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FanTasia Ubisoft 2004

Azumi (FanTasia)

Azumi (FanTasia)

Île déserte, jeunes virtuoses du sabre poussés à la mutinerie volontaire par leur maître, le début de cette adaptation d’un manga aborde les dessous déjà bien connus du fameux Battle Royale. Heureusement, le film prend une toute autre tournure, cela dit sans vouloir ici remettre en doute l’excellence du long métrage qu’est Battle Royale. Le fait d’investir du temps, de l’énergie et de l’argent à reproduire une copie filmique quasi-conforme d’une histoire « littéraire » connue comme Azumi s’avère toujours risqué. Et même dans le cas d’une suite, la précaution est de mise, Battle Royale 2 en est la preuve. Dans Azumi, Ryuhei Kitamura se libère toutefois rapidement de ce piège.

La mission des jeunes est d’assassiner sans discrimination touts seigneurs susceptibles de plonger le pays dans une guerre sanglante et meurtrière. Cependant, rien ne laisse croire que le règne que ces samouraïs défendent si ardemment soit meilleur ou pire que celui voulu par ceux qui tendent à le renverser. Cette neutralité affichée n’est pas une mauvaise chose en soit, mais la remise en question du pouvoir de la part des protagonistes, à commencer par le maître lui-même, aurait pu combler le vide que l’on retrouve au centre du récit et soutenir la singularisation qui se produit dans le groupe. Malgré l’absence de profondeur, ce manichéisme effacé apporte son lot de points forts et quelques points faibles. Il permet d’apprécier le film comme pur divertissement visuel et sonore.


Par ses décors, ses costumes et son action parfois violente, le film s’inscrit dans un genre qui se faisait rare, le « jidai geki », et rend hommage à l’histoire originelle.

La photo est magnifique, avec des images d’une clarté impeccable et des couleurs d’un ton vif. Quelques plans spectaculaires valent le coup d’œil. Un mouvement de caméra très dynamique dans la scène finale, qui ne peut s’expliquer selon moi que par l’excitation et la jubilation que démontre l’un des deux belligérants restants. L’utilisation du numérique donne des effets parfois théâtraux, comme dans la scène où le maître Gessai sur le champ de bataille fait la promesse de former une équipe d’assassins. En d’autres occasions, le numérique sert à faciliter l’accomplissement de certaines scènes d’action et, plus particulièrement, de certains mouvements exécutés par la protagoniste Azumi.

L’aspect dramatique de ce film d’époque est aussi peu convaincant que l’actrice principale. Le scénario réussit à demeurer intriguant, mais le dénouement ne parvient pas à justifier certaines scènes centrales. Par conséquent, on ressent un essoufflement. Le film contient toutefois quelques touches humoristiques, entre autres par la présence d’un samouraï psychopathe efféminé qui rappelle le cliché du samouraï androgyne ou du mercenaire homosexuel.

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Bijomaru, c’est-à-dire « bel homme »

Le cheminement des différents personnages et ce qu’on apprend à leur sujet n’influencent en rien le cours de l’histoire, soit le dessein qu’ils poursuivent. À la limite, cela vient nous rappeler l’unicité de chaque individu malgré le conditionnement et l’entraînement collectifs qu’ils ont reçus, sans oublier qu’il n’est pas si facile de se refaire lorsque l’on est un assassin de métier, tout spécialement pour les femmes comme Azumi. Il faut dire que celle-ci ne se donne pas beaucoup de chance et peu de temps pour rencontrer un homme qui s’intéresse à elle pour autre chose que la violer ou la tuer.

L’équipe semble se scinder en fait dans le seul but de mettre en valeur la supériorité du personnage principal et de marquer sa distinction. Or, il est difficile de voir en quoi Azumi peut être la plus rapide et la meilleure d’entre tous avec une vitesse d’exécution si lente. C’est une vérité qu’il faut accepter d’emblée. Les traits faciaux et le grain de peau de l’actrice trahissent son jeune âge. Difficile une fois de plus d’imaginer les jambes et les cuisses d’une combattante avec une peau aussi lisse que celle d’un mannequin. Cette discordance ne peut être attribuée qu’au maquillage qui aurait dû servir à atténuer cette évidence plutôt qu’à l’accentuer. Ainsi, l’innocence qui émane du jeu des acteurs en général correspond davantage à une certaine jeunesse d’aujourd’hui qu’à de jeunes apprentis samouraïs vivant en ces temps très exigeants.


Je comprends parfaitement que certains attributs soient plus efficaces que d’autres pour attirer les gens vers un produit (il question du film bien sûr) et, à cet égard, le Japon ne fait pas exception à cette règle. Mais je persiste malgré tout à croire qu’un habillement plus modeste pour le personnage d’Azumi améliorerait l’aspect réaliste du film. Mais bon, comme on dit si bien au Québec, « plus ça change, plus c’est pareil ».


L’avis de Dahlia : Nous avions tous bien hâte de voir ce film qui remplit la grande salle. Le « prologue » laisse une drôle d’impression, comme si l’on n’était pas dans un film... Impression qui s’estompe une fois les jeunes héros partis en mission. On oscille entre le mélodrame et l’humour, le tout ponctué bien sûr par des scènes de combat au sabre qui m’auraient sans doute davantage enchantée si ce n’avait été de l’effet d’accéléré appliqué quasi systématiquement et qui finit par m’agacer. Les amateurs du genre, toutefois, en auront pour leur argent !
On pourrait dire qu’il y a comme un creux quand Azumi se retrouve sur la route avec une jeune femme qu’elle a sauvée avec certains camarades. Une jeune femme qui veut la persuader d’abandonner ce métier d’assassin qui n’est pas fait pour les femmes ! Et moi de me dire qu’après avoir rencontré de gentils messieurs qui leur voudront du bien elles m’en donneront des nouvelles sur l’avantage de savoir manier le sabre !
Il reste que ce travail de tueur demande de sacrifier tout sentiment, ce qui est bien sûr impossible et qui va servir de ressort dramatique. Néanmoins, nous sommes plutôt là pour le divertissement qui culmine, si l’on veut, par ce mouvement de caméra rotatoire durant le duel final. C’est peut-être révolutionnaire, mais il faudra m’expliquer sa fonction dans l’histoire...
Bref, sur le coup, j’avais été davantage réjouie par Versus malgré ses longueurs, et prise par Aragami. J’ai bien senti ici les quelque 2 h 20 que dure le film. Azumi demeure toutefois distrayant, et c’est ce sentiment qui domine après coup.

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Quel ouragan est donc passé par là ?



Les festivaliers ont apprécié, puisque Azumi se voit décerner par le public le « Bronze » du Meilleur film asiatique.

La fin ouverte peut donner à penser qu’une suite est possible. Azumi étant l’adaption du manga de Yu Koyama qui compte à ce jour 32 volumes, il y a de la matière ! Eh bien, en effet, Azumi 2, réalisé cette fois par Shusuke Kaneko (Gamera 1, 2 et 3, GMK - All Out Monsters Attack) devrait sortir en salles au Japon durant le premier trimestre de 2005.


Note de Jesse : 6/10
Note de Dahlia : 6,5/10

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Réalisation : Ryuhei Kitamura
Pays : Japon
Année : 2003
Interprétation : Aya Ueto, Shun Oguri, Hiroki Narimiya, Joe Odagiri, Yoshio Harada, Masato Ibu, Aya Okamoto, Naoto Takenaka, Tak Sakaguchi, Hideo Sakaki
Scénario : Isao Kiriyama, Yu Koyama, Rikiya Mizushima, d’après le manga de Yu Koyama
Image : Takumi Furuya
Montage : Shuichi Kakesu
Direction des combats : Yuta Morokaji
Musique : Iwashiro Taroh
Production : Mataichiro Yamamoto
Durée : 143 min

Applaudimètre FanTasia : 9/10

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