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FanTasia Ubisoft 2004

Cutie Honey

Cutie Honey

Cutie Honey est adapté d’un manga des années 70 créé par Go Nagai, qui fut aussi l’objet d’une série télévisée très populaire à l’époque.

Honey Kisaragi (Eriko Satto !!!) y est une jeune fille aux proportions enviables, qui a la particularité d’être dotée de superpouvoirs : elle peut se transformer en qui elle veut et, lorsqu’elle appuie sur le petit cœur rose accroché au collier qu’elle porte à son cou tout en hurlant « HONEEY, FLAAASHH ! », elle se transforme instantanément en Cutie Honey, super héroïne rose bonbon qui pourfend les méchants. Elle est en réalité une androïde plus vraie que nature, conçue par son père, feu le professeur Kisaragi, cybernéticien de renom et inventeur du Système i, une technologie ultra puissante qui donne de superpouvoirs. Cela fait évidemment très envie au Panther Claw dont le chef immortel, Sister Jill, a pour ambition de dominer la planète, aidé par ses sbires Golden Claw (qui envoie des missiles), Cobalt Claw, Scarlet Claw et Black Claw (amateur de karaoké).

Dans les affrontements qui l’opposent aux méchants, Cutie Honey rencontre l’inspectrice Natsuko Aki et le journaliste Seiji Hayami. Ils vont se lier d’amitié et enquêter pour détruire les malfaisants.

Une héroine (ingé)nue...

Vous l’aurez compris, Cutie Honey est un vrai « manga live », avec son cortège de superpouvoir et de combats titanesques à la fois énormes et délirants, mais surtout un humour omniprésent.

Tout repose évidemment sur le personnage principal de Cutie Honey, héroïne ultra sexy à la naïveté confondante, sorte de femme enfant à la Marilyn Monroe, qui évolue dans un univers coloré et pourtant très actuel renvoyant directement à celui du manga. On réussit donc à recréer l’univers du manga d’origine tout en réalisant un film très actuel. Si l’histoire se passe de nos jours, la plupart des accessoires importants (la voiture rétro-futuriste orange fluo, les robes...) sont connotés très années 70. C’est surtout dans l’esprit que le film renvoie aux années 70, par sa naïveté, son côté pop exacerbé au possible, mais aussi son audace incroyable par moments, notamment dans les tenues.

Le scénario rappelle tout à fait le genre de séries façon Power Rangers ou Bioman, avec un méchant ultra puissant, des héros colorés qui sautent dans tous les sens et des combats qui détruisent des villes entières, sauf que là, il a l’intelligence de s’attarder sur des personnages savoureux qu’il n’hésite pas à développer et aussi de donner la part belle à la comédie. Le personnage de Cutie Honey est déjà en soi très délirant. Sa naïveté l’amène à faire toutes sortes de bêtises complètement inconscientes à mourir de rire, qui n’ont d’égal que les pouvoirs surréalistes qu’elle développe pour battre des méchants eux aussi complètement délirants (Black Claw, sorte de David Bowie à damier qui chante une chanson façon crooner avant de passer à l’attaque !). Mais le scénario s’autorise aussi une certaine noirceur surprenante. Il développe l’amitié grandissante entre les trois personnages principaux tous relativement bien caractérisés, pas seulement Cutie Honey, ce qui est appréciable. Il s’arrête même brièvement sur des facettes plus obscures de cette dernière, en montrant l’être humain sous le masque de super héro « bubble gum » et son désir de vengeance sous-jacent à ses actions, pour racheter la mort de son père tué par le Panther Claw. Tout cela distillé en quelques scènes donne une toute autre dimension au personnage de Cutie Honey, en le nuançant et en rappelant que, malgré ses superpouvoirs, elle est orpheline et n’a guère d’amis puisqu’elle est immortelle.

Dans le rôle de Cutie Honey, Eriko Satto fait merveille. Plus connue pour ses photos dans des magazines masculins, elle est, ne serait-ce que pour le physique, l’interprète parfaite de ce rôle de Magnifique Ingénue, où même ses talents approximatifs d’actrice et son surjeu chronique passent sans problème et collent bien à cet univers manga forcément excessif. Mikako Ichikawa dans le rôle de l’inspectrice est tout à fait brillante avec un personnage à la fois sérieux et sexy que la vie a rendu triste, mais qui retrouve sa joie de vivre au contact de l’optimisme inépuisable de Cutie Honey. Les personnages féminins sont les plus intéressants et les plus développés, d’ailleurs, c’est une des originalités de ce film : c’est un film de super héroïne, un film très féministe dans le fond puisque tous les personnages importants, y compris les plus grands méchants, sont des femmes !

Techniquement, le film est brillamment conçu. Le réalisateur (qui est aussi derrière le manga culte Neon Genesis Evangelion) donne la part belle à tout l’univers de Cutie Honey. En effet, si les scènes d’action, qui étaient un passage obligé, sont réussies et spectaculaires, elles ne constituent qu’une partie du film par rapport à tout l’univers qu’il y a derrière. Le réalisateur place tout de même la barre assez haut pour de futures adaptations « live » de manga en effectuant une synthèse réussie des technologies actuelles, à la fois la 3D, l’animation en 2D et le mélange avec les prises de vues réelles qui ont ici la place de choix. Cela donne un résultat ressemblant tout à fait à un manga filmé et vraisemblablement fidèle au support d’origine sans jamais tomber dans le ridicule - ce qui est une performance tant l’exercice était risqué avec cet univers rose bonbon.

La musique est bien venue. La chanson titre interprétée par la popstar japonaise Koda Kumi (qui fait aussi une apparition excentrique dans le film) revient dans toutes les scènes de transformation de Cutie Honey et vous reste immanquablement dans la tête à la fin. Le film a aussi la bonne idée de reprendre le générique de la série, qui arrive après un premier quart d’heure présentant les personnages. On notera que le côté érotico-soft du manga de départ est clairement atténué. Si les tenues son ici ultra moulantes, les jupes très courtes et les décolleté plongeants, tout reste très correct alors que ce générique d’époque en montre beaucoup plus.

Cutie Honey est donc un manga « live » réussi. Totalement délirant et développant avec une intelligence inattendue des personnages qui, du coup, ne sont pas clichés mais attendrissants, c’est un des rares films de super héros féministes. À la fois nostalgique dans son esprit années 70 et très actuel, c’est un formidable hommage à la culture pop japonaise, une bonne comédie et, donc, un divertissement de premier choix dont on aurait tort de se priver.

La note de Suraj : 7,5/10

L’avis de Dahlia : Un festival offre l’avantage de la découverte. On se sent enclin à partir à l’aventure. Je suis donc allée à la rencontre de Cutie Honey que présentait le festival FanTasia Ubisoft, sans rien connaître du « passé » de cette héroïne.

Et cela s’annonce plutôt réjouissant. Le début nous dévoile Cutie Honey dans tous ses charmes et ses capacités, et laisse présager une histoire légère et délirante à souhait. Or, ce ne sera pas tout à fait le cas, puisque l’on s’embarquera dans les angoisses existentielles de l’héroïne et de l’inspectrice dont elle fait la connaissance et qui apparaît un brin cliché par son côté pincé coincé ne demandant qu’à se dégager. Eh bien, pour une fois, cet « approfondissement psychologique » m’a dérangée ! Comme si cela ne cadrait pas avec le ton donné au départ et venait alourdir une histoire que ne demandait pas cela. J’ai donc ressenti une sorte de « creux » dans la partie centrale, néanmoins ponctué de moments comiques, en particulier « Cutie Honey au bureau ».

Évidemment, la fin apporte son lot d’affrontements, Cutie Honey se mesurant aux sbires du méchant qui, soit dit en passant, n’en est pas vraiment un. L’entité androgyne Sister Jill a peu à peu perdu contact avec le monde et ne voit plus en ce dernier qu’un moyen d’approvisionnement pour survivre. Rien de très hargneux, mais qui reste dangereux... Cutie Honey doit donc combattre, et son face-à-face avec Black Claw, blanc et noir, ying et yang, n’est pas sans me rappeler celui de Bijumari et d’Azumi, que l’on a pu voir plus tôt dans le festival. Décidément...

Au final, étais-je mal lunée ce jour-là ? Cutie Honey ne s’est pas révélé le grand divertissement qu’il aurait pu être, même s’il demeure agréable. Le public a apprécié en tout cas, puisqu’il décerne au film le Bronze du Meilleur film Fantasia Ubisoft.

À noter la préparation de deux autres Cutie Honey, des animations cette fois, puisque cela s’avère moins compliqué à réaliser qu’un film avec de vrais acteurs. Nous tenons cela de la bouche des producteurs qui sont venus nous présenter le film et nous transmettent les remerciements du réalisateur, qui travaille déjà à son prochain projet. Je croyais que l’actrice devait être là, mais non... (Heureusement, je crois que certains spectateurs auraient eu sinon du mal à se contenir !)

La note de Dahlia : 6/10


P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Réalisateur : Hideaki Anno
Pays : Japon
Année : 2004
Interprètes : Eriko sato (Cutie Honey), Mikako Ichikawa (Inspecteur Natsuko), Jun Murakami (le journaliste Seiji Hayami), Eisuke Sakai (Sister Jill), Matsuhiro Oikawa (Black Claw), Sie Kohinata (Cobalt Claw), Hairi Katagiri (Golden Claw), Mayumi Shintari (Scarlet Claw)
Scénaristes : Kazumi Nakajima, Gô Nagai
Directeur de l’animation : Hideaki Anno
Compositeur : Koda Kumi
Producteur : Amagi Morio, Kawabata Motoo
Durée : 94 min
Support : ciné et DVD, en japonais avec sous-titres anglais, NTSC zone 2

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