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FanTasia Ubisoft 2004

The Legend of the Evil Lake

The Legend of the Evil Lake

Il y a plusieurs milliers d’années, une secte maléfique semait la terreur dans la province de Shilla en Corée. Le Roi Park Hyokkose, grâce à une épée magique, parvint à la vaincre et enferma l’esprit du démon vaincu dans les profondeurs d’un lac, scellant le sort qu’il lui avait jeté en plantant son épée dans le sol. Quiconque la retirerait libérerait l’Esprit malfaisant.

Plusieurs centaines d’années plus tard, sa descendante, la reine Ji-Seong, peine à maintenir l’ordre dans un royaume affaibli par les rébellions et rongé de l’intérieur par les conspirations. Il ne tient plus debout que grâce au Général Biharang, militaire émérite, serviteur fidèle... et secrètement aimé de la Reine. Pour le plus grand malheur de celle-ci, le général est déjà épris d’une jeune paysanne, Ja Woon-Bin, et la Reine tourmentée par cette situation a tendance à délaisser la direction du royaume, ce qui fournit aux multiples conspirateurs une opportunité de la renverser par la force.

Alors que des soldats corrompus tentent d’assassiner Ja Woon-Bin, celle-ci trouve l’épée enfouie dans le sol et la dégaine pour se défendre avant de basculer dans le Lac... L’Esprit maléfique, libéré, va la posséder pour accomplir sa vengeance et anéantir le Royaume de Shilla.

The Legend of the Evil Lake mélange deux genres, le film historique épique avec ses costumes, batailles sanglantes, intrigues de palais, et le film de fantômes asiatique avec ses jolies possédées volant dans les airs costume au vent, anéantissant tout ce qui bouge d’un mouvement de main.

Filmé en Chine populaire dans de superbes paysages sauvages, le film donne la part belle aux décors somptueux et aux grandes scènes de combat à plusieurs centaines de figurants. Les scènes sont spectaculaires, sanglantes (une main par ci, un bras par là...), bien filmées et chorégraphiées avec efficacité. Les scènes de palais, majestueuses, recréent bien un certain univers moyenâgeux. Le film est servi par une belle photographie, qui rend justice tant aux décors naturels qu’aux scènes de palais et apparaît particulièrement belle dans les scènes nocturnes de fantôme où un beau travail est réalisé sur les lumières. C’est un film à grand spectacle.

Comme ce dernier oscille entre deux univers, le visuel fait de même et ressemble tantôt à Musa pour la partie épique, tantôt à Histoire de fantômes chinois pour la partie fantastique, le tout chapeauté par un mélodrame. Le mélange est plutôt agréable, même s’il n’y a rien de bien inventif de ce côté-là. C’est du travail de qualité, efficace. Les scènes de combat ont bénéficié d’un grand soin et sont une réussite - notamment la scène d’ouverture où l’armée royale attaque la secte avec ses milliers de flèches enflammées qui arrivent sur la caméra. Les passages avec le fantôme sont bien filmés et donnent bien l’idée de menace, de mystère, et même une certaine tension. Comme il fallait s’y attendre, le Fantôme en lui-même ressemble beaucoup à celui de Histoire de fantômes chinois, mais le tout s’exécute correctement. Les effets spéciaux sont spectaculaires et vraiment soignés (d’un geste de la main, elle met l’armée royale à terre), et il y a quelques bonnes idées comme cette lune sanglante.

C’est assez représentatif du film dans son ensemble, qui essaie d’allier les deux univers et y parvient inégalement. Si les scènes de combat, les passages fantastiques, les scènes de palais sont réussies, c’est l’organisation de l’ensemble qui pêche parfois un peu. À vouloir unir les deux, le film frise de temps en temps la schizophrénie, et le dosage n’est pas toujours heureux, mais quelque part, cela renvoie aussi au Général écartelé entre ces deux femmes qui l’aiment et peinant à gérer cette situation. Le film semble avoir voulu utiliser la fibre du mélodrame pour lier les deux univers, et connaissant le talent des Coréens en la matière (voir Il Mare et My Sassy Girl), on aurait pu s’attendre à mieux. On s’attarde parfois trop sur le drame sentimental dans lequel patauge la Reine, tout en laissant de côté la menace maléfique. Ou alors c’est l’inverse, il s’attarde trop sur le dilemme de la Reine et n’arrive pas à bien retranscrire le lien particulier unissant Biharang et Ja Woon-Bin, si bien que, lorsque celle-ci est possédée et se retourne contre lui, on est horrifié, mais pas forcément plus touché que cela. En quelque sorte, les trois côtés de cette relation amoureuse triangulaire apparaissent inégaux, mais le tout se rattrape bien dans une dernière partie, avec notamment un final de toute beauté.

Ce qui rattrape aussi en partie les faiblesses du scénario ce sont les bonnes interprétations de la part de l’ensemble des acteurs ainsi que la musique. Jeong Joon-Ho dans le rôle du Général Biharang est charismatique et parvient à bien rendre le tragique de son personnage prêt à tout pour sauver celle qu’il aime, même si celle-ci n’est plus qu’une enveloppe contenant un démon. Kim Hyo-Jin, dans le rôle de Ja Woon-Bin, apparaît plutôt bonne également. C’est peut-être elle qui a le rôle le plus intéressant : d’abord jeune paysanne toute innocente et dévouée, puis possédée essayant en vain de lutter contre le démon qui la possède. La Reine, interprétée par Kim Hae-Ri, se révèle aussi très juste, même si le fait que le film s’attarde longtemps sur elle la rend plus mélodramatique et un peu pathétique. La musique se montre très efficace, on notera un superbe thème orchestral à base de cordes et de flûtes qui, utilisé adroitement aux moments clés comme dans le final, nous tirerait presque une petite larme.

Après Save the green Planet, Memories of Murder, ce film confirme la prédilection de la Corée pour les mélanges de genres et les approches innovantes.

Étant donné les moyens manifestement énormes dont il a bénéficié, on aurait pu s’attendre à mieux. Cela me semble être un bon exemple de film dépassé par ses ambitions : il recycle beaucoup de choses déjà vues, et se veut peut-être trop respectueux de ses modèles pour vraiment apporter quelque chose de nouveau, si bien qu’au final il oscille entre film épique et fantastique sans toujours trouver le dosage adéquat.

Mais s’il n’est donc pas tout à fait une réussite en la matière, The Legend of the Evil Lake réserve tout de même du grand spectacle à profusion et n’en demeure pas moins assez bien exécuté pour se regarder avec beaucoup de plaisir... Et si tant est que, comme moi, vous appréciez à la fois les films historiques et les films de fantômes, c’est même le film idéal.

La note de Suraj : 7/10

L’avis de Dahlia : J’hésitais à voir ce film présenté au festival FanTasia Ubisoft 2004, bien que je fusse attirée par la coproduction Corée-Hongkong. Notre collègue Jesse m’ayant assuré que cela se regardait sans toutefois transcender quoi que ce soit, j’y ai donc jeté un œil.
Le début promettrait une histoire fantastique truffée d’action, puisque après l’introduction aux accents magiques, une bataille qui ne nous épargne pas ses cruautés s’engage. Après coup, cependant, l’aspect politique du récit - le royaume de Shilla est en proie à la rébellion - laisse place à l’aspect amoureux, ce que les Coréens semblent particulièrement affectionner. L’amour joue néanmoins ici un rôle déterminant dans l’histoire.
La reine aime le général Biharang qu’elle aurait épousé si la politique le lui avait permis. Entre-temps, Biharang s’est enamouré d’une paysanne, orpheline recueillie par le gardien de l’épée qui scelle dans le lac le sort du chef maléfique, défait il y a mille ans par le roi ayant assis la dynastie Shilla. Or, les ministres du royaume voient d’un mauvais œil cette confiance aveugle que la reine porte à Biharang et d’un encore plus mauvais œil cet amour que le premier général du pays voue à une simple campagnarde orpheline. Tout se précipite lorsque la jeune Jaunbie, en voulant échapper aux sbires chargés de l’éliminer, sortira de terre la fameuse épée... Il s’ensuit une course contre la montre pour empêcher le démon de s’incarner pleinement et d’exercer sa vengeance.

Les moments de possession de la jeune Jaunbie par le démon du lac nous renvoie à un certain cinéma de Hongkong, plus « aérien », celui où les esprits déployaient leurs longs vêtements dans le ciel, ce qui devrait plaire aux nostalgiques du genre. Les plus sentimentaux d’entre nous y trouveront peut-être aussi leur compte - la fin leur offre en tout cas une scène subaquatique des plus romantiques...
Il faut donc que l’histoire d’amour fonctionne un tant soit peu pour qu’on puisse adhérer au récit. Et disons que c’est le cas ici. On nous livre suffisamment de détails sur la relation entre Biharang et Jaunbie pour qu’on accepte leur amour sans que nous soyons toutefois renversés ni particulièrement émus par ce dernier. C’est la reine qui pâtit dans tout ça, puisque nous n’avons jamais droit à un monarque régnant, mais à une femme qui se désespère de retrouver un amour perdu et qui en devient lassante. Les acteurs se révèlent bien choisis. Jeong Joon-Ho possède suffisamment de prestance et de charme pour que l’on croit en son personnage de général. Et je voudrais souligner ici l’adjudant Talwi, interprété par Lee Han-Gal, un homme comme on en connaît certes dans le cinéma asiatique et qui se distingue ici par sa loyauté farouche envers Biharang. Il n’y a rien qui puisse arrêter Talwi dans l’aide qu’il apporte à son général. Il en vient presque à prendre toute la place !
Sans renouveler le genre et sans se révéler particulièrement excitant, The Legend of the Evil Lake se déroule cependant sans véritables temps morts et se regarde donc sans ennui.

La note de Dahlia : 6,5/10


P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Réalisateur : Lee Kwang-Hoon
Pays : Corée du Sud
Année : 2003
Interprètes : Jeong Joon-Ho (General Biharang), Kim Hyo-Jin (Ja Woon-Bin), Kim Hae-Ri (la Reine Ji-Seong), Choi Won-Seok, Lee Han-Gal
Scénariste : Hong Ju-Ri
Directeur de la photographie : Yue-Lu
Chorégraphe martial : Yuen Tak
Compositeur : Dong-Jun Lee
Producteur : Thomas Leong
Durée : 92 min

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