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Fantastic’Arts 2004

Black Mask 2 : La cité des masques

Black Mask 2 : La cité des masques

Tsui Hark, un ex-génie bon à interner, s’est lâché dans ce métrage sous acide, qui part en vrille dès la première bobine. Les attaches de sa camisole de force ont dû péter, et notre Hongkongais préféré se permet donc les pires excentricités non sensiques dans cette séquelle sans Jet Li (le Black Mask original).



On y croise pêle-mêle des catcheurs, des éléphants, Tracy Lord, des mutations génétiques à base de « californium », et des cascades que n’aurait pas reniées Franck Drebin des « Y a-t-il un flic... ? Trop, c’est trop ! On est vite largués, nul ne peut suivre ce ramassis abracadabrantesque d’idées saugrenues pourtant mises en image avec savoir-faire, mais sans la virtuosité à laquelle Tsui nous a habitués...


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le QG de la société de l’ombre...



Du statut de dieu vivant des cinéastes, Tsui retombe d’un seul coup à celui de doux-dingue, seul persuadé de son propre génie. Dur, dur d’être un visionnaire !



« L’histoire » (et là, même les guillemets se sentent insultés) est celle du Black Mask, un mutant-super-héros-justicier-masqué (en gros, le Frelon vert), qui est poursuivi par son créateur et ancien employeur, une organisation d’espionnage secrète (à moins qu’il ne s’agisse de terroristes, ou de simples tueurs à gage... C’est pas clair, de toute façon), qui ressemble à s’y méprendre au Spectre des James Bond.



Pendant ce temps, le manager d’une équipe américaine de catch a des projets de domination mondiale digne d’un super vilain de « comic books » : à l’aide d’un sérum provoquant des mutations génétiques, il transforme ses catcheurs en de dangereux hommes-animaux aux pouvoirs terrifiants (ou hilarants, c’est au choix).


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une plongée au milieu des neurones enflammées de Tsui Hark !



Évidemment, la première trame (issue du film original) va rencontrer la seconde intrigue pour ne plus faire qu’une (c’est beau, ça s’appelle un « scénario »)...



La réalisation bâclée témoigne d’un tournage chaotique où Tsui Hark faisait réécrire au jour le jour le scénario de Jeff Black et Charles Cain par les Français Carbon et Courtiaud (des anciens critiques de films du journal HK de Christophe Gans et David Martinez), au gré de ses délires les plus divers : un soir, il voit du catch à la télé et veut tout de suite qu’on insère ça dans le film ; une autre fois, c’est un film de monstres japonais, etc.


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les jeux olympiques du délire



La photographie est dans le même registre, exécutée par de talentueux techniciens, mais sans aucune cohérence formelle entre les scènes. On n’en retiendra qu’un bouillon indigeste d’idées et d’atmosphères accrochées les unes aux autres par la force de volonté d’un réalisateur-producteur en roue libre.



Les décors sont très variés, du stade olympique décoré de statues géantes de catcheurs au labo de biogénétique, en passant par la base secrète en pleine mer truffée de gadgets de SF délirants. Hong-kong devient une métropole de bande dessinée, à la façon de Gotham City, grâce à des effets spéciaux numériques totalement foireux.



D’ailleurs, au rayon effets spéciaux, on a préféré faire étalage de quantité plutôt que de qualité, mais le côté bricolo peut assurer aussi au métrage un second degré sympatoche, contrairement aux chorégraphies martiales ratées, boursouflées d’effets numériques masquant mal le manque d’idées pour renouveler le genre.


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Spider-Man



De même, la musique technoïde tient plutôt du bruitage inaudible hors du film (comme pour Knock Off dont c’était le point faible).



Les costumes sont hallucinants eux aussi, faisant quand même le gros du spectacle, où un humour qu’on suppose plus ou moins involontaire transforme chaque personnage en une caricature exubérante : les catcheurs se baladent en tenues de scène bariolées même avec leurs tronches pas possibles d’affreux mutants, Tracy Lord promène son aura sulfureuse dans des tenues aguichantes de maîtresse sado-maso, et le vilain manager est Don King en personne.



Le casting international, composé principalement d’Occidentaux, est certes une curiosité. Dommage quand même de ne pas avoir trouvé un remplaçant à la hauteur (au moins de la cheville) de Jet Li, l’inexpressif Andy On faisant vraiment pâle figure. Quitte à déconner à fond, Tsui Hark aurait dû prendre Anthony Wong pour le rôle, au moins on aurait rigolé (pourtant je lui ai dit en personne quand il est venu à Paris faire la promo du génialissime Time & tide, mais apparemment il ne m’a pas écouté !!!).


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les super catcheurs : Claw, Iguana, Caméléon, Wolf & Snake



Tsui Hark est toujours un dieu... mais il est (irrémédiablement ?) fou.



Il aura réussi avec La cité des masques à mélanger les films de catcheurs mexicains à la Santo avec les keîja eïgu à la Godzilla, à offrir un très beau rôle de femme-caméléon à une ex-égérie du porno cherchant désespérément à devenir actrice (et ça, c’est la belle métaphore du film) et à faire écraser des keufs par des éléphants !



Black Mask 2 est le film qu’on aurait aimé pouvoir aimer à Gérardmer cette année... Tsui Hark, soigne-toi vite...

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :

Réal. : Tsui Hark

Pays : Hongkong

Année : 2001

Interprètes : Andy On, John Polito, Tracy Lord, Scott Adkins, Tyler Mane, Rob Van Dam

Scénaristes : Jeff Black, Charles Cain, histoire de Julien Carbon, Laurent Courtiaud, Tsui Hark

Directeurs de la photographie : Wong Wing-Hung, William Yim

Monteurs : Angie Lam, Mak Chi-Sin

Compositeur : J.M. Logan

Chorégraphe martial : Yuen Woo-Ping

Producteurs : Charles Heung, Tsui Hark

Durée : 102 min

Support : DVD Gaumont - Columbia TriStar, en anglais, français, allemand et italien Dolby Digital 5.1, format image 2.4, sous-titres allemands, anglais, arabes, français, italiens, turcs, NSTC zone 2, suppléments bandes-annonces

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