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Fantastic’Arts 2004

Acacia

Acacia

Digne d’un Brian De Palma, efficace et sans effets faciles, Acacia atteint son double but, nous effrayer et nous émouvoir, même si certains lui reprocheront ses temps morts et son ambiance désespérée.

Ce film nous parle d’un couple heureux qui ne peut avoir d’enfant, mais décide d’en adopter un, surtout à cause de l’insistance de l’homme, Do-il, qui exerce de plus le métier d’obstétricien.

La femme, Mi-Sook, qui travaille dans l’artisanat textile, choisit l’enfant en fonction de ses dons artistiques. En effet, le jeune Jin-Sung dessine de très beaux arbres grâce à la relation fusionnelle qu’il a avec ces végétaux, persuadé que sa mère biologique s’est réincarnée en l’un d’eux.


un dessin de la famille

Malheureusement, Mi-Sook va bientôt tomber enceinte, et Jin-Sung se sentira vite négligé dans sa famille d’adoption, reportant tout son besoin d’affection sur le vieil acacia décrépi du jardin de ses nouveaux parents. À la suite d’une dispute, l’enfant disparaîtra mystérieusement, et la terreur va doucement s’immiscer
au sein du couple en crise et de leurs proches...

C’est bien de crise de la famille coréenne dont Acacia veut nous parler
en empruntant la forme du thriller fantastique pour pousser ces questionnements
dans leurs dernières extrémités : la place de la femme dans la misogynie sous-jacente, l’aliénation sociale de l’individu, l’individualisme exacerbé de notre époque nous amenant à concevoir les autres comme des objets... Des questions universelles, donc, pour des pistes de réflexion et non des réponses
toutes faites.

La mise en scène est académique, mais très efficace, et ne cherche pas à faire peur en nous faisant sursauter par des sons stridents, mais plutôt en prenant le temps de bien présenter la psychologie des personnages pour mieux distiller la tension du scénario.


overdose de tricot

Évidemment, cela donne un résultat assez lent, ce qui, ajouté à la tristesse des protagonistes, n’est pas des plus cinégéniques. Mais le savoir-faire du réalisateur devient évident lors des révélations finales (qui se poursuivent jusque dans le générique) où les jeux de regards, de miroirs et de mémoires rappellent les constructions d’orfèvre des films du De Palma de la grande époque.

La direction de la photo joue à fond la carte des contrastes violents de couleurs vives (comme la laine rouge qui finit par recouvrir tout l’appartement), rehaussées de plus par une technique digitale de ré-étalonnement, qui n’avait été utilisée en Corée, jusqu’à présent,
que dans quelques passages de Volcano High.


symbiose

Les décors se résument à l’appartement, son jardin et les rues avoisinantes. Des effets spéciaux très coûteux ont pourtant été utilisés pour donner vie à l’étrange acacia en question : ses 8 m de haut pour 40 cm de diamètre sont soutenus par une armature métallique sur laquelle sont fixés des moulages faits sur de vrais arbres ; 10 000 feuilles et 3 000 fleurs y ont été collées, une à une, pour lui redonner vie progressivement au cours du métrage. Ce travail laborieux aurait coûté 26 millions de wons coréens. Cela a permis de contrôler son état en fonction de l’histoire et de s’assurer de sa solidité lors des nombreuses scènes où l’enfant y est grimpé. Tout cela a contribué à en faire un véritable acteur horrifique, à part entière.


un couple en crise

La musique n’a pas bénéficié du même soin, malheureusement. On a droit à des réorchestrations de morceaux de classique ou à un vague accompagnement sonore tenant plus du bruitage que de la bande originale. Cette musique très en dessous de la qualité photo et de l’intensité dramatique a tendance à gâcher certaines scènes en les ridiculisant ou, au mieux, en en atténuant l’impact.

L’interprétation des acteurs est, par contre, absolument remarquable de finesse, de crédibilité et de force émotionnelle. Même le petit Moon Woo-Bin, dont Jin-Sung est le premier rôle, s’en sort très
bien.


réincarnation végétale

Après avoir ravivé le cinéma fantastique coréen avec son premier film Whispering Corridors,
Park Ki-Hyung co-écrit ce scénario et ne réalise qu’une demi réussite qui tient presque plus du film d’auteur que du film de genre. À force de vouloir être réaliste dans sa description de l’environnement et précis dans celle des protagonistes, il diminue en effet l’aspect « épouvante » au profit de la simple tragédie...

Acacia est un bon film, mais pas un chef-d’œuvre, car il ne tient pas
assez en haleine, dommage...



Avis de Wolverine : Drôle de film qui s’apparente une fois de plus aux lignées
de
fantômes
japonais.
Il aurait largement mérité le Grand prix du festival, mais le jury en a décidé autrement...

Personnellement, c’est mon coup de cœur. Le petit garçon joue si naturellement qu’on le croirait réellement dans l’histoire. Une rencontre entre l’homme et la nature qui basculera dans la folie. La prise de vue de l’acacia, que ce soit du haut comme du bas, lui donne un aspect spectral inquiétant. La scène finale nous montre l’arbre en fleurs, image subliminale qui donne de la gaieté et une sorte d’hymne à la vie, contrairement à ce qu’il en est en réalité.

Un film très fort où la tension monte crescendo pour un final époustouflant, qui laisse le spectateur pantois et stupéfait.


Avis de Umungus : Au-delà du côté fantastique assez convenu,
mais cependant efficace, Acacia brille par son histoire poignante. Les
acteurs sont très convaincants et décrivent à merveille les sentiments et les
réactions que l’on peut avoir face à l’adoption d’un enfant : le petit garçon
qui accepte mal ses nouveaux parents, la mère qui a du mal à trouver sa place
de mère adoptive, le père très occupé par son travail, qui est quant à lui simplement
heureux d’avoir constitué une « vraie » famille, la belle-mère qui voit cet enfant
comme un étranger et le grand-père qui devient vite complice du petit garçon.

Cet équilibre précaire sera vite remis en cause lorsque la mère tombera enceinte à la surprise générale. Là encore, les réactions de chacun seront analysées avec justesse. La tension monte progressivement pour déboucher sur un drame dont la clé sera livrée au spectateur dans le générique
de fin.

Acacia est bien plus un drame social qu’un film fantastique, c’est pourquoi il faut s’armer d’un peu de patience pour s’immerger dans l’histoire, car la narration est plutôt
lente.

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Réal. : Park Ki-hyung
Pays : Corée du Sud
Année : 2003
Scénario : Sung Ki-yung, Park Ki-hyung
Interprètes : Shim Hye-Jin (Mi-sook), Kim Jine-Geun (Do-il), Moon Woo-Bin (Jin-sung)
Prod. : Kim Dong-Joo, Yu Young-shik
Durée  : 1 h 44

Note Medecine Man : 7/10
Note Wolverine :9/10
Note Umungus :8 /10

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