. C’est vraiment l’aboutissement du cinéma de Chang Cheh.

M. L. : Les films de samouraï marchent moins ici, en tout cas à FanTasia, beaucoup moins que les films de kung-fu. Les films de rétro comme ça, nous avons essayé avec Lone Wolf and Baby Cub...

Fantastikasia : Et ça ne marche pas, ça ? Pourtant, ce sont des chefs-d’œuvre !

M. L. : : Ce sont des films qui ont de belles carrières en vidéo, les gens les achètent, mais... Je crois que c’est une question de sous aussi. Quand tu as un budget d’une cinquantaine de dollars pour voir une quinzaine de films, tu prends les primeurs et tu laisses tomber ceux que tu peux louer en vidéo. Je crois que c’est l’autre réalité. Dans un monde idéal, on verrait tout. Le public doit se taper en moyenne quinze à vingt films sur 90 films. Tu y vas alors pour les primeurs, comme tu ne peux tout voir, la rétrospective des frères Shaw... Nous sommes contents de la réaction. Mais il reste que c’est seulement 60 % de billets vendus. Come Drink with Me, tout le monde sait maintenant que c’est le film qui a inspiré Tigre et dragon. C’est la raison pour laquelle on l’a programmé. Et malgré cela, on a eu 300... C’est quand même bien que 300-400 personnes aient payé 7 $ pour voir ce film alors qu’il est disponible en DVD, mais, en même temps, nous nous attendions à un peu plus que ça. C’est quand même la base, copie 35 mm extraordinaire sur grand écran...

Fantastikasia : Surtout que c’est un chef-d’œuvre. C’est l’actrice Cheng Pei-Pei... Ce n’est pas n’importe quoi !

M. L. : Oui. C’est une des premières beautés asiatiques...

Fantastikasia : Faut la voir en action !

M. L. : Oui ! Mais nous soutenons quand même ces films, nous sommes fiers de les présenter...

Fantastikasia : Trois cents personnes, c’est bien. Nous avons eu, je crois, une centaine de personnes à Paris.

M. L. : Entre 320 et 400, mais bon... Comparativement à d’autres films où nous avons 700-720...

Fantastikasia : Intimate Confession of a Chinese Courtesan a quand même bien rempli, il me semble...

M. L. : Nous le savions juste à cause du titre. On connaît nos gars ! [rire] Comme Sex and Zen qui remplira la salle aussi.

Fantastikasia : Vous avez fait beaucoup de reprogrammation de films déjà passés à FanTasia.

M. L. : Quelques-uns. C’est une volonté parce que, d’une part, nous trouvions que le rapport Hongkong - Japon était inéquitable et, d’autre part, certains films que nous avions présentés et qui avaient eu du succès ne sont toujours pas disponibles. Des films que nous avions présentés la première année, comme Burning Paradise, de Ringo Lam, Saviour of the Soul - je suis un inconditionnel de Saviour of the Soul. Or, ce film n’est pas disponible ni en DVD ni en vidéo, n’est jamais ressorti... Pour les gens qui se sont joints à nous lors de la deuxième, troisième ou quatrième année et qui se sont fait dire « ah, tu aurais dû voir ce film-là ! », c’est une façon de découvrir ces films.

Fantastikasia : Et combien de places ces rediffusions vendent-elles ?

M. L. : Humm... Encore dans les mêmes eaux, 300-400 personnes. C’est aussi la volonté, exemple, d’avoir un film de Ringo Lam dans la programmation à défaut d’avoir son nouveau film.

Fantastikasia : Il y a aussi P.T.U., le dernier film de Johnnie To...

M. L. : Ah, là, c’est le studio qui n’a pas voulu, en vue d’une distribution plus large cet hiver...

Fantastikasia : Par contre, vous avez eu les So Close...

M. L. : Oui. Nous avons une belle relation avec Corey Yuen qui a justement co-réalisé Saviour of the Soul. Il y a des réalisateurs et des studios qui apprécient le travail d’introduction du cinéma de Hongkong au Canada que nous avons fait. Ils ont de la sympathie pour nous et collaborent très bien quand le film n’a pas été pris en charge par les studios américains. Écoute, FanTasia est le premier festival non japonais à projeter un film de Takashi Miike, Fudoh. Cela a été le lancement de sa carrière. Chaque année, il revient. Cette année, il n’a pas pu. Mais si nous l’invitons l’an prochain, il viendra. Nous avons pour sûr ses films en primeur. Nous en présentons quatre cette année.

Fantastikasia : Eh bien, je crois que nous avons fait le tour. Merci de votre accueil. Et merci de nous avoir fait découvrir le Bubble Tea ;o). Bonne continuation !

Nous nous sommes quittés avec le sourire, heureux d’avoir bien discuté. Nous espérons, amis lecteurs, que vous avez pris plaisir à nous lire, et surtout pour les festivaliers québécois, que vous avez un peu découvert l’envers du décor de ce festival favori de cinéma asiatique ainsi que quelques scoops pour l’année prochaine ;o). Il fallait bien une aussi longue interview, car FanTasia est sans doute le festival le plus sympathique de tous les festivals francophones sur le cinéma asiatique. La réputation du festival québécois dépasse largement ses frontières.

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